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18 octobre 2019 - 15:10 | Mis à jour : 15:20

SÉMER : le préfet Michel Lagacé rétablit les faits

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup et président de la Société d’économie mixte et d’énergie renouvelable (SÉMER), Michel Lagacé, a qualifié de «lettre pleine de faussetés» la missive envoyée aux médias et au conseil de la MRC par le maire de Saint-Paul-de-la-Croix, Simon Périard, qui réclame les états financiers de la SÉMER, responsable de la gestion de l’usine de biométhanisation.

Dans sa lettre, M. Périard soulève plusieurs chiffres et tente de remettre en question l’utilisation et la taille de l’usine de biométhanisation. «Quand on affronte une tempête, on se met tous ensemble pour ramer et ramener le navire à bon port et c’est ce qu’on fait au conseil des maires», a fait savoir Michel Lagacé. Ce dernier est d’avis que la baisse de participation populaire à la collecte pourrait être en partie attribuable à «certains médias qui font ce qui s’apparente à une démolition bête d’un projet.» Il déplore également que M. Périard «tente de faire croire aux gens que l’usine est surdimensionnée».

Dans sa lettre publiée le 15 octobre, Simon Périard affirme que «en 2018, la MRC de Rivière-du-Loup a envoyé 1 350 tonnes à l’usine de biométhanisation soit, 5,23% de la capacité totale de traitement admissible».

L’usine de biométhanisation possède une capacité de traitement totale d’environ 25 000 tonnes métriques de matières putrescibles. Selon les dernières données transmises par le président de la SÉMER, Michel Lagacé, l’usine de biométhanisation traite par année environ 4 000 tonnes métriques de matières organiques (bacs bruns) qui proviennent des citoyens des MRC partenaires, et 10 000 tonnes qui sont acheminées par les industries, commerces et institutions, pour un total de 14 000 tonnes de matières, soit 56 à 57% de la capacité totale de traitement de l’usine. Il ajoute, dans une perspective optimiste, que si 98 000 citoyens participaient à la collecte du bac brun et envoyaient l’entièreté de leurs matières putrescibles, elles totaliseraient 15 000 tonnes métriques.

Selon le préfet, les objectifs environnementaux sont atteints par la SÉMER, notamment grâce au détournement des matières de l’enfouissement, et parce que l’usine a empêché l’émission de 18 900 tonnes de gaz à effet de serre lors de la dernière année. Plus de 40 000 tonnes de matières organiques ont été traitées depuis la mise en opération de l’usine de biométhanisation. 

SÉRIE DE MALCHANCES

L’usine de biométhanisation a été mise en place en 2015. Elle avait besoin d’un apport de 600 mètres cubes pour produire du gaz naturel liquéfié, dont entre 400 et 450 qui provenaient de la captation du Lieu d’enfouissement technique (LET), et environ 200 des matières putrescibles. Deux cellules de captation du LET ont été noyées, puis réparées au printemps 2017. L’année suivante, des tuyaux de captation ont été obturés, conséquences de l’eau dans les cellules de captation, et a nécessité une réparation et des délais supplémentaires. «Personne n’aurait pu voir ça sauf en ayant une boule de cristal», image Michel Lagacé. En janvier 2018, les objectifs ont été atteints, mais des pannes électriques ont causé des bris aux équipements.

En octobre 2018, Énergir a informé la SÉMER que le projet Route bleue d’Énergir et ses camions propulsés par le gaz naturel liquéfié n’irait pas de l’avant, faute d’un marché suffisant. La SÉMER a donc fait volteface et s’est tournée plutôt vers le gaz comprimé en signant en mars dernier un contrat de vente de gaz naturel renouvelable de 20 ans avec Énergir, avec un potentiel de revenus de 2,5 M$ par année. Elle a du même coup adressé une demande de financement au gouvernement du Québec parce que ce changement de direction nécessite des investissements de 2,3 M$ pour permettre la production et la livraison du gaz comprimé.

