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Dépaysement et aventure au nord du 55e parallèle

durée 8 octobre 2023 | 06h59
  • Andréanne Lebel
    Par Andréanne Lebel

    journaliste

    Nord du 55e parallèle, Nunavik. Une expédition longue de plus de 600 kilomètres en autonomie complète, qui relie la baie d’Hudson à la baie d’Ungava, en passant par la rivière aux Feuilles. Portages, canot, halage et cordelle, on dirait la description d’un défi proposé à des explorateurs du passé. C’était plutôt le plan de vacances de Sylvie Michaud et Fabien Nadeau de Cacouna. Un voyage hors des sentiers battus, où les terres sauvages semblent hors du temps.

    Pendant quatre semaines, ils sont partis en expédition avec un groupe d’amis afin de découvrir la vastitude du territoire québécois. À partir d’Umiujaq, un village situé sur les rives de la baie d’Hudson, ils se sont mis en route vers la Pointe de la Baleine Blanche (Majuriarvik), avant d’arriver au lac Minto et de canoter la rivière aux Feuilles jusqu’à Tasiujak, un village côtier de la baie d’Ungava.

    Ils ont fait de grands portages de lac en lac et traversé des sections d’eaux vives à contre-courant, remontant leurs canots en les hâlant. La descente du cours de la rivière aux Feuilles représente les deux derniers tiers de leur périple.

    Dans la baie d’Hudson, ils ont pagayé vers le nord en longeant la côte, les yeux rivés sur des champs d’élyme des sables s’étendant à perte de vue. «On a commencé le voyage tout de suite en voyant des bœufs musqués, qu’on n’avait jamais vus de notre vie. C’est assez impressionnant comme bête», raconte Sylvie Michaud.

    Une succession de longs portages vers la rivière aux Feuilles a ensuite commencé. Le défi était surtout d’identifier le meilleur chemin à emprunter sans trop dépenser d’énergie. «On dépend juste de nous-mêmes pour trouver une route soit rocheuse ou avec des herbes. Il y a souvent des marécages ou des buissons très denses qui pourraient nous empêcher de passer», ajoute Fabien Nadeau. En chemin, ils ont pu déguster des bleuets, des atocas et des camarines à profusion.

    Un kilomètre de portage en devient rapidement trois pour apporter tout l’équipement nécessaire, puisqu’ils doivent revenir sur leurs pas. «En vieillissant, on a moins de capacités physiques, mais en même temps, on est plus capables de se doser. On a aussi une meilleure expérience pour trouver le meilleur chemin de portage», précise-t-il.

    Même s’ils se trouvaient à des centaines de kilomètres du village le plus près, ils ne se sont jamais sentis en danger. Ils avaient plutôt l’impression d’appartenir à ces vastes espaces du Nord du Québec.

    CONNEXION AVEC LA NATURE

    Biologiste de formation, Sylvie Michaud s’est amusée à identifier les différentes espèces végétales et animales qu’elle rencontrait sur son chemin. Bouleau et saule nains, les espèces se sont adaptées à leur environnement au fil du temps. La région administrative du Nord-du-Québec couvre à elle seule plus de 55 % de la superficie totale du Québec.

    Parfois, même souvent, ils suivaient des sentiers de caribous qui les amenaient vers la bonne direction. Le couple avait exactement les mêmes réflexes que tous ceux qui étaient passés avant eux. Les campeurs étaient à la recherche de sites plats, avec de la végétation et fournissant une protection du vent, des critères de sélection intemporels. Les signes d’une présence humaine antérieure étaient immanquables. «Quand on découvre des traces de passage qui datent de centaines d’années, c’est émouvant de voir ça. Des roches qui ont servi à monter les tentes, tu t’imagines les gens qui étaient là. Ça nous donne une espèce de connexion avec eux», estime Sylvie Michaud. Cette dernière a publié plusieurs photos de son voyage sur les réseaux sociaux et elle a réalisé tout l’intérêt de ses proches pour ce périple peu commun.

    «Le Nord-du-Québec, ce n’est pas un désert. Ce n’est pas un endroit aride, stérile. Au contraire, c’est vivant […] C’est une grosse partie de notre territoire qui n’est pas connue et qui n’est pas valorisée par les gens, ajoute Sylvie Michaud. Les milieux ne se remettent pas facilement d’exploitations comme les développements miniers. Ces paysages sont transformés à jamais», constate-t-elle.

    Sylvie Michaud et Fabien Nadeau savent bien qu’ils sont loin de voyager dans les mêmes conditions que les explorateurs du 20e siècle comme Mina Hubbard, qui a exploré et cartographié le Labrador en 1905 et la rivière George. Son voyage s’est terminé, lui aussi, dans la baie d’Ungava.

    «On avait tout ce qu’il faut pour réussir […] Quand tu es bien préparé, il n’y a pas de raison pour qu’il t’arrive de malchance. Nous sommes laissés à nous-mêmes, mais d’un autre côté, on revient chez nous dans notre confort après l’expédition. Nos moyens de communication sont perfectionnés, nous avons juste le bon côté des choses», souligne Mme Michaud.

    Le couple a découvert le canot dans les années 1980. Puis, une dizaine d’années plus tard, ils sont partis pour la toute première fois en expédition. «C’est un moyen de découvrir le Québec, partir en canot nous permet d’avoir une certaine liberté et d’aller dans des endroits plus reculés […] Les rivières sont des routes traditionnelles, c’est tout un réseau que l’on connaît très peu», explique Fabien Nadeau. Encore faut-il savoir traverser des rapides. Une fois cette barrière franchie, plus rien ne les retient.

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