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23 juillet 2018 - 14:20

Assurance récolte : les agriculteurs se croisent les doigts

Hugues Albert

Par Hugues Albert, Journaliste

La Financière agricole du Québec présentait la semaine dernière son bilan de mi-saison en assurance récolte pour le Bas-Saint-Laurent. Ce bilan décrit les conditions climatiques et leurs effets sur les cultures produites. Il fait également le point sur l’état des cultures vivaces, des ruches, de l’ensemencement et du développement des cultures annuelles, ainsi que sur le déroulement des premières récoltes.

En date du 3 juillet dernier, on observait que les conditions climatiques hivernales avaient été relativement favorables à la survie des abeilles et des plantes pérennes, mais des champs ou des parties de champs avaient été affectés par le gel hivernal. Les températures printanières défavorables à la production acéricole ont fait en sorte que plus de 95 % de la clientèle assurée a signalé des pertes importantes. Les semis ont été réalisés avec de bonnes conditions de sol, dans l’ensemble. La germination et la croissance des plantes ont été ralenties par le manque de précipitations et de chaleur. On a assisté à un début de la récolte de fourrage avec environ une semaine de retard et à une baisse de rendement anticipée de la première fauche. Les conditions climatiques ont aussi été défavorables à la croissance des autres productions, dont les pommes de terre.

On prie pour qu’il pleuve !

Les producteurs agricoles de la région ne sont pas très optimistes quant à la saison de récolte fourragère et céréalière. Même que plusieurs s’inquiètent des résultats à venir. Ils prient pour qu’il pleuve. Leurs prières seront-elles exaucées ? Dame Nature a la réponse.

André Lajoie, producteur laitier sur Fraserville à Rivière-du-Loup, indique que l’été en cours est encore plus sec que l’année dernière. « Dans mon cas, c’est pas pire mais il faut que la situation se redresse. On vit d’espoir. Ma première coupe a été à 80 % d’une année normale. Mais pour l’automne, je prévois que le maïs à ensilage va en arracher. On voit des champs de céréales qui sont en difficulté. Les terres basses vont bien mais en certains endroits, ça coupe de moitié. Sur des terres sablonneuses comme sur Fraserville, c’est plus difficile. »

Bernard Beaulieu, de Saint-Honoré, explique que les rendements ne sont pas au rendez-vous. « Le temps froid et le manque de pluie ont tout remis en cause. Il a plu une première fois vers le 20 juin. La première coupe a été retardée de deux semaines et elle a été effectuée dans les premiers jours de juillet. Il n’y aura pas de deuxième coupe », craint ce producteur qui conclut en affirmant que c’est une mauvaise saison de toute façon. Trop froid au printemps et trop sec à l’été.

Francis April, producteur laitier à Saint-Clément, analyse la situation et son constat se résume en deux mots : pas terrible ! « C’est différent d’une ferme à l’autre. La première coupe a été dans la moyenne mais la sécheresse entrave la deuxième et s’il ne pleut pas pour la peine, ce sera catastrophique. Nous risquons d’être vraiment dans le trouble. Le maïs à ensilage et les céréales vont avoir besoin d’eau. Nous vivons une deuxième année de sécheresse de suite, ce qui n’est pas normal. Je n’ai plus de réserve de foin. L’an passé, j’avais mes 300 bales de réserve. C’est inquiétant. Certains producteurs sèment du « soudan », une plante qui vient de pays arides. Je l’ai expérimenté l’an dernier et ça n’a rien donné. »

Francis April illustre ses craintes en ces mots : entre un chèque d’assurance-récolte et une grange pleine de foin, le choix n’est pas difficile, c’est le foin ! »

 

 

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