Michel Lagacé affirme toujours être en attente d’une réponse favorable à cette demande de financement et dit avoir confiance en son dossier. «C’est manquer de respect au gouvernement et au premier ministre de penser qu’ils vont financer un projet sans avoir eu accès à toutes les informations pour prendre une décision juste et éclairée», déplore Michel Lagacé, à propos de la sortie publique de Simon Périard, et d’une autre lettre qu’il a envoyée, cette fois à l’intention du première ministre du Québec, François Legault. Il assure que toutes les informations nécessaires ont été fournies à la satisfaction des ministères. Le dernier défi à relever pour la SÉMER présentement, c’est d’assurer sa pérennité par la vente de ses produits.

RENCONTRE DU CONSEIL DES MAIRES

L’élection à la préfecture par suffrage universel sera l’un des sujets abordés au prochain lac-à-l’épaule de la MRC qui se déroulera à la fin du mois de novembre. Michel Lagacé ne s’y oppose pas, il affirme avoir beaucoup de respect à la fois pour les élus par leurs pairs et par la population. «C’est la qualité de l’élu qui fait en sorte qu’une MRC est fonctionnelle», complète-t-il. Lors de cette même rencontre, les élus auront accès aux rapports financiers de la SÉMER. Le partenaire privé dans ce dossier qui détient 20% des parts, Terix-Envirogaz ne souhaite pas que ces données soient révélées publiquement pour une raison de compétitivité dans ce marché.

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8 réactionsCommentaire(s)
  • Au départ, le gouvernement du Québec prévoyait recycler 60 % des matières organiques en 2015 et 100 % en 2020. Mais, il a ensuite revu ses cibles : 60 % pour la fin de l’année 2018, et 100 % pour 2022. Présentement, les municipalités touchent des redevances pour l'évitement de l'enfouissement des matières organiques. En ce sens, la MRC de Rivière-du-Loup est dans le peloton de tête.

    Faire de l'argent avec les matières organiques, c'est très difficile, mais pas impossible. Le choix de la MRC va dans cette direction. La SEMER coûte un bras, j'en conviens, mais elle risque de faire ses frais avec le temps, alors qu'un tas de composte, c'est une dépense sans fin.

    J'aime mieux une MRC qui innove, qu'une MRC qui suit le troupeau. La sortie de M. Périard risque de nuire à l'objectif du gouvernement et par le fait même, au quantité de matières organiques détournées. Résultat, moins d'argent dans les poches des contribuables. Je suis capable de vivre sans tout savoir sur la SEMER, car j'ai confiance dans nos élus. Par contre, j'ai plus de misère à vivre avec des gens qui se contre fou des gestes qu'ils posent, même s'ils sont dommageables pour l'environnement.

    Au lieu de faire bande à part au conseil de la MRC, il devrait tenter de changer les choses de l'intérieur. C'est pour cela qu'il a été élu.

    le p'tit peuple - 2019-10-22 19:59
  • Arrêtez Messieurs et retournez à vos "Pépines" !

    Nous, nous voyons plus loin, nous voulons sauvez la planète, l'humanité et la vie ...

    De bons emplois, bien rémunérés à sensibiliser la population, voilà ce qu'il faut en ces temps de doute. Voilà à quoi doivent servir nos taxes vertes, nos taxes carbones, nos éco-frais et droits de 3$ sur les pneus neufs.

    Et quand nous aurons une minute Mesdames, il faudra tout recommencer à zéro car ces messieurs ont repris la chasse commerciale à la baleine dans le Pacifique.

    Comme quoi tout est toujours à refaire !

    Juliette Jobin - 2019-10-21 10:11
  • Si j’ai bien compris le préfet à la télévision hier le petit jésus aime pas notre usine.vite aux églises pour prier le bac brun.il est peux être pas efficace et transparent mais avouons que notre préfet est très comique comme les autres élus suiveux.

