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10 février 2021 - 13:02 | Mis à jour : 13:14

Incompréhension et colère dans les salons de quilles de la région 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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Les amateurs de quilles du Bas-Saint-Laurent ne pourront pas retrouver les allées, malgré un retour en zone orange. Une nouvelle claque pour les propriétaires de ces établissements qui déplorent un manque de considération et d’écoute de la part du gouvernement et de la Santé publique. 

À la suite de l’annonce des assouplissements pour la pratique de sports intérieurs en solo, en duo ou en bulle familiale en zone orange, les salons de quille régionaux se sont réjouis de pouvoir enfin retrouver leur clientèle. 

Or, ils avaient tort. Coup de théâtre, ceux-ci ont appris mardi matin qu’ils font maintenant l’objet d’un décret du gouvernement leur interdisant de rouvrir leurs portes. Ils se retrouvent ainsi dans un groupe sélect avec les salles de billard, notamment. Un coup dur qui est difficile à accepter. 

«C’est aberrant», lance François Rossignol, propriétaire du Salon de quilles 600 de Rivière-du-Loup. «Je suis pratiquement le seul entrepreneur, propriétaire d’une PME, qui doit rester fermé. Les gymnases d’entrainement sont ouverts, les musées sont ouverts, mais pas moi…et personne n’a d’explications à me donner.»

Actuellement, en zone orange, la pratique des sports collectifs est interdite à l’intérieur. Les propriétaires de bar attendent eux aussi le feu vert des autorités sanitaires. «Mon établissement accueille des familles, des joueurs de tous les âges. Ce n’est pas un endroit pour adultes avec permis de bar seulement. C’est possible d’offrir un environnement sécuritaire. Je ne comprends pas.»  

Depuis des mois, François Rossignol tente d’obtenir des informations concernant l’évolution des contraintes imposées aux salons de quilles. Il a plus d’une fois déploré la difficulté d’obtenir des réponses. La situation n’est pas différente aujourd’hui.  

Selon l’homme d’affaires, le gouvernement et la Santé publique se renvoient la balle dans ce dossier. Il regrette aussi ne pas recevoir d’appui du député Denis Tardif. «Il y a un gros problème actuellement. Et ce qui me fait peur, c’est que je ne pourrai pas compter sur la pression populaire, puisque tout est ouvert ou presque! On va être oubliés combien de temps?», se questionne-t-il, exaspéré. 

Cédérick Ruest-Lajoie, copropriétaire du Salon de quilles Témis 2.0, partage également son incompréhension vis-à-vis la situation actuelle. «Avant la fermeture en décembre, les mesures étaient strictes dans les salons de quille. Souvent, les propriétaires en imposaient même plus que ce qui était demandé. Le bilan est presque parfait au Bas-Saint-Laurent, il n’y a eu aucun cas au KRTB. Les mesures fonctionnent, et on ne voit pas pourquoi on devrait être fermé», soutient-il.

Tout comme à Rivière-du-Loup, l’entrepreneur du Témiscouata s’était préparé à la réouverture prochaine de son établissement. «Lundi, on a fait toutes les démarches pour se préparer à rouvrir vendredi [le 12 février]. On avait tout prévu, notre personnel était appelé, des commandes avaient été passées. Il y a plusieurs dépenses liées à ça…», regrette-t-il.  

François Rossignol et Cédérick Ruest-Lajoie se questionnent également à savoir pourquoi les salons de quilles ne peuvent pas accueillir un nombre maximum de joueurs selon la superficie de leur salle de jeu, comme c’est le cas pour les commerces au détail, par exemple. Un autre non-sens qui n’est pas expliqué, selon eux. Ils estiment pouvoir offrir une expérience de jeu sécuritaire en ouvrant une allée sur deux et en faisant respecter les nombreuses consignes sanitaires. 

ASSOCIATION 

Au printemps, François Rossignol a été l’instigateur d’une association dont l’objectif était de représenter les intérêts des salons de quilles du Québec dans le contexte de la pandémie. En décembre, la direction de celle-ci a été reprise par Nathan et Cédérick Ruest-Lajoie, en compagnie de collègues de Laval et Québec. 

L’association représente, au moment d’écrire ces lignes, une quarantaine de salons de quilles de la province. Les membres se rencontreront ce soir afin de discuter de la situation actuelle. Une lettre en leur nom, dénonçant les plus récentes décisions gouvernementales, devrait être envoyée aux autorités sanitaires au cours des prochains jours. Ils espèrent enfin pouvoir se faire entendre. 

 

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3 réactionsCommentaire(s)
  • Les salons de quilles ne sont pas des nids d éclosion mais ils donnent un peu d exercices aux Aînées on est vraiment malheureux sans nos exercices Protégé les aînées c est ca que vous voulez alors OUVRÉR les Salons de Quilles au plus vite....

    Gaëtan Ducharme - 2021-02-13 18:16
  • Le décret du gouvernement a été emis par des personnes qui ne connaisse pas le dossier,
    Les quilles est un des rares sport qui préconnise la distanciation (ie une allée a gauche et une à droite minimum comme distanciation. Dans le contexte actuel , je me sens plus en sécurité aux quilles que dans un autre sport.

    Alphide Girard - 2021-02-10 16:29
  • Je suis totalement en accord avec ces propriétaires car s’ils fonctionnent comme en septembre, désinfectant à l’entrée, port du masque obligatoire, interdiction de taper dans la main de nos partenaires et adversaires et pas de flanage dans le salon aussitôt les parties terminées....il est où le problème?? Moi je n’en vois aucun....Alors ne lâchez messieurs et continuez de défendre votre point de vue mais surtout votre gagne pain.

    Francine Provencher - 2021-02-10 16:23