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Solidarité envers les multiples visages de l’itinérance dans les Basques

durée 23 octobre 2024 | 06h59
  • Andréanne Lebel
    Par Andréanne Lebel

    journaliste

    La deuxième présentation de la Nuit des sans-abri à Trois-Pistoles a réuni plusieurs dizaines de personnes près de la Maison du notaire, qui ont démontré leur solidarité envers les personnes en situation d’itinérance et d’instabilité résidentielle. Un portrait composite et diversifié dont la progression est nourrie par l’effritement du filet social.

    Cette année, l’événement se déroulait le 18 octobre sous le thème «L’itinérance : 100 visages». Il s’agissait de la 35e Nuit des sans-abri dans la province. «Ça met en perspective le double-sens de la thématique. On essaie de combattre les préjugés et de sortir du visage folklorique qu’on peut imaginer d’une personne sans-abri. Dire qu’il n’y a aucun visage et qu’en même temps, il y en a plein, ça faisait vraiment beaucoup de sens avec ce qu’on voulait mettre de l’avant au Bas-Saint-Laurent et dans les Basques», explique le membre du comité d’organisation de la Nuit des sans-abri de Trois-Pistoles et coordonnateur de Repaires Bas-Saint-Laurent, François Desjardins.

    Diverses activités d’expression populaire (micro ouvert, peinture, messages) ont permis aux personnes participantes d’aborder les enjeux sociaux comme la crise du logement, qui propulse plusieurs ménages en situation d’itinérance. Un repas populaire était offert par Croc-Ensemble et la Maison le Puits était sur place avec sa friperie communautaire. Le film «Un toit un droit» a été projeté au cours de la soirée. La Nuit des sans-abri était aussi organisée au parc Blais de Rivière-du-Loup, le 18 octobre.

    RESSOURCE EN ITINÉRANCE

    Depuis 2023, le Réseau personnalisé d’aide à l’itinérance et aux référencements spécialisés (Repaires) du Bas-Saint-Laurent a mis en place deux appartements 2 ½ d’urgence tout inclus, où des personnes se trouvant dans des situations précaires peuvent se déposer un moment avec dignité pour assurer leurs besoins de base, s’organiser et s’outiller pour la suite.

    Repaires a répondu à une centaine de références. La crise du logement qui sévit actuellement complique par ailleurs les interventions. «C’est difficile de trouver des solutions concrètes. Souvent, en bricolant, on arrive à trouver quelque chose pour au moins sécuriser la personne», explique François Desjardins.

    Cette initiative offre de l’aide et de l’hébergement d’urgence à haut seul d’accessibilité. Elle compte aussi un service d’intervention spécialisée en itinérance. «Ce qu’on remarque, c’est qu’il y a énormément de violence à caractère sexuel envers les femmes. Il y a beaucoup de femmes victimes de ça qui finissent par être en instabilité résidentielle», précise M. Desjardins.

    À quatre reprises, Repaires est venu en aide à des familles avec des enfants. «Ça fait peur en fait. C’est vraiment important que les gens se rendent compte qu’il n’y jamais eu un seul visage de l’itinérance. Ces personnes-là sont de plus en plus visibles», ajoute le coordonnateur du réseau. La santé mentale qui se fragilise, une séparation, un sinistre, une perte d’emploi, un accident de voiture, la perte d’un être cher peuvent tous être des points de bascule qui conduisent quelqu’un vers une situation d’instabilité. À cela s’ajoutent la crise du logement et l’inflation des dernières années.

    «Les gens ont des profils hyper différents. De plus en plus, le filet social s’effrite énormément. Quand les gens rencontrent des difficultés, autant au niveau familial et amical, les gens s’appauvrissent autour d’eux. Ça devient difficile de pouvoir créer un filet de sécurité personnel», complète François Desjardins.

    Repaires projette l’ouverture d’un logement d’urgence à Rivière-du-Loup et d’un autre au Témiscouata à l’hiver 2025. Il est né de la concertation de Tandem-Jeunesse à La Pocatière et du Répit du Passant à Rimouski afin de combler un trou de services en itinérance dans la région du Bas-Saint-Laurent.

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