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13 août 2020 - 12:16 | Mis à jour : 13:56

De Percé à Montréal à la course : Joan Roch poussé par toute une communauté de coureurs 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Cette année, plusieurs voyageurs ont fait la route entre Montréal et Percé afin de profiter de leurs vacances estivales. L’ultra marathonien, Joan Roch, a décidé de faire l’inverse…à la course (et en sandales!). Un projet monstre, mais aussi inspirant, qui rassemble actuellement toute une communauté d’athlètes sur près de 1100 kilomètres. 

L'homme de 46 ans était de passage à Rivière-du-Loup, ce jeudi 13 aout. Il venait d’y passer la nuit après un périple de 71,2 km en provenance de Saint-Simon-de-Rimouski. Une distance qu’il a parcourue en 8 heures et 39 minutes. 

Rencontré en matinée, l’athlète se tenait fièrement debout, sourire aux lèvres et prêt pour une nouvelle journée. «Considérant la distance parcourue, ça va. Mais j’ai des douleurs spectaculaires, qui font peur même parfois, puisqu’elles sont assez intenses, mais ça va», lance-t-il. 

Joan Roch a quitté Percé le 4 aout en direction du sommet du mont Royal, à Montréal. En sol louperivois, il avait déjà parcouru plus de 650 km, soit plus de la moitié souhaitée. 

Depuis quelques jours, il affronte une chaleur étouffante et une blessure à la jambe (qui ne l’empêche toutefois pas de courir). Il raconte aussi avoir découvert, bien malgré lui, que l’Est-du-Québec ne possède pas un relief totalement plat.

«Je suis parti sur un coup de tête, environ deux semaines après avoir eu cette idée. Je ne savais pas à quoi ressemblait la Gaspésie sur le terrain, je suis parti sans être renseigné. Pour moi, suivre le fleuve, ça allait être plat [...] C’était une grave erreur, que je paye toujours d’ailleurs au niveau des douleurs», raconte-t-il en riant. 

POUSSÉ PAR LE GROUPE

Malgré les difficultés, Joan Roch garde le moral. Il y a le fleuve et ses beautés, évidemment, pour le pousser à continuer. Mais il y a surtout les encouragements et le support de la communauté de la course québécoise. 

Depuis son départ de la Gaspésie, plusieurs dizaines d’athlètes de tous les niveaux, et de tous les âges, l’ont accompagné sur sa route. D’autres personnes motivées se sont même portées volontaires pour voyager son sac et ses provisions, pour l'accompagner, en voiture. 

Dans le secteur de Cacouna, hier soir, il a pu compter sur la présence d’une dizaine de coureurs de la région, «le plus grand groupe jusqu’à présent». 

«Le fait d’être accompagné change absolument tout pour moi. Et je ne le dis pas par politesse, ça fait une différence monumentale dans mon humeur et dans les douleurs que je ressens ou que j’oublie», partage-t-il.

Le projet audacieux de Joan Roch s’est propagé rapidement dans le milieu de la course à pied. À un point tel que l’athlète n’est plus en mesure de gérer lui-même les centaines de messages qui lui sont envoyés quotidiennement. Quelque part, si ce n'était pas déjà fait, il est devenu une source d’inspiration pour plusieurs. 

«C’est assez symbolique, je crois, de suivre l’eau, la côte. C’est facile à comprendre […] Une chaine humaine m’accompagne depuis quasiment le tout début et c’est formidable.»

«Certaines personnes me consacrent une journée ou deux. Les gens font des détours ou même de la route pour venir courir des kilomètres avec moi. Ils le font de bon cœur, ils s’offrent et je trouve ça vraiment touchant. Je suis même parfois gêné.»

Avant d’entreprendre son périple de 1100 kilomètres, Joan Roch avait prévu participer à trois courses de plus de 330 kilomètres chacune, d’ici le mois d’octobre. Un grand défi en a donc remplacé un autre.

Chose certaine, il retirera beaucoup de cette aventure. Et pas seulement le matériel pour un deuxième livre sur lequel celui qui est aussi auteur et photographe travaille. 

 

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