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26 octobre 2020 - 06:59

DOSSIER | Les Basques chantent la pomme

Le retour aux racines de François Desjardins

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le Pistolois François Desjardins a quitté Trois-Pistoles en 2009 pour les études. Onze ans plus tard, son attachement pour la région, le sentiment de communauté communicatif et le dynamisme de la MRC des Basques l’ont convaincu de revenir s’établir sur le 3e rang à Notre-Dame-des-Neiges.  

«J’ai toujours eu un sentiment d’appartenance très fort à Trois-Pistoles, je me suis impliqué à l’Échofête, j’étais éclairagiste dans le milieu culturel. À 17 ans, je suis parti pour étudier en sciences humaines et langues à Lévis, puis j’ai fait un baccalauréat à l’Université Laval en anthropologie», explique François Desjardins. Il s’est notamment intéressé aux pratiques alternatives dans le milieu agroforestier au Bas-Saint-Laurent dans le cadre de ses études.

«Ça faisait plusieurs années que je réfléchissais à quitter Québec, j’étais à la maitrise. La COVID-19 a peut-être précipité les choses. J’ai perdu mon emploi, donc je n’avais plus d’attaches à Québec. Mes réflexions ont été mises à vitesse grand V», ajoute M. Desjardins.

Il a donc été engagé pour un contrat de quatre mois comme animateur horticole dans les Basques avec l’organisme Croc-Ensemble des Basques, en collaboration avec COSMOSS.

«J’ai vu un mouvement assez particulier qui existe dans les Basques depuis deux ou trois ans. Ma petite crainte de ne pas retrouver le dynamisme que je cherche s’est estompée en voyant tous les projets qui naissent ici», ajoute-t-il. La force du milieu communautaire de la MRC des Basques a aussi pesé dans la balance lors de sa prise de décision. Le sentiment de communauté, se sourire dans la rue et partager une fierté avec les autres pour son milieu lui manquaient. «C’est une manière de vivre ensemble, de rencontrer des gens et de créer un dynamisme qui n’apparait pas dans les chiffres, le PIB et les milieux économiques. On crée un développement autrement qu’avec des entreprises», précise François Desjardins.

Son emploi avec Croc-Ensemble des Basques lui a permis de voyager sur le territoire de la MRC afin de soutenir les efforts collectifs dans six municipalités des Basques, Saint-Simon, Trois-Pistoles, Sainte-Françoise, Saint-Clément et Sainte-Rita. «Ce sont des initiatives citoyennes créés dans le but de partager les tâches et les récoltes. On fait de la gestion de ressources potagères, c’est un milieu qui valorise l’autonomie et ça me tient beaucoup à cœur». La pandémie a aussi entrainé une augmentation nette des demandes d’aide alimentaire. La prochaine étape est de créer une synergie entre les producteurs, la population et les organismes autour de la sphère agroalimentaire afin de mettre en place des projets de fruits partagés ou de frigos collectifs, par exemple. Tout cela dans le but d’améliorer la sécurité alimentaire de manière locale et de repenser l’alimentation.

«L’idée de base, c’est surtout de pouvoir vivre autrement. Il y a tout à faire, c’est un milieu qui se redécouvre au fil du temps et des nouvelles personnes qui se présentent […] L’alimentation est une très bonne manière de faire de l’intervention sociale et du développement alternatif», complète François Desjardins. Il est par ailleurs curieux de voir si cette tendance de migrations vers la MRC des Basques se maintiendra et combien de temps les nouveaux arrivants resteront dans la région. «J’ai retrouvé quelque chose qui me plaisait et je redécouvre quelque chose qui m’anime et qui me fait rêvasser, pour être poétique», conclut-il. 

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