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10 mars 2022 - 06:02

Une décennie d’efforts récompensée pour Sébastien Côté 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Le dévouement et la passion que Sébastien Côté de Rivière-du-Loup a déployé envers le jiu-jitsu brésilien au cours des onze dernières années ont été récompensés par la reconnaissance ultime la semaine dernière : une promotion au rang de ceinture noire. Un accomplissement qui peut être sous-estimé par l’œil extérieur, mais qui est pourtant immense dans une discipline aussi éprouvante que valorisante.   

Fondateur de l’Académie BJJ Rivière-du-Loup, Sébastien Côté donnait un séminaire à Listuguj en Gaspésie, près de Pointe-à-la-Croix, quand il a été surpris par celui qui l’accompagnait, son instructeur de longue date, lui-même ceinture noire, Nathan Stever. 

«Je faisais la démonstration d’une technique au sol, puis c’est là qu’il est arrivé avec [la ceinture]. C’était une surprise totale, je ne m’y attendais pas du tout […] J’étais content, vraiment content», a raconté Sébastien Côté en début de semaine.  

«Pour mes promotions précédentes, aux ceintures mauve et brune, nous avions fait la route jusqu’à Halifax pour retrouver le mentor de Nathan. Je m’y attendais donc un peu. Cette fois, je n’étais pas prêt à vivre un moment comme ça. C’était un rêve qui se réalisait.»

L’obtention de cette ceinture, ce simple bout de tissu, est une réussite impressionnante qui est le point culminant d’une décennie consacrée à la pratique du jiu-jitsu brésilien pour l’athlète de Rivière-du-Loup. C’est aussi un peu la consécration ultime, plus de 5 000 heures de pratique après avoir mis les pieds dans un gymnase de BBJ pour la première fois en 2011. 

Preuve de la rareté de l’exploit, Sébastien Côté est également devenu la première personne du KRTB, mais aussi de tout l’Est-du-Québec, à mettre la main sur une ceinture noire dans la discipline mise au monde par la famille Gracie au Brésil. Un fait d’armes qu’on ne lui enlèvera jamais et une réussite qui ne devrait pas être imitée de sitôt.  

«Ce cadeau de mon instructeur vient non seulement reconnaitre mes connaissances en jiu-jitsu brésilien, mais aussi mon apport au sport. Avec l’Académie, j’ai des élèves sous ma responsabilité et c’est incroyable d’être maintenant capable de redonner à mon tour», a-t-il partagé, ne cachant pas que le moment de sa promotion était très émotif. 

«J’étais complètement bouche bée quand j’ai vu Nathan avec la ceinture, a-t-il ajouté. Je ne savais pas quoi dire, et une semaine plus tard, j’ai encore de la difficulté à le réaliser et à trouver les mots pour expliquer comment je me sens.»

Sur Facebook, il a aussi décrit les choses ainsi : «Une ceinture noire en BJJ équivaut à graduer [d’une] grande université célèbre après plus de 10 ans d'études approfondies sur un même sujet ou domaine. Et comme dans la vraie vie, seulement une minorité réussit.»

UNE DÉCENNIE À PROGRESSER

Sébastien Côté est entré dans le monde des arts martiaux en 2009, grâce à Fernand Morneau et son fils Steeve qui avaient une école d’arts martiaux mixtes sur la rue Témiscouata à Saint-Ludger. Ce n’est toutefois qu’en 2011, dans la région de Québec, qu’il s’est consacré plus spécifiquement au jiu-jitsu brésilien. Le sport, popularisé par le UFC et même Georges St-Pierre au Québec, se développait alors tranquillement en province. 

«J’étais beaucoup plus intéressé par les techniques au sol avec les clés [d’articulation] et les prises de soumission, a-t-il expliqué. J’étais aussi intéressé par l’intensité de la discipline.» 

C’est en 2012 qu’il a fait la rencontre de son mentor et ami, Nathan Stever, alors qu’il cherchait un endroit pour s’entrainer lors d’un déplacement professionnel au Nouveau-Brunswick. C’était le début d’une grande aventure. Sa ceinture bleue, que certains comparent à la ceinture noire dans d’autres arts martiaux, a été obtenue en 2015. C’est celle-là qui lui a permis de fonder son académie en sol louperivois. Elle a ensuite laissé sa place à la mauve en 2017, puis à la brune en 2019. À travers les embuches, les blessures et les incertitudes, il n’a jamais abandonné. 

UN ART INTENSE

Le jiu-jitsu brésilien est un art martial moderne, dérivé du jiu-jitsu japonais et du judo,  qui puise sa quintessence dans la technique, le timing et l’effet de levier, plutôt que dans la force physique. Une recette qui permet de dominer des adversaires au gabarit plus imposant, sans coups de pied, coups de poing ou coups de coude. 

Selon Sébastien Côté, la discipline se différencie aussi d’autres arts martiaux, puisqu’elle place constamment l’athlète dans une situation de combat où on attend une «vraie réponse» à une attaque donnée. 

«En jiu-jitsu brésilien, pour que ça fonctionne, il faut que les athlètes résistent vraiment à une attaque, qu’ils essaient vraiment de s’en sortir. Les gens font des combats à tous les cours et l’objectif, c’est qu’ils puissent se défendre dans un scénario de haut risque et de stress», décrit-il. 

«Ce n’est pas facile […] Pour certains, cette intensité les pousse à continuer, d’autres à abandonner, mais tous grandissent là-dedans.»

Fort de cette grande réussite, Sébastien Côté anticipe maintenant «un avenir prometteur rempli de nouvelles opportunités». La ceinture noire, croit-il, lui donnera la chance d’enseigner dans différents séminaires, mais aussi de faire grandir encore davantage son académie à Rivière-du-Loup, au moment où la pratique des sports de combat recommence au Québec. Le timing, comme au jiu-jitsu finalement, ne peut pas être meilleur. 
 

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