    Désolant - 2019-10-19 22:21
  • Est ce que quelqu un a quelque chose a cacher dans cette histoire, je trouve que ca sent mon bac brun. M Periard a tres bien explique la situation...quand au prefet et bien il semble patiner sur une glace de plus en plus mince....meme la mairesse de Riviere du Loup nous avait dit il n y pas si longtemps qu elle obtiendrait ce qu ils nous en a coutés dans cette aventure....elle a peut etre oubliée ou peut etre a t elle interet a ne rien nous dire....attendons Comme on dit Tout finit pas se savoir....

    Jocelyn Lavoie - 2019-10-19 08:58
  • Transport de matières putréscibles des zones rurales vers la ville....
    Exactement l'inverse de ce qu'on faisait à l'époque des calèches !

    Quand on sait que :
    1. Un effet de serre est essentiel à la vie sur terre
    2. Cet effet de serre est le fruit de gaz (GES) dont 95% est la vapeur d'eau
    3. Les autres 5% sont produits par la mer, la végétation, la vie animale, les volcans puis enfin l'humain...

    Cette "lutte aux GES", cette "Urgence climatique" et ces appels à l'ignorance, la foi et l'obéissance ont quelque chose d'un peu rétro également...

    En d'autres temps, Monsieur Lagacé aurait porté un col romain et une soutane, il aurait pointé le ciel et les imbéciles n'aurait vu que son index...

    Robert Duhamel - 2019-10-18 23:26
  • Après avoir bien lu les dernières missives de Monsieur Périard ( d'allleurs que je félicite de sa ténacité à la recherche de la vérité et de la transparence), ainsi que le plaidoyer de Monsieur Lagaçé aujourd'hui, je ne peux que constater que selon lui si l'usine n'est pas optimale c'est la faute des 98 000 habitants qui n'ont pas assez de matières putrescibles à leur fournir... donc la totalité des municipalités qui ont une entente avec la SÉMER. Donc on vise 100 pour 100 des possibilités... aucune entreprise au monde ne vise 100 pour 100 d'une clientèle potentielle. Ce n'est q'utopie et rêve...
    Concrètement, depuis l'avènement de la SÉMER, je tente tout de même de faire ma part... mais... ce que je pouvais mettre pour le compostage (résidus de pelouse, feuilles mortes, branches d'arbustes...) je ne peux plus les mettre... il me reste donc quelques pelures de bananes, quelques rejets de fruits et légumes, et parfois seulement quelques résidus de viande et de fruits de mer, que je mets dans mon congélateur en attendant la cueillette pour éviter que le bac ne se rende à la rue tout seul... si vous voyez ce que je veux dire...
    D'autre part, j'aurais envie de vous faire un exercice de calcul... mais je vous laisse à tous le loisir de vous amuser... si il y a vraiment 14 000 tonnes traitées, où sont les revenus ? À 92 $ la tonne pour les municipalités impliquées... que les citoyens absorbent sans rien dire... où est le manque à gagner ? Selon les revenus déclarés ? 14 000 X 92 $ ça fait 1 288 000 $... et les revenus de 2018 déclarés... 400 000 $ ???
    Je vous demande, citoyens, de vous poser la question, et de poser la question à vos élus et maires dans vos municipalités respectives. Monsieur Périard s'occupe du bien-être de ses citoyens payeurs de taxes, posez des questions pour faire en sorte que chacune de vos municipalités en fasse de même !

    S(c)eptique - 2019-10-18 19:51
  • Écouter ce Cibole de préfet c’est de notre faute et c’est la faute de la température des médias faut tu avoir du culot être dans un endroit où les gens ne son pas des mitaines sa marcherait pas comme ça. Et que dire des élus de la région c’est pathétique vraiment.je peux vous dire que personne m’empêche de mettre de la merde dans mon bac brun c’est moi qui a décidé pas besoin de la radio pour me rendre compte que des gens qui non jamais rien fait en affaire ne peuvent gérer ça.je demeure à rdl la plus gros village de la mrc avec des élus bien payés mais avec aucune couille eux pourrait bouger des choses mais sa connaît pas grand chose non plus.

    Découverte - 2019-10-18 19:50
  • Terix-Envirogaz a surement quelque chose à cacher pour prétendre un tel mensonge

    GB3 - 2019-10-18 17:46