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Table ronde sur la crise du logement à Saint-Jean-de-Dieu

durée 20 août 2023 | 06h33
  • Andréanne Lebel
    Par Andréanne Lebel

    journaliste

    Le député de Rimouski-Neigette–Témiscouata–Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, a réuni tous les acteurs politiques, économiques et communautaires des MRC de Témiscouata et des Basques concernés par le dossier de la crise du logement et de l’itinérance à Saint-Jean-de-Dieu le 17 aout afin de cibler des pistes de solutions à mettre en place dans les milieux ruraux.

    Le manque criant de logements est un frein au développement régional, soutient le député. «Quand les gens m’arrêtent dans la rue pour me parler de la crise du logement, c’est grave. C’est très grave et ça touche tous les gens de différents milieux.» Il souligne que même des travailleurs ayant la capacité de payer 1 000 à 1 500 $ par mois se butent à l’absence de logements disponibles.

    Le flux migratoire positif dans la région du Bas-Saint-Laurent pendant la crise sanitaire, jumelé à l’absence de création de nouveaux logements, a mis une grande pression sur le parc immobilier, résume M. Blanchette Joncas. En 2021, aucune nouvelle mise en chantier n’avait eu lieu à Rimouski, malgré la hausse de la demande.

    Cette réalité crée une situation de précarité pour les personnes les plus vulnérables. «Des gens doivent se faire héberger de façon temporaire chez un cousin, un ami de la famille, une connaissance. Ça tourne en rond parce qu’ils n’ont pas accès à un logement ou ils n’ont pas les moyens de s’en payer un selon leurs revenus», explique le député.

    La pression est transférée sur les organismes communautaires, qui sont à court de solutions pour des cas d’urgence en itinérance dans les MRC des Basques et de Témiscouata. 

    Maxime Blanchette-Joncas était accompagné lors de cette consultation du porte-parole du Bloc québécois en matière de solidarité sociale, Denis Trudel. Un rapport concernant la crise du logement devrait être déposé cet automne par le Bloc québécois.

    La population est vieillissante dans la MRC des Basques. Le contexte de fermeture des résidences privées pour ainés crée de la précarité, puisqu’ils sont souvent forcés de déménager dans les villes-centres. «Il faut construire des logements pour que les gens ne soient pas sortis de leur milieu», indique Denis Trudel. Il souligne aussi le manque d’arrimage entre les programmes de financement des gouvernements et les longs délais avant le dénouement des projets.

    «Le logement, c’est un droit humain. Ce n’est pas un objet de spéculation. Je pense que les gouvernements ne comprennent pas encore cet aspect-là. Tout est aux promoteurs, aux spéculateurs et à ceux qui veulent faire de l’argent avec le logement», renchérit M. Trudel.

    Les deux députés du Bloc québécois sont conscients que les enjeux de logements dans les milieux ruraux ne sont pas les mêmes que dans les grandes villes, mais les besoins sont tout aussi criants. «Actuellement, on est en train de vivre la crise. Ce n’est pas dans un an, trois ans, cinq ans qu’il faut réagir, c’est immédiatement», insiste Maxime-Blanchette-Joncas.

    Toutefois, le logement n’est pas de compétence fédérale, mais provinciale. Des transferts de financement fédéral peuvent toutefois s’effectuer vers les provinces. La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), l’organisme national responsable de l’habitation au Canada, ne collige pas les données pour les villes de moins de 10 000 habitants.

    «J’annonce au gouvernement fédéral que la MRC des Basques au complet ne compte pas 10 000 habitants […] Ils vivent autant la crise que les autres. Ils ont le droit d’avoir des données. La seule façon qu’ils avaient de mesurer la crise du logement, c’était d’aller voir l’offre sur Centris de logements à vendre. Ça ne veut pas dire que c’est les besoins des gens en itinérance ou communautaires», précise Maxime Blanchette-Joncas. Selon la SCHL, pour arriver à un marché immobilier abordable au Québec, il faudrait construire 1,1 million d’unités d’habitation d’ici 2030.

    Le portrait de la situation initié par la MRC des Basques dévoilé l’automne dernier a permis au député Maxime Blanchette-Joncas de pouvoir mieux orienter ses actions pour préciser ses interventions. «Ici aussi, les gens ont le droit à leur développement et à leur dignité», conclut M. Blanchette-Joncas.

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