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21 février 2020 - 06:52

Une ascension qui fait vivre toutes sortes d’émotions

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

«Continue, tu y es presque!». Les yeux fixant le haut de l’immense paroi de glace dorée qui accueille bon nombre de grimpeurs en ce samedi 15 février, Félix-Antoine Pilote multiplie les encouragements, le sourire géant. Le jeune homme assiste à la première grande montée de sa copine Naomie Plourde en escalade de glace. Un exploit dont il n’est pas peu fier. 

Le ciel est bleu, le soleil est puissant, mais le mercure frappe néanmoins dans les 12 degrés sous zéro en ce début d’après-midi du mois de février. Une journée froide, certes, mais pas assez pour refroidir les ardeurs des dizaines d’amateurs d’escalade qui se sont donné rendez-vous au parc des Chutes de Rivière-du-Loup dans le cadre du 8e Festival Grimpe en Ville. 

Parmi eux, Félix-Antoine et Naomie, un jeune couple de Québec. Le premier pratique l’escalade de roche et de glace depuis quelques années déjà. La seconde, initiée par son copain, découvre le sport tranquillement, un coup de piolet à la fois. 

«C’est ma deuxième année à Rivière-du-Loup, mais la toute première pour Naomie», raconte Félix-Antoine, dont la barbe parsemée de givre trahit la température au pied des chutes de Rivière-du-Loup. «C’est sa première grande montée et je suis vraiment content pour elle.»

Ils sont nombreux, plus d’une centaine pour être exact, à avoir fait la route jusqu’à Rivière-du-Loup pour faire partie de ce festival dont la réputation n’est plus à faire, du 14 au 16 février. Plusieurs venaient de l’ouest de la province, alors que d’autres arrivaient du côté opposé. La route de chacun, cela dit, culminait au centre-ville louperivois pour une fin de semaine de plaisir entre passionnés. 

Samedi, en début d’après-midi, plusieurs des 18 voies d’escalade disponibles, les plus faciles, comme les plus exigeantes, étaient testées. Naomie était dans l’une d’entre elles, à plus de 40 mètres d’altitude. Elle en est redescendue fière, mais aussi impressionnée…d’elle-même, évidemment, tout comme de cet endroit un peu mythique dans le monde de l’escalade de glace au Québec. 

«C’était seulement ma 2e montée. J’avais froid, mais je me suis dit que ça allait me réchauffer alors j’y suis allée!», confie la grimpeuse de 19 ans, à peine revenue au sol. «Je me suis concentrée pour donner un coup de piolet à la fois, ne pas trop serrer les mains, puis j’ai réussi à me rendre tout en haut! Pour vrai, je ne m’attendais pas à ça, mais je suis très heureuse. Je pense que j’ai eu la piqûre; c’est mon copain qui va être content», poursuit-elle en riant. 

Grimpe en ville, c’est ce savant mélange entre habitués et jeunes initiés de l’escalade de glace. Ici, les participants partagent tout : les conseils, les rires et cette fameuse volonté de vouloir se dépasser. 

«Quand Naomie est arrivée, elle a été un peu surprise de constater à quel point la paroi était grande et belle. Elle avait vu des photos, mais c’est autre chose d’être ici. C’est même un peu intimidant. En même temps, c’est vraiment un bel endroit, c’est très esthétique et ça te donne le goût de repousser tes limites», confirme Félix-Antoine, 20 ans. 

«Et la glace est tellement belle! C’est en grimpant que je l’ai vraiment réalisé. En plus, aujourd’hui, je trouve que c’est intéressant pour commencer parce que le piolet se pique facilement et il tient bien», a complété Naomie, toujours le sourire accroché aux lèvres. 

COMMUNAUTÉ 

Tous les deux s’entendent pour dire que le festival Grimpe en Ville est à la fois unique et fantastique. Ils le diront d’ailleurs à qui veut l’entendre et non seulement au scribe devant eux.

«J’ai découvert le festival ici l’an dernier et j’ai trouvé ça vraiment exceptionnel. Il y a toute une communauté de grimpeurs qui vient année après année. On crée des liens, on se revoit et on est tous super contents […] Il y a aussi un partage avec les autres et c’est vrai que ça rapproche beaucoup les gens de grimper dans des conditions comme celles-ci», explique Félix-Antoine en montrant les falaises de glace.  

Naomie est du même avis. «J’aime tellement ça. L’ambiance est super cool. On se fait des amis rapidement. C’est vraiment un bel événement. Pour moi, c’est déjà devenu un incontournable.»

Au parc des Chutes de Rivière-du-Loup, cette fin de semaine, la seule chose qui était artificielle était ironiquement l’immense paroi de glace qui est réalisée grâce à un système d’englacement. Les amitiés et les émotions qui y ont été vécues étaient bien réelles. C’est pourquoi, tout comme Félix-Antoine et Naomie, plusieurs dizaines d’amateurs d’escalade seront de retour l’an prochain.  

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SITE UNIQUE, AMBIANCE FESTIVE

Depuis maintenant quelques années, le Festival Grimpe en Ville accueille une centaine de grimpeurs venus d’un peu partout au Québec. Ils sont évidemment attirés par la beauté du site et sa proximité avec le centre-ville, mais aussi par l’ambiance festive et la fraternité entre grimpeurs qu’on y retrouve. 

Preuve que Félix-Antoine Pilote et Naomie Plourde ne mentaient pas, lorsqu’ils disaient que la formule conviviale et rassembleuse du festival faisait également son charme, c’est la première réponse qui a été obtenue lors de la réalisation d’un sondage non scientifique au bas des chutes de Rivière-du-Loup, samedi. 

Pourquoi avoir fait la route? «Pour l’ambiance!», a lancé Marc-Alexandre Girard qui s’apprête à entamer une ascension. «Même chose pour moi. On aime le sport, mais l’aspect social est vraiment le fun ici», a poursuivi son ami Samuel Lepage.

Les deux compatriotes de Québec n’en sont pas à leur première expérience à Rivière-du-Loup et ce ne sera sans doute pas la dernière. «Il y a un peu moins de glace cette année, elle est plus cassante aussi en raison de la température, mais on a toujours du plaisir. C’est un beau site, facile d’approche, alors c’est difficile de demander mieux», ont-ils souligné d’une voix commune. 

Non seulement le festival Grimpe en Ville offre-t-il l’opportunité de tester ses habiletés sur des voies d’escalade de différents niveaux, il permet aussi aux participants d’assister à des conférences et des ateliers divers. Un aspect qui est aussi fort apprécié par les grimpeurs. 

«Chaque année, on remarque qu’il y a beaucoup de nouveaux grimpeurs et c’est stimulant de les voir vouloir s’informer et apprendre comme ils le font […] C’est un coup de maitre d’avoir permis la réalisation de la paroi et d’organiser chaque année un grand rassemblement comme celui-ci. Chapeau à toute l’équipe!», a partagé André Laperrière, dont le nom n’est plus à faire dans le monde de l’escalade au Québec. 

La tenue d’un 9e évènement l’an prochain repose sur la participation des bénévoles, mais pour le moment, tout indique que l’expérience de Grimpe en Ville sera de retour.

 

 

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