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Le jour du Souvenir pour se souvenir, réfléchir… et construire des ponts

durée 10 novembre 2023 | 06h55
  • François Drouin
    Par François Drouin

    Directeur de l'information, journaliste

    Le 11 novembre prochain, la Sonnerie aux morts résonnera un peu partout au pays, notamment au carré Dubé à Rivière-du-Loup. Elle marquera un silence observé en l’honneur de ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie au nom de la liberté, de la démocratie, mais aussi pour marquer l’armistice de 1918.

    Pour le vétéran des Forces, Joseph-Éric Tremblay, qui a effectué des missions en Bosnie en 1993 et 1995, l’occasion est belle, non seulement de se recueillir, mais de porter une réflexion sur les ponts à établir entre les civils et les vétérans et sur l’apport de ces derniers à la société. Des sacrifices, dit-il, sur lesquels nous nous appuyons sans réaliser la portée de l’abnégation dont les soldats ont eu à faire preuve.

    Les cérémonies du 11 novembre sont nécessaires, cruciales, elles sont fondamentales soutient le vétéran. «Le 11 novembre est un jalon placé dans nos vies. Le temps passe et si nous oublions, les plus jeunes n’auront plus personne à écouter [sur] le prix de cette liberté dont certains forcent les limites.»

    Des couronnes de fleurs seront sans doute déposées au pied du Monument commémoratif de guerre du Canada au carré Dubé. Mais l’ancien caporal du Royal 22e Régiment refuse de sombrer dans la mélancolie.

    «Non ce n’est pas une cérémonie qui est juste triste. C’est une cérémonie qui est révélatrice et qui se veut être un jalon dans le temps, de ce qui a été fait et du cout en vies humaines qui a été défrayé. Au Canada, seulement depuis 1992, il y a eu plus de 160 militaires tués. Des décès officiels. Ça ne tient pas compte des autres…»

    Les autres, ce sont ces militaires, hommes et femmes, qui ont mis fin à leurs jours pendant ou après leur séjour dans les Forces armées. Si les vétérans ont souvent eu à payer un lourd tribut, notamment sur leur santé mentale, tout n’est pas négatif, assure Joseph-Éric Tremblay. «Dans les différentes associations de vétérans, j'ai souvent trouvé que nous étions refermés sur nous-même. Quand j'organisais des 5 à 7 au centre commercial, je leur disais d'accueillir les gens, de leur tendre la main, d'échanger avec eux. Il y a beaucoup à raconter, et pas que des épreuves. Il y a ce désir de servir. Être militaire, c'est pour soi-même, mais c’est aussi pour la communauté. Je voulais créer un pont.»

    Ce Jour du Souvenir est donc un rappel que les mots démocratie et liberté ont eu un cout, mais aussi, qu’il s’agit d’une occasion pour rencontrer et écouter des histoires qui s’inscrivent comme un héritage. Une occasion, aussi, de réfléchir sur la chance que nous avons comme citoyen canadien à cette heure où le Moyen-Orient s’embrase, de l’Ukraine qui résiste farouchement à l’envahisseur, sans parler des nombreux conflits qui minent le continent africain.

    «Au Canada, au Québec nous possédons des outils puissants pour défendre et faire respecter ces droits, la Charte des droits et libertés de la personne au Québec et la Charte canadienne des droits et libertés. Aussi puissants que soient ces outils, cela ne nous soustrait pas à nos devoirs moraux et civiques qui placent nos droits et libertés individuelles à la frontière de la collectivité. Exiger le respect d’autrui sans en faire preuve soi-même est une aberration. Prétendre avoir des droits sans considérer la collectivité est un non-sens. La démocratie et la liberté sont, sans le civisme et le respect, un affront à l’héritage de tous ceux qui ont combattu», lance le vétéran.

    CAFÉ STEEL POT

    Dans une autre vie, qui sait, Joseph-Éric Tremblay a peut-être été grutier. Ériger des ponts semble une seconde nature chez le vétéran. Et l’un de ces ponts passe par l’une de ses entreprises, Café Steel Pot, qu’il a acquise avec son amoureuse Stéphanie Jeanne Bouchard en juin dernier et qu’il a déménagée à Rivière-du-Loup, au 5, rue Léveillé.

    Le commerce a été fondé en 2017 par Dominique April et Christian Thibault, deux vétérans du Royal 22e Régiment dans le but de soutenir et d’aider leurs frères et sœurs d’armes. D’ailleurs, pour chaque sac du mélange de café «jour du Souvenir», 5$ est remis à un organisme supportant les anciens combattants.

    «On veut aussi être impliqué dans la communauté. Steel Pot ce n’est pas réservé aux militaires, aux premiers répondants ou aux vétérans. C’est plus large, inclusif. C’est un lieu, un pont entre la communauté civile et la communauté militaire. Notre adage le dit ‘’les histoires se partagent avec un café’’ et elles ne se partagent pas qu’entre militaires.»

    Un lien, qui espère-t-il, permettra à ces deux solitudes de se retrouver, de mieux se comprendre, et surtout, de se reconnaitre.

    JOUR DU SOUVENIR

    Le 11 novembre donc, les Fusiliers du Saint-Laurent, en collaboration avec la Légion Royale Canadienne et le corps de cadets, tiendront une cérémonie pour commémorer le jour du Souvenir, au carré Dubé. La population est conviée à 10 h 30 pour y assister et observer un temps de silence en l'honneur des anciens combattants et vétérans.

    Au-delà du cérémonial, c'est une main tendue, un pont dirait Joseph-Éric Tremblay, vers l'histoire d'hommes et de femmes qui ont mis leur vie au service de la nation.

     

     

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