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Fibre optique : une connexion unique vers l’île Verte 

durée 2 juin 2024 | 06h53
  • Marc-Antoine Paquin
    Par Marc-Antoine Paquin

    Journaliste

    Avez-vous accès à Internet haute vitesse? La technologie est prise pour acquise dans plusieurs secteurs de la province, mais elle demeure toujours inaccessible dans certains recoins de la région. À Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, toutefois, ce sera bientôt chose du passé, puisque les résidences ont récemment été connectées à la fibre optique de Bell. Une nouveauté qui aura nécessité plusieurs années de travail et un chantier d’autant plus complexe. 

    Amener la fibre optique sur l’île Verte, c’est le défi qu’a relevé Bell Canada il y a quelques semaines. Le géant des télécommunications, entouré de plusieurs partenaires spécialisés, a réussi à connecter la municipalité insulaire grâce à un câble sous-marin. Une délicate opération qui s’est déroulée les 4 et 5 mai. 

    «Au Québec, c’est très très rare qu’on a l’occasion d’installer un câble sous-marin. Le dernier, ce n’était pas pour rallier une île, mais pour connecter des centres de données en Outaouais», a récemment souligné Pascal L’Heureux, ingénieur et gestionnaire principal du réseau accès pour Bell.

    «Pour relier un réseau fibre optique à la maison, du côté résidentiel et affaire, c’est la première fois au Québec. »

    Une trentaine de personnes ont participé à la toute dernière étape de ce grand projet qui s’est entamé en 2020. Concrètement, une barge munie d’une immense bobine a traversé les deux kilomètres séparant l’île et le continent, déroulant peu à peu le câble au fond de l’eau. Un plongeur et un puissant treuil mécanique ont également été mis à contribution afin d’y fixer les extrémités aux installations mises en place préalablement. 

    CONDITIONS ET CONTRAINTES

    Les conditions nécessaires à cette étape de quelques heures étaient toutefois nombreuses. Il y a un an, l’opération avait notamment dû être reportée, puisque les marées n’étaient pas optimales.  

    «L’an dernier, tout était en place. On avait le câble, les autorisations, les permis, mais la marée basse était trop haute pour permettre d’enfouir le câble de façon appropriée. On n’a pas pu en profiter», a expliqué M. L’Heureux, soulignant que Bell a reçu l’aide de IT Télécom, une entreprise spécialisée de la Nouvelle-Écosse, durant tout le processus. 

    «On est donc revenus cette année avec deux plages possibles en mai et en juin. Finalement, on a pris la première qui s’offrait à nous […] Nous sommes heureux d’avoir réussi.»

    Consultations des communautés locales, études marines et archéologiques, obtention des autorisations gouvernementales…les étapes nécessaires à la réalisation de ce projet d’envergure ont été très nombreuses. Les exigences techniques et environnementales à rencontrer l’ont été également. 

    Le 5 mai, des spécialistes de la firme WSP étaient notamment sur place afin de s’assurer que certaines espèces d’oiseaux comme le hibou des marais, le bécasseau maubèche ou le bruant de Nelson, n’étaient pas ennuyées par le chantier. Dans un tel cas, l’opération, tenue dans un milieu humide non loin de l’héliport de Cacouna, aurait été annulée. Au total, une cinquantaine d’espèces d’oiseaux ont été observées.

    Le béluga, de même que certaines autres espèces marines comme la mye commune, ont aussi fait l’objet d’étroits suivis. Heureusement, aucun problème n’est survenu. Tout s’est, semble-t-il, très bien déroulé et des inventaires (pour la mye) seront effectuées au cours des prochaines années. 

    Pascal L’Heureux précise que seule l’installation était susceptible de perturber l’environnement. Le câble lui-même, n’émettant pas d’ondes, n’aura aucun impact. N’empêche, rien n’a été laissé au hasard, tout était réglé au quart de tour. 

    UN PLUS À LA QUALITÉ DE VIE 

    Selon Bell, l’arrivée de la fibre optique permettra aux résidents de Notre-Dame-des-Sept-Douleurs de bénéficier des mêmes services et offres que leurs amis de la terre ferme. Le service Internet haute vitesse lui-même devrait être 120 fois plus rapide (trois gigabits) que ce qu’ils – pour la plupart – avaient à la maison, estime Bell. 

    «Ce sera un plus pour nos citoyens», a convenu la mairesse Louise Newbury. «Le fournisseur actuel [Xplornet] nous sert bien, mais c’est certains que différents facteurs comme le mauvais temps a un impact sur la vitesse obtenue.»

    Elle croit que les résidents seront nombreux à s’intéresser à la nouvelle offre. «Je reçois beaucoup de questions», a-t-elle confirmé. 

    Le service, pour ceux et celles qui le désir, devrait être officiellement accessible «d’ici l’été», si tout se passe pour le mieux. Cela est rendu possible par le fait que le réseau de distribution de 15 km, qui passe de maison en maison, a déjà été installé sur l’île en amont, en collaboration avec la Municipalité et les citoyens. Les couts de l’opération n’ont pas été dévoilés. 
     

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