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6 novembre 2020 - 06:53

Leïla Beaudoin, la battante

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Voilà maintenant plus de huit mois que la boxeuse Leïla Beaudoin attend son retour sur le ring. Une période d’incertitude qui devait pourtant être la plus occupée de sa jeune carrière professionnelle. Le 7 novembre prochain, l’athlète du Témiscouata livrera donc un combat très attendu. Un duel qui, espère-t-elle, sera un tremplin vers l’atteinte de ses objectifs. 

Le premier coup de téléphone lui annonçant la bonne nouvelle a retenti à la fin de l’été. Camille Estephan, patron chez Eye of The Tiger Management (EOTM), l’entreprise qui gère sa carrière, l’a approché pour lui faire savoir qu’elle pourrait bientôt se battre au Mexique. 

Puis, il y a deux semaines, après de nombreuses démarches, EOTM a confirmé sur les réseaux sociaux que le gala aura lieu à Mexico City, ce samedi. Beaudoin y affrontera Isle Viridiana Rojas, une jeune boxeuse de 20 ans présentant une fiche de 1-2 en trois combats.

«Je savais depuis quelques semaines que j’allais bientôt me battre au Mexique, mais avec tout ce qui se passe, je restais sur mes gardes pour la date précise, partage la boxeuse. Quand c’est devenu réalité, j’étais vraiment contente. Je suis prête.»

En vérité, l’athlète de 24 ans est d’attaque depuis plusieurs mois déjà. Malheureusement, la pandémie de COVID-19 est venu jouer les trouble-fêtes et le virus a fait dérailler ses plans à elle aussi.  

Victorieuse de ses premiers combats, dont le dernier remonte à février contre la Tchèque Tereza Dvorakova, Leïla Beaudoin devait se battre en mars, pratiquement au moment même où les sports professionnels ont dû cesser leurs activités. Dans le plan initial, elle aurait pu aussi monter sur le ring en mai, juin, juillet et aout, si bien qu’elle aurait aujourd’hui bon nombre de combats à son actif. 

«Camille voulait me faire boxer pratiquement tous les mois. Le but, c’était entre 8 et 10 combats cette année», raconte-t-elle. 

Les choses ne se sont cependant pas déroulées ainsi. Une nouvelle embûche dans le parcours de l’athlète qui n’a pas manqué, du moins au début - et c'est tout à fait normal -, de soulever de la déception et de la colère.

«J’ai surmonté des épreuves impossibles par le passé. Là, j’avais une belle année, ça allait bien, toute ma vie se plaçait et je me suis demandé pourquoi j’avais encore des bâtons dans les roues», partage-t-elle. 

«De me dire que j’aurais été rendue à un autre stade, à une autre niveau dans ma boxe, ça m’a fait de quoi. J’ai des buts dans ma vie, des objectifs établis. Que ce soit retardé, ça m’a fait de la peine.»

Mais au-delà des sentiments négatifs, il y a surtout eu, dans cette histoire, une bonne dose de résilience. Boxe ou non, Leïla Beaudoin est une battante et elle a décidé de regarder vers l’avant. Elle mentionne aussi avoir eu beaucoup de support des membres de son équipe, un groupe «soudé», envers qui elle est très reconnaissante. 

«Je suis une personne positive. J’ai décidé de ne pas m’apitoyer sur mon sort et d’en tirer le bon. Je me dis que si ce n’était pas arrivé, je n’aurais pas eu l’occasion de pratiquer ma défensive à ce point-là, de peaufiner des détails et d’améliorer plusieurs aspects de ma boxe […] Je crois que ç’a fait de moi une meilleure boxeuse aujourd’hui», souligne-t-elle. 

C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme et même un brin d’impatience qu’elle s’est envolé pour Mexico City. Une étape importante qui pourrait être le début d’une série de succès attendue pour la Témiscouataine qui vise une première ceinture nord-américaine dans un avenir rapproché. 

«J'attends ça depuis huit ou neuf mois. Je suis rendu là, ça presse», lance la boxeuse, le sourire dans la voix. «Ça repart enfin et je compte poursuivre ma lancée. Ce qui vient après, on verra. J’ai des buts et on a un plan. On va essayer de faire en sorte que ça va fonctionner, d’atteindre nos objectifs», ajoute-t-elle.

Le 7 novembre, Leïla Beaudoin montera sur le ring de la même façon qu’elle le ferait lors d’un combat de championnat du monde. À 200 %. À ce moment, elle compte bien faire en sorte que rien ne puisse l’arrêter. 

 

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