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18 septembre 2020 - 15:59 | Mis à jour : 18:53

«L’humain étant ce qu’il est, l’émotion a pris le dessus»

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

L’entraineur-chef des Braves Batitech du Témiscouata, Francis Landry, ne se cache pas la tête dans le sable. Certains gestes posés lors des célébrations d’après-match, mercredi soir au Parc des Braves, étaient inappropriés dans le contexte actuel de pandémie. Reste qu’ils ont été commis par des «humains», au terme d’une saison unique en tout point, a-t-il rappelé.   

Vingt-quatre heures après que les images de la victoire des Braves aux mains du Bérubé GM de Trois-Pistoles aient alimenté les bulletins nationaux et fait le tour du Québec, le pilote témiscoutain n’a pas cherché les excuses. Il a toutefois bien voulu tenter d'expliquer le comportement de ses joueurs.

Quand le lanceur vedette Dany Paradis-Giroux a effectué le dernier retrait au bâton, confirmant la première victoire de l’équipe en finale des séries éliminatoires depuis 2007, les joueurs n’ont pas pu se retenir. Ils se sont sautés dans les bras «instinctivement» et ils se sont enlacés. 

Ils ont par la suite décidé, comme le veut la tradition, de donner la main à leurs rivaux des Basques. Un signe de respect, se sont-ils dit, pour la lutte partagée au cours des jours précédents. 

«C’est arrivé comme ça, le temps de quelques secondes», a concédé Francis Landry, jeudi, en parlant de l’attroupement de joueurs sur le monticule en fin de match. Un moment filmé par les caméras présentes au stade. 

«Les gars ont été respectueux [des consignes sanitaires] tout au long de la rencontre et de la saison. Vraiment, ils ont été exceptionnels. Mais en remportant le championnat, l’émotion a pris le dessus sur la raison. Ils se sont rassemblés comme une grande famille.»

Il faut dire que l’histoire des Braves Batitech du Témiscouata est particulière, cette année. Francis Landry précise que ce sont les joueurs qui ont assuré la survie du baseball senior au Témiscouata durant la saison estivale. N’eût été de l’intervention des leaders comme Dany Paradis-Giroux et Félix Castonguay, il n’y avait pas d’équipe…ni un premier championnat en 13 ans. 

«Sans l’implication des joueurs, leur dévouement, il n’y pas de saison. Tout ça est remonté quand on a remporté le match», a-t-il évoqué. 

GESTES MALHEUREUX

Selon l’entraineur, le non-respect de la distanciation physique, en fin de match, assombrit aujourd’hui plusieurs semaines d’efforts effectués afin de respecter les consignes sanitaires. À quelque part, les accolades mettent aussi de l’ombre sur un championnat sportif durement remporté et des honneurs mérités. 

«Toute la saison, sur la route comme à domicile, c’était une priorité pour nous de respecter les normes de Baseball Québec. Nous avions les chaises à l’extérieur de l’abri des joueurs pour assurer la distanciation, on soulevait nos casquettes pour célébrer nos bons coups, on gérait nos propres balles et on avait du désinfectant», énumère-t-il. 

«Mercredi soir, les gars ont voulu se donner la main et ils se sont mis du désinfectant par la suite. Ils ont aussi tous porté le masque pour le rassemblement de la photo officielle», poursuit-il, précisant que les joueurs des Braves avaient été avertis de respecter les mesures sanitaires en cas de victoire.

«Je n’excuse pas et je ne défends pas ce qui a été fait, loin de là, mais je trouve malheureux de voir aujourd’hui qu’un 30 secondes vienne ternir tous les efforts qu’on a mis ces dernières semaines. Personne ne voulait défier la santé publique.»

«GESTES IRRESPONSABLES»

Le lendemain des événements, le CISSS du Bas-Saint-Laurent a qualifié les gestes d’irresponsables dans le contexte d’éclosion de cas de COVID-19 sur le territoire. Ceux-ci se sont aussi produits au lendemain du rehaussement du palier d'alerte de la région et de plusieurs appels à la vigilance du directeur de la santé publique.

Le CISSS a indiqué que les poignées de mains, les accolades, ainsi que le partage de consommations, étaient tous des gestes qui vont à l'encontre des mesures sanitaires visant à freiner la transmission du virus. La Sûreté du Québec procèderait d’ailleurs à des vérifications à ce sujet. 

«Nous souhaitons rappeler que nous avons tous une responsabilité à prendre afin de freiner la propagation du virus», a déclaré Ariane Doucet-Michaud, conseillère-cadre aux communications stratégiques à la présidence-direction générale et relations avec les médias. «Nous invitons les associations sportives à rehausser leur vigilance ainsi qu'à apporter les correctifs qui s'imposent.»

Francis Landry a déjà passé le mot. Dans une discussion avec Maxime Lamarche, président de Baseball Québec, il a souhaité que les faux-pas commis cette semaine au Témiscouata servent d’exemple et contribuent à éliminer les chances que ça se reproduise ailleurs, dans d’autres ligues. 

 

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