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28 novembre 2021 - 06:02

Dossier - Violence sexuelle et conjugale

Explosion des demandes d’aide à Trajectoires Hommes du KRTB

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

«Change-toi, t’es habillée en guidoune. Change ton mot de passe, que je voie tes messages. Vas-tu finir par changer d’idée, maudite boquée? Change d’air quand tu me parles. Faut que tu changes d’amis. Je te conseille de changer de ton.» Ce message publicitaire diffusé par le gouvernement est percutant et reflète la réalité, d’après le directeur de l’organisme Trajectoires Hommes du KRTB, Luc Laforest.

«Il y une escalade avant d’arriver à la violence physique, ça commence souvent par le verbal et le psychologique. C’est beaucoup ça qu’on va voir dans les couples et les gars qu’on reçoit ici pour la violence conjugale», précise M. Laforest.

Lors de l’année 2020-2021, l’organisme a reçu 241 demandes. Depuis le mois d’avril dernier, elles ont explosé, se chiffrant à 259 en seulement sept mois. Tellement que Trajectoires Hommes évalue la possibilité de créer à nouveau une liste d’attente.

Luc Laforest indique que les intervenants travaillent sur le processus de responsabilisation des hommes qui commettent de la violence conjugale, que ce soit lors de suivis individuels ou en groupe. «Oui, il y a deux côtés à une médaille. Nous, on travaille avec l’homme […] Tu es responsable d’avoir réagi de cette façon-là. Même si ça brassait dans ton couple, tu aurais pu réagir autrement. On le ramène à lui-même, à ses comportements».

Ramener la violence à une perte de contrôle est erroné, souligne-t-il. «Ce n’est pas une perte de contrôle. Quand on utilise la violence, c’est pour une faire prise de contrôle sur l’autre. Pour l’obliger à faire ce qu’on veut […] Quand on tombe dans la violence physique, il n’y a pas d’autre marche après ça à part l’homicide.»

Le directeur de Trajectoires Hommes souligne d’ailleurs la collaboration des organismes qui viennent en aide aux femmes dans la région. Il est catégorique, la violence conjugale est un acte criminel. «Si c’est un ami, il faut lui en parler directement, ça se peut qu’il ne soit pas prêt à entendre ça. Il faut toujours penser premièrement à la sécurité de la victime et il faut la protéger. Si jamais ça continue, on ne niaise pas avec ça, c’est la police dans ce temps-là.»

Luc Laforest ajoute que faire le premier pas pour demander de l’aide est sans doute la partie la plus difficile du chemin à parcourir. «Nous n’avons pas de statistiques ou de suivis, mais parfois je croise les gars dans des commerces et ils me présentent leur conjointe en disant que je les ai aidés à s’en sortir. Oui, la reprise en main, ça fonctionne. Ce que je prends comme une réussite, c’est aussi quand une personne va nous rappeler parce qu’elle sent qu’elle est en train de redescendre la pente. Connaître l’organisme, c’est le premier outil le plus important. D’autres nous réfèrent à leurs amis, c’est un bon indicateur», conclut M. Laforest.

Trajectoires Hommes du KRTB vient en aide aux hommes qui vivent des difficultés, qu’elles soient personnelles, professionnelles, une séparation, un deuil, de l’isolement, des problèmes familiaux ou de la violence conjugale.

L’ouverture des nouveaux bureaux de l’organisme aura lieu au début 2022, sur la rue Fraser à Rivière-du-Loup. Le projet un Toit pour nous, soit la location de cinq logements de transition pour les hommes en difficulté à court et à moyen terme se réalisera au cours des prochains mois.

Ressources d'aide régionales pour les personnes victimes de violence sexuelle et conjugale:

  • Trajectoires Hommes du KRTB : 418-605-0878
  • CALACS du KRTB : 418 816-1232
  • L’Autre-Toit du KRTB : 418-854-7160
  • Centre-Femmes du Grand-Portage : 418 867-2254

Si vous ou un de vos proches êtes victime de violence conjugale, contactez SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010 ou consultez le sosviolenceconjugale.ca

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