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18 mars 2020 - 14:14 | Mis à jour : 14:18

Une aventure unique jusqu’au bout pour Roxanne Rioux au Kazakhstan

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Lorsqu’elle avait annoncé son intention d’aller jouer au hockey au Kazakhstan, cet été, Roxanne Rioux s’attendait à vivre une nouvelle expérience, une aventure unique. Quelques mois plus tard, elle réalise qu’elle n’aurait pu mieux dire.

Alors que le quotidien des Québécois et Québécoise est actuellement chamboulé en raison de la pandémie de la COVID-19, celui de Roxanne l’est tout autant… mais à près de 10 000 km de la maison. 

L’athlète de 26 ans, originaire de Saint-Jean-de-Dieu, est toujours à Almaty au Kazakhstan. Son retour au pays a été bouleversé par des mesures de protection du gouvernement kazakh. Dans moins de 24 h, heure du Québec, elle sera confinée à son appartement avec deux coéquipières canadiennes. 

«Je pensais partir à la fin mars ou au début avril. Mais il y a trois jours, ils ont fermé les frontières, et ce jusqu’au 15 avril donc je vais sûrement pouvoir revenir seulement à la fin du mois prochain ou au début mai», raconte-t-elle dans le cadre d’une conversation sur les réseaux sociaux. 

«Jusqu’ici, on n’avait aucune restriction particulière, mais hier, on a appris que la ville tombait en quarantaine le 19 [mars], donc on doit rester dans nos appartements pour les deux prochaines semaines.» 

La pandémie est prise au sérieux là-bas aussi. Au moment d’écrire ces lignes, une trentaine de cas avaient été comptabilisés dans les deux plus grandes villes du pays, dont fait partie Almaty. Et le gouvernement kazakh prend les grands moyens pour restreindre la propagation. La ville sera divisée en secteurs et des postes de contrôle seront établis pour gérer les déplacements piétonniers et automobiles. 

Les magasins et les centres commerciaux seront également fermés. Seules les épiceries et les pharmacies resteront accessibles. Heureusement pour Roxanne et ses coéquipières, les dirigeants de l’équipe s’occupent des athlètes et s’assurent qu’elles ne manquent de rien. Des contacts avec un médecin sont aussi très réguliers. 

HOCKEY 

Évidemment, le quotidien de l’attaquante a changé drastiquement au cours des derniers jours. Il y a quelques semaines à peine, ses coéquipières et elle voyageaient à travers l’Europe pour disputer des matchs de hockey dans la Elite Women's Hockey League (EWHL). Un championnat dans lequel son équipe a d’ailleurs très bien performé, puisqu’elle y a remporté une médaille de bronze. Un objet qui rappellera sans doute un jour autant de souvenirs que son passeport. 

«C’était toute qu’une expérience! En plus de voyager dans certaines des plus belles villes de l’Europe comme Vienne, Budapest, Salzbourg et Copenhague, je passais tout mon temps avec des personnes qui ont une culture complètement différente de la nôtre», partage-t-elle.  

Sur le plan hockey, les contrastes sont aussi marqués, note Roxanne. «La game est VRAIMENT différente», écrit-elle. «On joue beaucoup plus physique [en Amérique du Nord] et nous sommes beaucoup plus fortes, autant physiquement qu’au point de vue des habiletés. Ça fait une grosse différence. Leurs systèmes de jeu sont aussi beaucoup moins avancés; ils jouent encore des systèmes qui étaient utilisés il y a 10 ans au Canada.»

On comprend alors rapidement pourquoi les meilleures équipes du pays – et même l’équipe nationale - font appel à des joueuses étrangères. Lors du championnat national, l’équipe d’Almaty a complètement dominé la compétition. Roxanne a aussi aidé sa formation à remporter l’or, accumulant les points à une vitesse fulgurante. 

«Lors du championnat kazakh, ce sont des Canadiennes qui ont gagné les titres pour la meilleure défenseure et la meilleure gardienne du tournoi. Personnellement, j’ai réussi à récolter 28 points en 8 matchs, donc je pense qu’on a quand même eu un gros impact», partage l’ex-membre des Gee-Gees de l’Université d’Ottawa. 

Sur le plan personnel, Roxanne Rioux explique également que la présence de coéquipières canadiennes a été un plus pour faciliter l’adaptation et pour avoir des gens sur qui compter quand elle souhaitait s’échapper un peu «de [son] quotidien russe». 

Notons que Roxanne Rioux est présentement au cœur du processus administratif lui permettant d’obtenir la citoyenneté kazakhstanaise. Elle espère aider le pays à se qualifier aux prochains Jeux olympiques d’hiver.

 

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