X
Rechercher
Nous joindre
Publicité

Transport ferroviaire : des exigences contraignantes pour les petites municipalités

durée 20 novembre 2024 | 06h57
  • Lydia Barnabé-Roy
    Par Lydia Barnabé-Roy

    Journaliste de l'Initiative de journalisme local

    Les élus du Bas-Saint-Laurent s’inquiètent du développement de leurs municipalités. Les nouvelles orientations gouvernementales en aménagement du territoire (OGAT) concernant le transport ferroviaire sont «contraignantes» selon le vice-président de la Table régionale des élu.es municipaux (TREMBSL), Philippe Guilbert. Ces mesures pourraient mettre en péril des projets domiciliaires prévus à Trois-Pistoles.

    Le nouveau cadre normatif, qui vise à atténuer les nuisances et à réduire les risques d’origine anthropique relatifs à certains types de transport, interdit les nouvelles constructions (résidences, écoles, hôpitaux, maisons des ainés, etc), à moins de 300 mètres des voies ferrées et à 1 000 mètres d’une gare de triage. 

    «Ce serait très très néfaste pour notre développement parce que l’on parle de densifier le résidentiel. On est en crise du logement, et là on vient nous imposer cette disposition-là! C’est très très contreproductif, soulève M. Guilbert, qui est aussi maire de Trois-Pistoles. «L’espace que ça prend, c’est énorme!», ajoute-t-il en mentionnant que cela représente plus que le tiers de sa Ville. 

    L’alternative vers laquelle les municipalités peuvent se tourner est la mise en place de mesures d’atténuation de bruit et des vibrations. Or, cette option vient augmenter les couts de construction, et aussi diminuer la valeur des bâtiments existants dans les zones touchées, indique Philippe Guilbert. «Au final, c’est très dissuasif, surtout dans des municipalités comme Trois-Pistoles où les couts de construction sont les mêmes que partout, sauf que la valeur est moindre».

    Les élus s’expliquent mal ces nouvelles normes et la rapidité de leur entrée en vigueur, prévue le 1er décembre. «C’est étrange […] Ce sont vraiment des mesures de confort. S’il faut atténuer le bruit et les vibrations, ce n’est pas une question de sécurité publique», soutient le vice-président de la TREMBSL. Ils ne comprennent pas pourquoi les municipalités n’ont pas été consultées. 

    À Trois-Pistoles, un projet de développement résidentiel pourrait être en péril, si le gouvernement ne revient pas sur ces nouvelles mesures. Les élus du Bas-Saint-Laurent demandent donc à Québec un moratoire ainsi que le rétrécissement de la zone d’interdiction.

    MANQUE D’INFORMATION

    Ailleurs dans le KRTB, les impacts ne sont pas aussi grands qu’à Trois-Pistoles, mais ils préoccupent tout de même les élus de certaines municipalités. Le maire de Rivière-du-Loup, Mario Bastille, s’interroge sur les modalités des OGAT en cas d’incendies ou de sinistres. «Les propriétaires auront-ils des droits acquis pour se reconstruire?», se questionne-t-il. «L’intention du gouvernement était bonne, mais quand on vient pour l’appliquer, c’est autre chose», croit-il.

    Même son de cloche du côté du maire de Rivière-Bleue Claude H. Pelletier. Cette municipalité du Témiscouata est traversée par un chemin de fer. Il déplore le manque d’information entourant ces nouvelles OGAT. «À tout vouloir prévoir, est-ce que l’on va se tirer dans le pied?», se demande-t-il.

    Info Dimanche a contacté le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation pour avoir des précisions au sujet des droits acquis. Dans le cas d’un agrandissement, des mesures d’atténuation doivent être envisagées en vertu du nouveau cadre normatif. Dans le cas d’un sinistre ou d’un incendie, une maison pourrait être reconstruite. Toutefois, les critères de performance de la résidence devront respecter les niveaux sonores extérieur et intérieur et de vibrations des OGAT.

    commentairesCommentaires

    0

    Publicité

    RECOMMANDÉS POUR VOUS


    Publié à 14h33

    Les Clubs 50+ dénoncent l’abandon des aînés

    Devant la fin du programme RénoRégion, qui a pour but d’aider financièrement les propriétaires-occupants à revenu faible qui vivent en milieu rural à faire effectuer des travaux pour corriger les défectuosités majeures que présente leur résidence, les Clubs 50+ affiliés au Carrefour 50+ dénoncent du même coup l’abandon des aînés et plusieurs ...

    Publié à 14h22

    Les membres du SFPQ à la Sépaq votent en faveur de la grève générale illimitée

    Les travailleurs de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq), membres du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), se sont prononcés à 88.8 % pour exercer des moyens de pression lourds pouvant aller jusqu’au déclenchement d’une grève générale illimitée au moment opportun. Le parc national du ...

    Publié à 10h30

    De la théorie aux applications scientifiques concrètes avec le Projet Atomique 

    Les cours de sciences et technologies de quelques centaines d’élèves de deuxième secondaire se sont transposés dans les locaux du Cégep de Rivière-du-Loup, le temps d’une demi-journée, le 1er avril. L’objectif? Leur proposer du concret et leur faire voir les multiples avenues professionnelles liées à ces matières, au-delà du fameux tableau ...