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9 juillet 2018 - 06:56 | Mis à jour : 08:45

L’ile aux Lièvres, un refuge pour les oiseaux marins

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Début juin, après une vingtaine de minutes passées sur le bateau Le Pèlerin, dans les eaux tumultueuses du fleuve Saint-Laurent agitées par un vent du nord-est, un véritable essaim d’oiseaux marins nichant sur les iles du Pot à l’Eau-de-Vie accueille les poignées d’amateurs de plein air quotidiennement.

Au beau milieu du Saint-Laurent, à huit kilomètres des deux rives entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon, se dresse l’ile aux Lièvres, la plus grande ile non habitée du fleuve. En pleine période de migration, les petits pingouins, guillemots marmette et guillemots à miroir, eiders à duvet et cormorans, tournoient autour du petit bateau et en mettent plein la vue aux amateurs d’ornithologie, avant même qu’ils posent les deux pieds sur la terre ferme. La randonnée n’est même pas encore commencée pour la dizaine de marcheurs prenant place dans l’embarcation.

«Ces oiseaux nichent vraiment dans les iles et forment des colonies très denses. Ce sont des espèces mieux adaptées aux milieux marins», explique Sarah Piedalue, guide-matelot et interprète pour la Société Duvetnor. Les petits pingouins, quoique capables de voler, connaissent parfois quelques maladresses au décollage, plus à l’aise dans l’eau du fleuve que dans les airs.

On retrouve aussi dans les secteurs des iles du Pot à l’Eau-de-Vie et de l’ile aux Lièvres des goélands marins et argentés, d’autres espèces qui sont rarement observées à partir du littoral. 

Sur l’ile, d’une longueur de 13 km et d’une largeur de 1,6 km, les marcheurs ont accès à plus de 45 km de sentiers de randonnée pédestre aux panoramas variés, passant de la grève à une montagne de 86 m d’altitude.

«La particularité de venir faire de la randonnée sur l’ile aux Lièvres, c’est qu’on se sent seul dans les sentiers. Certains comportent des défis, des dénivelés, des passages avec une corde pour en faire l’ascension, il y en a pour tous les gouts», explique Patricia Côté de la Société Duvetnor.

En chemin vers l’extrémité est de l’ile, sur le sentier de la Grande Course, de nombreuses crèches d’eiders à duvet, des regroupements formés de dizaines de cannetons et de quelques adultes, flottent sur le Saint-Laurent, près des berges. Leur taux de survie est d’environ 5%, puisque de nombreux prédateurs tournent autour des jeunes eiders près de l’ile. À la pointe est, des phoques gris et communs se prélassent au soleil sur les rochers, cachés aux yeux des visiteurs qui se limitent au chemin principal. Plus loin, sur le sentier du retour, le paysage formé de plages se transforme rapidement en forêt aux arbres rabougris, rappelant la toundra des hautes altitudes en montagne.

Même pour les randonneurs moins expérimentés, les sentiers sont accessibles et peuvent même comporter certains défis. Sur l’ile, on retrouve quatre sites de camping sauvage, une auberge et quelques chalets disponibles pour la location. Les plus aventuriers peuvent choisir un emplacement de camping nécessitant une marche de trois heures à partir de l’embarcadère (12 km). Les plus proches sont facilement accessibles à 300 mètres du débarquement. Les heures des traversées varient quotidiennement en raison des marées, il est donc recommandé de contacter la Société Duvetnor pour connaitre l’heure des départs avant son séjour.

Le gouvernement du Québec a attribué le statut de réserve de biodiversité projetée à l’ile aux Lièvres en 2013, en vertu de la Loi sur la conservation du patrimoine naturel et a confié sa gestion à la Société Duvetnor. L’ile aux Lièvres a été achetée à 93 % par le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des parcs en décembre 2012 pour 3 M$.

L'ILE DU POT À L’EAU-DE-VIE

Le phare de l’ile du pot à l’Eau-de-Vie a été mis en service en 1862, puis restauré en 1989 par Duvetnor. Il est devenu sa propriété en 2014. Le phare a depuis été transformé en lieu d’hébergement de trois chambres, disponibles à la location. Les visiteurs peuvent aussi profiter d’un souper de fine cuisine régionale, inclus dans le forfait de la nuitée au phare. Ils ont aussi accès aux sentiers du Pot du Phare, après la période de nidification des oiseaux.

«Les gens partagent le repas et les lieux. Il y a des rencontres intéressantes qui s’y déroulent. Nous accueillons principalement une clientèle internationale au phare, formée de 30 à 40 % d’Européens. Souvent il s’agit d’une occasion pour eux de souligner un évènement spécial, un anniversaire de mariage, un départ à la retraite, il y a plein d’occasions différentes», explique Mélanie Doré de la Société Duvetnor. Les visiteurs ont également accès à la tour et peuvent observer les oiseaux marins à l’aide d’un télescope mis à leur disposition, en se mettant dans la peau des gardiens qui ont occupé le phare pour garder le continent. Toutes les informations sont disponibles au duvetnor.com.

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