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31 janvier 2021 - 06:55

Pratiquer son sport autrement…à la maison 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Alors que les installations sportives sont fermées et que les rassemblements sont interdits, des clubs sportifs doivent faire preuve d’ingéniosité afin de garder la motivation de leurs athlètes et leur permettre de pratiquer la discipline qui les passionne. Dans les conditions actuelles – et avec une certaine surprise – la plateforme Zoom s’est révélée être un outil de choix. 

L’application de visioconférence permet ainsi de nombreux travailleurs de garder contact et de participer à des réunions avec leurs collègues depuis le début de la pandémie, mais elle est aussi maintenant utilisée pour suivre des cours de groupe ou des séances individuelles liées à différentes activités sportives.  

Depuis le mois d’octobre, Sensei Denis Boucher des écoles de Karaté Kempo Shin-Ryu KRTB donne rendez-vous à des passionnés sur Zoom, les soirs de semaine. Une vingtaine d’athlètes de tous les âges participent à ces cours accessibles de leur domicile, grâce à un ordinateur portable, une tablette électronique ou même un téléphone intelligent. 

«Tu m’aurais dit au mois de septembre que je donnerais des cours sur Zoom, je n’aurais pas été certain, confie M. Boucher avec le sourire. Mais je me suis adapté et j’ai réussi à tirer mon épingle du jeu. Je suis agréablement surpris, on a du plaisir et les résultats sont positifs.»

Évidemment, l’expérience n’est pas la même pour les élèves, ni pour le maitre d’ailleurs. L’achalandage aux cours est moins important qu’il ne l’aurait été en temps normal et plusieurs défis se présentent, ne serait-ce qu’en raison de ce manque de proximité entre l’élève et l’enseignant, mais les apprentissages sont au rendez-vous. 

«C’est certain qu’il faut tenir compte que l’élève nous regarde sur une tablette ou un ordinateur portable dans le meilleur des cas, que la luminosité n’est pas la même partout et qu’il y a un effet miroir. Même si j’ai un projecteur à la maison et que tous les élèves sont projetés sur une forme de mosaïque, c’est parfois difficile de bien se voir […] Mais malgré tout cela, ils ont progressé de façon quasi normale, considérant que la partie contact n’est pas là», partage Denis Boucher.  

Cette nouvelle façon de procéder a aussi du positif, puisqu’elle a permis l’organisation de cours ciblés selon les acquis des karatékas. Dans certains cas, les rencontres virtuelles représentent même une belle valeur ajoutée que Denis Boucher souhaite conserver, notamment pour ses élèves les plus avancés, une fois les règles sanitaires assouplies. 

«Dans un groupe, qu’il soit de Saint-Alexandre, L’Isle-Verte ou Cacouna, il y a des élèves de différents niveaux, des débutants et des plus avancés. Les cours sur Zoom me permettent de faire des séances spécifiques selon les différents bagages de chacun et je crois que ça fait partie de la clef du succès», explique celui qui donne également des cours de kobudo, le maniement d’armes traditionnelles. 

Selon le passionné, les élèves qui progressent le mieux à la maison sont ceux qui  réussissent à se mettre dans le bon état d’esprit, loin des distractions qu’ils retrouvent chez eux. «Tous les élèves qui ont réussi à se créer leur bulle d’entrainement ont réussi à progresser. Il y a même eu quelques nouvelles inscriptions et les élèves m’ont surpris, ils ont beaucoup appris», ajoute-t-il, confirmant que les membres sont pour la plupart très heureux de retrouver leur activité hebdomadaire et un semblant de vie sociale. 

GARDER LA MOTIVATION 

Depuis le début du mois de janvier, le club de patinage artistique Les Arabesques de Rivière-du-Loup offre également différentes séances d’entrainement virtuelles à ses patineuses de tous les niveaux. 
Les athlètes les plus avancées ont ainsi trois rencontres de groupe avec leur entraineur chaque semaine. Les différentes séances sont consacrées à des exercices de cardio, de musculation, d’équilibre, d’étirements et de yoga. Elles pratiquent aussi leurs techniques de patinage dans une formule «hors glace». 

«Les athlètes peuvent travailler leurs techniques de pirouettes (grâce à un équipement particulier) et leurs sauts. Puisque c’est en petit groupe, l’entraineur peut aussi les reprendre individuellement et les aider à corriger certains éléments. C’est un tour de force pour nous. Ça permet aux athlètes de garder un lien avec leur entraineur et de rester engagées pour qu’elle puisse reprendre l’entrainement sur glace le plus rapidement possible», explique la présidente des Arabesques, Stéphanie Gendron. 

La formule virtuelle a aussi rapidement intéressée les athlètes. Plus de 50 % des membres du club ont décidé de poursuivre leur entrainement à la maison. «Les entraineurs ont travaillé très fort et la réponse est excellente. Les élèves participent et discutent ensemble. Elles sont heureuses de pouvoir se revoir, elles qui passent normalement plusieurs heures ensemble à l’aréna chaque semaine.»

Notons que plusieurs autres initiatives ont été réalisées ces derniers mois afin de permettre aux sportifs d'assouvir leur besoin de bouger. L'École de boxe olympique de Rivière-du-Loup, par exemple, a offert à à ses membres  la possibilité d'accéder au gym pour des entrainements individuels et sécuritaires. Lors du premier confinement, les entraineurs partageaient également de programmes afin de rester actifs à la maison. 

 

 


 

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