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14 août 2021 - 06:53

50e anniversaire de la première Finale des Jeux du Québec 

Souvenirs d’une cérémonie enflammée…et détrempée 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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Le 14 aout prochain, cela fera exactement 50 ans que Rivière-du-Loup a accueilli la toute première Finale des Jeux du Québec. Un événement vivant et chaleureux, qui a toujours des répercussions importantes dans la région à ce jour, mais qui s’est entamé dans la pluie et un froid d’automne. Tout pour marquer les esprits. «La flamme s’est bel et bien allumée, mais ça n’a pas été facile», rigole aujourd’hui le porteur du flambeau de l’époque, Serge Chouinard. 

À 16 ans, M. Chouinard était l’un des principaux acteurs de la cérémonie d’ouverture des premiers Jeux du Québec d’été à Rivière-du-Loup. Athlète en athlétisme, le meilleur sauteur en longueur dans l’Est-du-Québec, il avait le mandat symbolique d’allumer la fameuse flamme qui ouvrait les compétitions en ce samedi d’aout 1971.  

La cérémonie était organisée près de la nouvelle piste d’athlétisme, au même endroit où elle se trouve aujourd’hui, à deux pas de l’École secondaire de Rivière-du-Loup. Le maire Yves Godbout était accompagné par le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, de plusieurs membres de son cabinet et de nombreuses personnalités. Une chorale chantait avec entrain; des centaines de personnes, amateurs de sport, étaient rassemblées, fébriles.

Puis, les choses se sont gâtées, confirme M. Chouinard. Quelques instants seulement avant le début des célébrations, des gouttes de pluie sont apparues. Le ciel était gris et incertain. C’était un avant-goût de l’orage diluvien qui allait suivre. 

La température a évidemment refroidi les centaines de spectateurs réunis à l’extérieur pour cette occasion unique, mais la cérémonie a eu lieu tout de même, s’est empressé de confirmer le coordonnateur général Venance Pelletier, avant l’orage. Les gens rassemblés, qui avaient commencé à fuir les lieux, étaient finalement restés pour assister à ce moment historique pour le sport régional et provincial. 

Serge Chouinard lui, s’apprêtait à courir, beau temps, mauvais temps. «J’avais le mandat de faire un tour de piste avec la flamme, se remémore-t-il. À mi-parcours, il pleuvait énormément. Je ne me souviens plus si je l’ai complété ou si on m’a poussé à couper dans le milieu du terrain pour que ça se passe plus vite. Une chose est certaine, il fallait faire attention de ne pas glisser. J’avais aussi toujours une crainte que la flamme s’éteigne.»

Réunis dans les estrades, sous leur parapluie et leur manteau, les gens avaient froid, mais ils étaient présents, attentifs. «De retour aux gradins, j’étais complètement trempé moi aussi, c’était assez spécial», ajoute celui qui a fait carrière comme policier pendant 34 ans. 

Une fois au pied de la vasque, du «chaudron olympique», Serge Chouinard n’était pourtant pas au bout de ses peines. Sa mission, pourtant simple sur papier, lui donnait du fil à retordre. «J’ai essayé de l’allumer à l’aide du flambeau, mais ça ne fonctionnait pas. Je pensais qu’il y avait eu trop d’eau dans la coupe et que c’était inondé. Mais c’était le propane qui n’avait pas encore atteint le sommet de la structure. Ça m’a semblé une éternité, mais ç’a fonctionné. J’étais soulagé, tout le monde attendait ce moment.» 

L’histoire de cette cérémonie sous la pluie a fait les manchettes dans plusieurs médias du Québec, dont le journal Le Saint-Laurent de Rivière-du-Loup. À l’ouverture officielle des Jeux, «Le soleil n’était pas au rendez-vous de Piloup», titrait d’ailleurs le média à sa sortie, quelques jours plus tard. 

DES LEGS IMPORTANTS

S’ils ont été inaugurés dans l’eau et un vent d’automne, les premiers Jeux du Québec de Rivière-du-Loup ont été un succès et ils restent un événement majeur pour l’histoire de la région, et ce, pour plusieurs raisons. Serge Chouinard se souvient des tentes qui étaient plantées aux alentours de l’école, ainsi que des foules que l’on retrouvait partout. Rivière-du-Loup vibrait au rythme des Jeux. 

«Rivière-du-Loup, ce n’était pas très gros à l’époque. Mais les organisateurs avaient mis le paquet. Le secteur des compétitions, c’était un village dans une petite ville. C’était complètement fou de voir autant de gens un peu partout», raconte-t-il. 

La maison familiale était située à proximité de la piste et pelouse, au cœur des activités. Il se souvient que les rues étaient bondées, mais qu’il ne reconnaissait personne. «Les représentants de certaines régions étaient plus équipés que d’autres, avait-il noté. Peu importe où on allait, on comprenait que quelque chose de gros se déroulait, c’était impressionnant.»

Cet événement historique a marqué non seulement le milieu sportif et le développement de jeunes athlètes de la province, mais a également laissé d’importants legs à la population louperivoise, comme la piscine du Cégep et la piste d’athlétisme. Revampées dans les dernières années, ces installations ont contribué au développement de centaines d’athlètes, voire plus encore, depuis les cinq dernières décennies. 

«Des pistes d’athlétisme avec une surface un peu caoutchoutée, il n’y en avait pas partout au Québec. Ç’a apporté énormément au point de vue du sport et des infrastructures pour notre petit milieu. On a été chanceux d’avoir tout ça aussi rapidement» estime Serge Chouinard, soulignant être fier que les jeunes d’aujourd’hui puissent à leur tour profiter d’installations diversifiées. 

Si la compétition sportive n’a pas été des plus glorieuses pour le jeune homme qu’il était à l’époque – ses trois sauts en longueur n’ont pas été valides –, Serge Chouinard garde d’excellents souvenirs des premiers Jeux du Québec. Il pense notamment à son ancien entraineur, Énoïl Nadeau, décédé il y a peu de temps, et à l’ancien commentateur sportif Richard Garneau. 

«Énoïl Nadeau aurait beaucoup aimé avoir la chance d’assister à la 56e Finale des Jeux. C’était un passionné d’athlétisme, quelqu’un qui a permis à plusieurs jeunes de s’épanouir dans le sport. Et il faisait ça bénévolement. J’ai une grosse pensée pour lui actuellement», partage-t-il. 

«Quant à M. Garneau, j’avais la chance de courir près de lui, tôt le matin, à la piste et pelouse pendant la durée des Jeux. C’était surprenant et impressionnant de voir cet homme qui décrivait les Olympiques d’aussi prêt. Il courait avec grâce et fierté. Pour nous, c’était vraiment particulier.»

Du 4 au 12 mars 2022, 3000 athlètes représenteront les 19 régions du Québec, près de 1500 officiels, entraîneurs et missionnaires les encadreront et près de 2500 bénévoles seront à l’œuvre en sol louperivois. Parmi eux, Serge Chouinard espère pouvoir s’impliquer et, qui sait, raviver d’autres précieux souvenirs. Chose certaine, il en créera aussi de nouveaux. 
 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Bravo Mathis!!!! Un petit gars de St-Hubert comme moi, Nous somme fier de toi!!!!

    Serge Chouinard - 2021-08-15 19:25