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12 mai 2022 - 16:05 | Mis à jour : 13 mai 2022 - 10:17

Plus de 10,7 M$ d’investissements pour le port de Gros-Cacouna

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Québec a confirmé le 12 mai des investissements de 10,7 M$ afin de consolider la vocation commerciale et industrielle du port de Gros-Cacouna. Ce montant sera utilisé pour aménager un espace d’entreposage du vrac, à réaliser des travaux de dragage et à mettre à niveau les infrastructures.

La mairesse de Cacouna, Suzanne Rhéaume, a souligné l’influence positive et majeure de cet investissement pour le port de Gros-Cacouna et la communauté. «C’est une belle et mémorable journée pour notre municipalité et ce sera un levier économique important pour Cacouna et les régions avoisinantes», a-t-elle commenté.

La ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau indique que cette annonce cadre avec la vision globale de mise en valeur du fleuve Saint-Laurent et de la stratégie maritime gouvernementale, nommée Avantage Saint-Laurent. «L’évolution de ces ports doit se faire en synergie et en complémentarité […] On confirme le rôle commercial et industriel du port. En voisinage, il y aura des activités récréotouristiques», explique Mme Rouleau. Cette dernière a ajouté que des usages touristiques seront toujours possibles au port de Gros-Cacouna. Elle précise qu’une harmonisation est aussi prévue avec les projets récréotouristiques et d’aquaculture qui seront développés par la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk.

«Les installations portuaires offrent d’excellentes opportunités de développement. Toutefois, lorsqu’on a fait le plan stratégique, on était conscients que le port se situe dans une zone sensible pour la reproduction du béluga. On en a tenu compte tout au long de nos délibérations pour le plan stratégique», ajoute la présidente directrice générale de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, Anne Dupéré. L’organisation doit aussi composer avec un avis de précaution émis par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs concernant l’activité industrielle au port. Des démarches sont effectuées dans le but d’obtenir un permis décennal de dragage afin de maintenir la profondeur d’eau à 10 mètres dans le bassin et à quai. Une étude d’impacts est d’ailleurs en cours.

RETOMBÉES LOCALES

Mme Dupéré a rappelé les trois grandes forces du port de Gros-Cacouna, soit sa facilité d’accès par la bretelle de l’autoroute 20 et sa proximité avec l’autoroute 85 qui mène vers le Nouveau-Brunswick, ses deux postes à quai et la grande superficie d’entreposage disponible, qui est d’environ 100 000 mètres carrés à l’extérieur et de plus de 2 400 mètres carrés dans les entrepôts.

Déjà deux sites destinés à des entreprises de la région, Groupe Lebel et Soucy Industriel sont en préparation. En avril dernier, le Groupe Lebel a confirmé des investissements de 40 M$ qui lui permettront entre autres d’agrandir son usine de Cacouna et d’aménager un espace d’entreposage de granules de bois au quai de Gros-Cacouna.

L’aménagement d’un duc-D’Albe sur le quai permettra à Soucy Industriel d’attacher des bateaux afin de réaliser des travaux de réparation et d’entretien lors de la basse saison. Les navires en transit devront aussi pouvoir accoster. Une étude de marché sera réalisée à ce sujet. Mme Dupéré a rappelé l’importance d’impliquer les communautés locales dans la vision de développement des ports. Du démarchage sera effectué afin d’attirer d’autres entreprises au port de Gros-Cacouna.

TRAVERSE ENTRE LE BAS-SAINT-LAURENT ET CHARLEVOIX

Anne Dupéré confirme également que des discussions entre la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie (SPBSLG) et la Société des traversiers du Québec sont en cours concernant l’étude d’opportunité du lien maritime entre le Bas-Saint-Laurent et Charlevoix.

Cependant, selon la Planification stratégique 2021-2026 de la SPBSLG, le projet de traversier de la Société des traversiers du Québec au port de Gros-Cacouna «laisse entrevoir des conflits d’usages qui pourraient nuire au développement du port» en raison de l’achalandage quotidien du traversier. «Si le projet va de l’avant, la hausse du trafic maritime qu’il génèrerait ne devra, en aucun temps, désavantager le développement commercial du port de Gros-Cacouna en lui imposant des limites de son trafic», peut-on également lire dans ce même document distribué lors de la conférence de presse. Mme Dupéré souligne que si le projet de traverse devait se concrétiser à Cacouna, il faudra que le tout se déroule dans l’harmonie. «Notre rôle est de réfléchir à la stratégie pour le développement du port et sa mise à niveau. On a fait part de nos enjeux concernant cette décision de la Société des traversiers du Québec», indique-t-elle.

La mairesse de Cacouna, Suzanne Rhéaume, dit faire confiance au processus mis en place par la Société des traversiers du Québec afin de déterminer si le bateau NM Saaremaa I accostera à Rivière-du-Loup ou dans sa municipalité. «Ils savent très bien qu’on veut avoir la traverse à Cacouna et surtout, on a les installations pour avoir la traverse», a-t-elle rappelé.

Les investissements annoncés par le gouvernement du Québec s’inscrivent dans le Plan stratégique 2021-2026 de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, mandatée pour gérer, exploiter et développer les ports de l’est du Québec, dont celui de Gros-Cacouna.

En mars 2020, le gouvernement du Canada a cédé la propriété des ports de Matane, Rimouski, Gros-Cacouna et Gaspé au gouvernement du Québec. Annuellement, environ 100 000 tonnes métriques de marchandises passent par le port de Gros-Cacouna, principalement entre les mois d’avril et novembre.

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