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La Coop de solidarité santé Saint-Hubert se trouve dans une position précaire

durée 16 février 2024 | 06h59
  • Andréanne Lebel
    Par Andréanne Lebel

    journaliste

    Sans service de médecine familiale depuis janvier 2022, la Coop de solidarité santé Saint-Hubert envisage de mettre fin à ses activités si aucun assouplissement réglementaire n’est accordé pour permettre aux médecins moins expérimentés de pratiquer à temps plein dans une coopérative.

    «Nous avons un médecin qui dépanne une demi-journée aux deux semaines, mais c’est insuffisant […] Nous ne pouvons pas continuer de fonctionner plus qu’un an sans médecin de famille. Les gens paient une contribution annuelle pour avoir accès aux services. La raison d’être de la Coop, c’est d’offrir les services d’un médecin dans notre communauté», souligne la directrice générale, Josée Ouellet.

    Les médecins de moins de 15 ans de pratique doivent effectuer environ 12 heures d’activités médicales particulières par semaine ou l’équivalent en activités dans les secteurs prioritaires de leur région de pratique (par exemple à l’urgence, de la prise en charge en CLSC ou en GMF, en CHSLD). S’ils ne respectent pas cette condition, ils s’exposent à une réduction de 30 % de leur facturation au Régime de l’assurance-maladie du Québec. La Coop était en bris de service de médecine familiale depuis 2020, après le départ de Dre Viviane Hoduc. Un autre médecin voudrait venir travailler à Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup et s’installer en région, soutient Mme Ouellet.  

    «Nous ne sommes pas capables de l’accueillir en raison de conditions légales liées au permis de médecin facturant. Nous n’excluons pas la possibilité de le prendre en pratique privée, mais il faut aussi respecter la capacité de payer de nos membres», précise-t-elle. La Coop doit donc poursuivre sa réflexion et évaluer toutes les options.

    Des discussions de partenariat ont commencé en mai 2023 entre la Coop et le CISSS afin que deux infirmières praticiennes spécialisées (IPS) de première ligne assurent une présence régulière à Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup.

    Selon les informations transmises par le porte-parole du CISSS du Bas-Saint-Laurent, Gilles Turmel, les démarches se poursuivent pour trouver les IPS. Il affirme que le CISSS est toujours en discussion avec la Coop au sujet de la desserte médicale. Mme Ouellet précise que d’autres services de médecine douce, de prélèvement, de vaccination et de relation d’aide sont offerts par la coopérative.

    BAISSE DU NOMBRE DE MEMBRES

    En décembre 2023, la Coop de Saint-Hubert a dû rembourser le prêt qu’elle avait obtenu lors de la pandémie, ce qui a réduit ses actifs de façon considérable. Pour le moment, la Coop fonctionne par projets financés. Ils viennent avec de nombreux documents de reddition de comptes, de demandes de financement et de suivis administratifs. Cette charge est lourde pour l’équipe en place. «On ne peut pas continuer pendant 10 ans comme cela», confirme Josée Ouellet.

    La Coop de solidarité santé comptait 148 membres actifs contribuants en 2022. Lors de l’ouverture en 2011, on dénombrait 812 membres contribuants. Ce nombre a graduellement diminué au fil des années. La baisse du nombre de membres contribuants s’est accélérée à partir de 2017, passant de 662 à 399. Depuis 2021, moins de 200 personnes paient leur contribution annuelle, ce qui correspond à la période d’absence d’un médecin de famille. En 2023-2024, elle se chiffre à environ 100 $ par année.  

    La coopérative rembourse toujours un prêt hypothécaire de 103 000 $ sur le bâtiment dans lequel elle a déménagé en 2017. Si rien ne change en 2024, la directrice générale envisage d’organiser une assemblée générale extraordinaire pour demander de liquider les actifs l’automne prochain. Rappelons que la Coop de solidarité santé Saint-Hubert a été fondée en 2011 afin de conserver les services médicaux dans sa communauté, à la suite du départ d’un médecin de famille.

    MOUVEMENT NATIONAL

    La directrice de la Coop de solidarité santé Saint-Hubert, Josée Ouellet, se joint aux pressions de la Fédération québécoise des coopératives de santé (FQCS) dans le cadre des consultations prébudgétaires 2024-2025 du gouvernement du Québec.

    La Fédération demande à Québec de reconnaître le «rôle pilier des coopératives de santé dans l’offre de soins de proximité au bénéfice des collectivités.» Les coopératives veulent être mises à contribution dans la réforme du réseau de la santé qui amènera la création de Santé Québec. Elles demandent au gouvernement de contribuer à la mission des coopératives de santé à la hauteur de 15 % des couts d’opération.

    Elles veulent que l’affectation des nouvelles ressources médicales soit priorisée dans les coops de santé situées dans des «déserts médicaux». Les coops cherchent un appui financier et politique de Québec dans leurs démarches de reconnaissance comme organismes de bienfaisance auprès de l’Agence du revenu du Canada.

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