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Cinquante ans de loyaux services et une relève à planifier

durée 9 février 2024 | 06h56
  • François Drouin
    Par François Drouin

    Directeur de l'information, journaliste

    Dans les prochains jours, Info Dimanche vous présente les témoignages de quatre septuagénaires qui comptent plus de 50 ans de services au sein de leur entreprise et qui sont toujours actifs. Ils sont deux propriétaires de commerce et deux travailleurs expérimentés. Quatre histoires qui se rejoignent toutes autour de la passion, mais qui représentent à leur façon les enjeux de la relève.

    «C'est exceptionnel des 50 ans. Il y a en même surement plus qu'on pense. Quand on regarde les nouvelles générations et la forte demande en mains-d'œuvre, c’est quelque chose qu'on ne reverra pas, ou du moins beaucoup moins», répond d'emblée la directrice générale du Centre local de développement de la région de Rivière-du-Loup, Marie-Josée Huot.

    Ces travailleurs ont débuté leur carrière avant l'arrivée de l'ordinateur et de toutes les avancées technologiques qui ont suivi. À n’en pas douter, ils ont eu à développer une faculté d'adaptation extraordinaire.

    «C'est grandiose comme capacité, une chance qu'on les avait. En 2024, quand on regarde tout ce qui bouge... C'est gros ce qui s'en vient. En demeurant en place pendant aussi longtemps, ils ont assuré une certaine continuité. Cette richesse est importante», souligne Mme Huot.

    La gestionnaire, qui ne s’est pas prononcée sur les cas précis de nos quatre travailleurs, se dit convaincue, malgré le changement de valeur chez les dernières générations, qu'on retrouvera des gens qui s'engageront et demeureront à long terme dans une organisation. Autant et de façon aussi dédiée ? Sans doute pas.

    Aujourd’hui, 10 ou 20 ans, c’est comme 50 ans à l’époque - Marie-Josée Huot

    «Collectivement, on doit réaliser qu'il s'agit d'une plus-value. Individuellement, je comprends, mais dans le collectif, socialement c'est intéressant. Ça apporte une stabilité, sinon, on recommence tout le temps et ça a un cout pour l'organisation et l'entreprise. C'est essoufflant aussi.»

    Plusieurs entreprises n’hésitent plus à déployer des moyens parfois importants afin de mettre sur place une série d’initiatives et de programmes visant à favoriser la rétention des employés. Mais au-delà de la rétention, il y a aussi l’autre grand enjeu, soit le recrutement et la préparation de la relève.

    LA RELÈVE

    C’est le défi d’aujourd’hui, souligne Mme Huot. Un gestionnaire ou un travailleur qui accumule 50 ans, c’est une éminence grise, mais il est impératif de penser à l’après. «C’est un savoir énorme qui doit se transmettre, et c’est dans tous les domaines. Le défi c’est non seulement de conserver les personnes clés, mais c’est de préparer ce transfert de connaissance. L’Université du Québec à Rimouski a même travaillé sur des modèles [de transferts]», poursuit la directrice générale.

    Le CLD est au cœur même de plusieurs plans de relève. «Certains vont même y travailler 10 ans à l’avance. Ça ne se fait pas les six derniers mois. Les chanceux l’identifieront à l’interne [parmi la famille ou l’équipe], et au fil des ans, ils l’intègreront. Le transfert de connaissance se fait, jusqu’au jour où toutes les conditions sont réunies.»

    Il existe différents types de relève, elle peut être totale ou encore transitoire. Marie-Josée Huot insiste, la clé du succès pour permettre à la relève de connaitre du succès est de la préparer et de la planifier. «On ne s’en sort pas. Tous ces éléments-là se trouvent interconnectés. Tu dois trouver ta recette à toi.»

    SECTEURS D’AVENIR

    Questionnée sur la relève qui peut se faire rare selon les secteurs, lesquels justement sont porteurs, quels sont les secteurs d’avenir ? Marie-Josée Huot se penche vers son interlocuteur et lui répond par une question. «Qu’est-ce qu’un secteur d’avenir ? On avait la même question il y a 30 ou 40 ans. Les gens nous demandaient une liste d’opportunité. L’opportunité tu la crées selon tes compétences à toi, selon ton expérience. Ton opportunité à toi va être différente de celle d’à côté. Il peut y avoir celles d’entreprises à vendre, mais l’opportunité tu peux juste te la créer. Un entrepreneur qui réussit versus un qui ne réussit pas, c’est qu’il n’est peut-être pas sur son «X». Un secteur d’avenir peut aussi être dans les services de base et pas seulement dans les secteurs d’activités de croissance économique», répond-elle.

    Avant tout, précise la directrice générale, les secteurs d’avenir vont être à la couleur du dynamisme de la région. La nôtre est marquée par l’environnement, le développement technologique, notamment avec l’arrivée des Halles d’innovation et de formation avancée (HIFA). Marie-Josée Huot rappelle que ce qui teinte notre économie, ce sont justement ces acteurs, comprendre ici, les entrepreneurs.

    La région peut être citée en exemple pour son dynamisme, son développement, mais elle l’est aussi en matière de relève. Les histoires à succès, souvent familiales, sont légion au KRTB. Il suffit de penser aux entreprises Premier Tech, Berger, Morneau, Lepage Millwork, Aliments ASTA, et aussi Soucy Industriel. Toutes ces histoires ont un déterminant commun, la préparation et l’intégration de la relève.

    Quant à ces quatre septuagénaires dont vous vous apprêtez à lire les histoires, ils sont la démonstration éloquente que pour durer, il faut avoir le sentiment profond d’être à sa place, sur ce fameux «X».

     

     

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