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7 février 2022 - 09:46 | Mis à jour : 14:28

Le ministère de la Famille octroie 92 nouvelles places en services de garde au KRTB

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le ministère de la Famille a autorisé l’octroi de 92 nouvelles places subventionnées dans la région de Kamouraska, Rivière-du-Loup, Témiscouata et Les Basques (KRTB), trois mois après le lancement de son appel de projets en continu. La liste des projets recommandés par le ministère comprend la construction de deux nouvelles installations de 21 places à Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup et à Cacouna, gérées par le CPE des Cantons.

«Nous sommes très soulagés et heureux pour la population de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup. La Municipalité va travailler de pair avec le CPE des Cantons afin d’ouvrir une installation temporaire pour permettre aux parents d’avoir accès à une place rapidement», explique la mairesse de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup, Josée Ouellet. La Municipalité a offert un terrain au CPE sur la rue Arthur-Morin et y amènera les réseaux d’aqueduc et des égouts. Elle défraiera aussi les couts des services professionnels liés au terrain. «Nous avons un bon comité de citoyens qui s’est mobilisé, c’est une très bonne nouvelle et ça va nous donner un peu de souffle pour les prochaines années», conclut Mme Ouellet.  

À Cacouna, la nouvelle est reçue comme un cadeau par la mairesse, Suzanne Rhéaume. Le terrain ciblé est une extension du bureau municipal, sur la rue Saint-Georges, à proximité du parc-école, du centre des loisirs, au cœur de la Municipalité. «Nous tombons tout de suite en mode action. La demande est criante dans notre municipalité et c’était l’une de nos priorités comme conseil municipal. Quand nous avions fait la demande, nous étions assez confiants, mais il ne fallait pas mettre la charrue devant les boeufs», ajoute Mme Rhéaume. Cette dernière a d’ailleurs salué le travail de la porte-parole du mouvement Ma place au travail, Myriam Lapointe-Gagnon, résidente de la municipalité, qui a été la voix de beaucoup de parents au cours des derniers mois.

«Pour la région, c'est sûr que c'est une bonne nouvelle. Après le lancement de notre mouvement, la Municipalité de Cacouna a fait une demande pour obtenir un CPE. On sent que cette mobilisation a créé des retombées positives sur le terrain chez nous», réagit Mme Lapointe-Gagnon. Elle se demande toutefois si les 92 places octroyées par le ministère de la Famille seront suffisantes pour répondre à la demande, alors qu'environ 500 enfants se trouvent sur la liste d'attente de la Place 0-5 ans dans la MRC de Rivière-du-Loup.

Entre la confirmation de la création de nouvelles places par le ministère de la Famille et l'ouverture d'un CPE, le délai maximal est fixé à 24 mois par le gouvernement du Québec. Myriam Lapointe-Gagnon veut réduire les attentes des parents, puisqu'ils devront attendre encore plusieurs semaines, voire mois, avant que les nouveaux services de garde ne soient construits. «Nous n'avons aucune idée du rang de notre enfant sur la liste d'attente, il n'y a pas plus de prévisibilité pour ce qui concerne le retour au travail. Les employeurs sont très inquiets, cela cause des enjeux d'attractivité de main-d'oeuvre», ajoute-t-elle. Depuis 10 mois, le mouvement Ma place au travail milite pour la création d'une aide financière pour les parents qui ne peuvent occuper leur emploi parce qu'ils sont en attente d'une place en service de garde. 

Rappelons qu'en aout dernier, le ministère de la Famille avait accepté la totalité des projets déposés dans la MRC de Rivière-du-Loup. Les deux principaux étaient un agrandissement de 38 places à l'installation La Relève des Mousses du CPE des Jardins Jolis, sur les terrains de Premier Tech à Rivière-du-Loup, et l'aménagement d'une installation de 42 places gérée par le CPE des Cantons dans la Maison des ainés de Rivière-du-Loup. Ils sont toujours en cours de réalisation. 

AGRANDISSEMENTS DANS LA RÉGION

Le CPE des Cantons pourra également agrandir son installation de L’Isle-Verte de 13 nouvelles places. «Le recrutement, c'est un enjeu. On prendra le temps de voir la situation. Cela s'est bien passé dans le cas du CPE de Saint-Arsène. C'est sûr qu'on le sent au niveau des remplacements, c'est plus difficile de trouver des employés», explique la directrice générale du CPE des Cantons, France Laflamme. Dans la MRC de Témiscouata, le CPE de Rivière-Bleue pourra accueillir 8 enfants supplémentaires, tout comme l’installation de Témiscouata-sur-le-Lac du CPE Les Calinours. Le ministère de la Famille a aussi autorisé un agrandissement de 21 places pour l’installation de Saint-Alexandre-de-Kamouraska du CPE Pitatou.

Le délai pour l’octroi de nouvelles places est passé de 10 mois à 60 jours, avec la nouvelle approche préconisée par le ministère de la Famille. De plus, 21 nouvelles places seront créées au CPE L’Aurore boréale pour son installation à Saint-Valérien, dans la MRC de Rimouski-Neigette.

De son côté, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) se questionne sur la disponibilité d’éducatrices et des membres du personnel pour combler les postes qui seront ainsi créés. Pour la CSQ, la préoccupation pour la formation et la qualification de la main-d'œuvre est importante. «Oui, la mise en place de formations rapides peut aider à attirer de la main-d'œuvre, mais il faut continuer de viser une formation complète et adéquate», indique la vice-présidente de la CSQ, Line Camerlain.

Le gouvernement a ainsi octroyé 13 974 places sur les 17 000 prévues dans son Grand chantier pour les familles présenté en octobre dernier. Avec ses différents appels de projets lancés au cours des derniers mois, le ministère de la Famille souhaite ainsi créer 37 000 nouvelles places d’ici 2024-2025. Le gouvernement a aussi annoncé une nouvelle initiative permettant de construire des CPE dans des installations préfabriquées afin d’accélérer les délais, qui pourraient ainsi passer de 9 à 3 mois dans 10 régions administratives. Pour le moment, le Bas-Saint-Laurent n'en fait pas partie.

 

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