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3 août 2022 - 15:45 | Mis à jour : 16:55

Redécoupage de la carte électorale fédérale

«On va mener un front commun» - Maxime Blanchette-Joncas

Lydia Barnabé-Roy

Par Lydia Barnabé-Roy, Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Une mobilisation transpartisane se développe entre les différents élus des partis fédéraux à la suite de la proposition de la Commission de délimitation des circonscriptions fédérales pour la province de Québec publiée le 29 juillet dernier. Selon le député du comté de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, autant la suppression d’un siège, la redivision des territoires que leur dénomination sont inacceptables.

«On revit le même scénario qu’on a déjà vécu en 2012. [Cette année-là], la Commission avait déjà fait une proposition pratiquement semblable, c’est-à-dire de retirer une circonscription dans l’Est-du-Québec et c’était la même, mais à l’époque elle avait un autre nom, soit Haute-Gaspésie-Métis-Matane et Matapédia», raconte le député. Il mentionne que les arguments avancés il y a dix ans sont toujours valables. Il rappelle qu’un député est un outil incontournable pour le développement d’une région, puisqu’il défend leurs intérêts et fait valoir leurs enjeux auprès du gouvernement fédéral.

»À LIRE AUSSI: Révision de la carte électorale fédérale au Bas-Saint-Laurent

Selon M. Blanchette-Joncas, la perte d’un siège diminue le poids politique de l’Est-du-Québec, surtout si un survol historique est effectué. En 1993, cinq députés représentaient l’est. À ce jour, quatre sont en poste et maintenant, seulement trois sont proposés par la Commission. Il indique que cette proposition peut être expliquée par le déclin démographique, mais il maintient qu'il en résulterait en une perte d’une voix devant le gouvernement. 

Le député estime que c’est un non-sens, car en perdant un bureau de comté, un service de proximité avec les citoyens est perdu. «Pour moi quelqu’un qui habite en région ou qui habite dans un centre urbain devrait avoir un service comparable», confie Maxime Blanchette-Joncas. Il ajoute qu’enlever un siège et rajouter le territoire aux circonscriptions des autres députés ne sert pas la population parce qu’en ayant des milliers de kilomètres carrés à couvrir, le député n’est pas aussi efficace. Il ne souhaite en aucun cas la diminution ou la coupe de service à la population.

DES SPÉCIFICITÉS UNIQUES À CHAQUE TERRITOIRE

Maxime Blanchette-Joncas rapporte que la réalité des Témiscouatains n’est pas semblable à celle des Magnymontois. «On met des circonscriptions tellement vastes qu’on va en dehors de certaines régions administratives», spécifie le député. En retirant ce territoire de Rimouski-Neigette et en l’annexant à Montmagny, la nouvelle région couverte se situe dans deux régions administratives différentes.

La perte du Témiscouata est quelque chose que M. Blanchette-Joncas prend à coeur : «Veux, veux pas, en étant député, on crée des liens avec les gens, on apprend à connaitre la région, les enjeux». Il enchérit en mettant de l’avant les liens plus rapprochés qu’a le Témiscouata avec Kamouraska, Rivière-du-Loup et Les Basques. Malgré que le Témiscouata ait souvent changé de circonscription, le député allègue qu’il ne faut pas minimiser l’impact qu’une redivision pourrait avoir.

«En région, on doit se tenir debout et on doit toujours s’assurer de préserver nos acquis», soutient-il. Il rappelle que, dans le passé l’ancien député du Bloc Québécois, Paul Crête, s’est battu pour avoir le nom du KRTB dans la circonscription. «Quand on veut que l’identité des MRC et des gens du territoire soit représentée, on ne peut pas les évacuer, faire disparaitre le nom du territoire dans lequel ces gens-là habitent et qu’un député représente», continue M. Blanchette-Joncas. Surtout qu’en ce moment une résolution a été prise à Trois-Pistoles concernant l’ajout de Les Basques dans la circonscription provinciale. Le député ne peut s’empêcher de soulever l’ironie de la chose: «On ne s’attendait pas à la proposition de redécoupage au fédéral et qu’on fasse l’inverse».

«Ça va au-delà d’un siège du Bloc québécois qui est perdu, il faut le voir globalement [...] Ça outrepasse le parti», clame-t-il.

En ce moment, les différents élus sont en communication afin de s’allier pour renverser la proposition faite par la Commission, comme ça a été le cas aussi en 2012. L’information a notamment été confirmée par le bureau du député de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Bernard Généreux. 

Maxime Blanchette-Joncas invite les gens à se rendre aux audiences publiques pour faire valoir leur opinion sur le sujet des deux nouvelles circonscriptions proposées qui se nommeraient : Montmagny-Témiscouata-Kataskomiq et Rimouski-Matane. Celle de Rivière-du-Loup se déroulera le 9 septembre à l’Hôtel Universel à 9 h.

 


 

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