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Benoît Ouellet et la culture de la collaboration 

durée 13 mai 2023 | 06h54
  • Marc-Antoine Paquin
    Par Marc-Antoine Paquin

    Journaliste

    Benoît Ouellet marche au cœur du Centre Premier Tech, l’un des premiers grands chantiers auquel il a participé comme directeur du Service loisirs, culture et vie communautaire à la Ville de Rivière-du-Loup. Près de la passerelle de presse, il croise une femme qui s’entraine à la course dans les hauteurs de l’amphithéâtre. La scène le réjouit. «Quand tu es dans une approche d’écoute, c’est ce que ça donne, c’est ce que ça permet», a-t-il souligné.  

    L’anecdote semble banale, le moment sans grande importance, mais pas pour l’homme qui a passé une grande partie de sa carrière à travailler – dans l’ombre – pour le mieux-être des citoyens. Elle venait très bien illustrer, comme un clin d’œil, ce qui a fait la force du milieu louperivois au cours des 20 dernières années. Une période qui a permis d’équiper la ville d’une dizaine d’infrastructures sportives et culturelles de qualité qui font aujourd’hui sa renommée dans l’Est-du-Québec et au-delà. 

    Pour la petite histoire, après l’ouverture du Centre Premier Tech, en 2005, les clubs sportifs ont réalisé qu’une surface intéressante était inutilisée dans le haut des gradins. Rapidement, la Ville a été sollicitée. «Ils nous ont demandé s’il y avait un moyen de l’aménager pour l’entrainement. On s’est assis et on a cheminé là-dedans. Un an plus tard, quelque chose a été fait, et aujourd’hui, c’est apprécié par la population tout au long de l’année. Des médecins recommandent même de venir y marcher!», a-t-il raconté avec le sourire. 

    Rencontré la semaine dernière, Benoît Ouellet a accepté de revenir sur ses années passées à la Ville de Rivière-du-Loup. Un milieu de travail, voire de vie, qu’il quitte pour la retraite après 35 ans, dont une vingtaine à tête du service des loisirs et de la culture. 

    Au cours d’une conversation d’une heure, plusieurs sujets ont été abordés. Les différentes politiques sous la gouverne de son équipe, l’implication du service dans différents dossiers aussi insoupçonnés que diversifiés, mais aussi – et surtout – l’importance de la collaboration, de l’écoute. La nécessité de se remettre en question et de penser à l’extérieur de la boite pour le bien de la collectivité, également. 

    «On a vraiment une culture de collaboration à Rivière-du-Loup. Un tissu différent, un caractère distinctif, qui s’est développé et qu’il faut maintenir […] C’est quelque chose qui nous fait partie de nous, une marque de commerce», a-t-il confirmé.  

    «Nous ne sommes pas un gros milieu. Mais ensemble, nous avons pris les moyens pour répondre aux besoins de la communauté, pour trouver des solutions et la faire avancer. Il y a une vision de partenariat qui a été mise en place et qui est toujours là aujourd’hui.»

    «ON CONSTRUIT ENSEMBLE»

    De l’extérieur, on pourrait penser qu’il est tout à fait naturel pour une ville de collaborer étroitement avec les clubs, les associations, les bénévoles, le Cégep ou encore les professionnels du Centre de services scolaire à la réalisation de projets majeurs, mais il n’en est rien. À Rivière-du-Loup, il y a une proximité, une vision commue et complice, note Benoît Ouellet qui, humblement, a contribué à solidifier cette façon de travailler. 

    «Ailleurs, parfois, c'est chacun pour soi. Chacun opère ses trucs et on ne va pas de l’avant [avec un projet] si on ne peut pas l’avoir pour soi uniquement», a-t-il imagé. «Comprendre les besoins, identifier les moyens de mise en œuvre…tout ça demande de la créativité, de la souplesse. Nous, on construit ensemble. C’est une force.»

    Une attitude générale qui démontre aussi une belle maturité du milieu, a-t-il estimé. «Comme Ville, on a le devoir de s'assoir avec les partenaires et de travailler vers la réussite d’un projet. Pour tout le monde, ça nécessite aussi de mettre de l'eau dans le vin et on y parvient.»

    De ces (nombreux) partenariats, plusieurs dossiers majeurs ont été réalisés depuis l’année 2000. Et quand on s’attarde à la liste, elle est costaude. En plus de 20 ans, du côté sportif, la Ville a investi dans le Centre Premier Tech, le Stade Premier Tech, le Stade de la Cité-des-Jeunes, la piste d’athlétisme, un terrain de soccer synthétique, la piscine, un skatepark, un centre de curling et beaucoup plus. 

    Culturellement, les deux dernières décennies ont vu le Centre culturel Berger être rénové, la construction d’une école de musique neuve et des travaux majeurs à la Bibliothèque Françoise-Bédard. Même les parcs ont reçu beaucoup d’amour avec l’aménagement du parc du Campus et de la Cité et les investissements récurrents au parc des Chutes et dans les quartiers résidentiels. 

    Aujourd’hui, l’offre louperivoise fait l’envie d’autres milieux. Et ce n’est pas d’être chauvins que de l’admettre. Avec le recul, Benoît Ouellet estime avoir travaillé sur un projet majeur tous les 2 ou 3 ans, résultat d’un dynamisme qu’il faut reconnaître et même applaudir.

    «Ce qui est mesurable, c'est le béton. Mais c'est l'approche de partenariat qui a permis tout ça, répète-t-il. L'avenir repose d’ailleurs davantage là-dessus. Trouver le chemin gagnant.»

    La réalisation du Stade Premier Tech en est un bel exemple de collaboration, a-t-il noté. «Accepter de mettre beaucoup des sous dans un bâtiment qui ne t'appartient pas, pour une Ville, c’était quelque chose. Il fallait y croire», a mentionné M. Ouellet. «Mais c'est l'ensemble du milieu qui en profite aujourd’hui et ça nous distingue. On ne s’en passerait plus. Même chose pour la piscine.»

    Benoît Ouellet ose croire qu’il a contribué à cette façon de voir les choses à Rivière-du-Loup. Il donne toutefois beaucoup de crédits aux gens avec qui il a évolué et aux nombreux élus qui ont écouté ses doléances et ses arguments. Le travail d’équipe a toujours primé.  

    «Mon travail, ç'a été d'amener les discussions à la table du conseil. La Ville devait se positionner et c'était à moi de faire en sorte que l'avis soit favorable. Mais je n’ai rien fait seul», a souligné celui qui n’a pas hésité à «penser autrement» et «faire différemment» pour le bien des projets et  de sa communauté.  

    «Je pense que j'ai touché des cordes sensibles en mettant les citoyens au cœur des décisions. Quand les élus reconnaissaient que c'était positif pour les jeunes, les familles, que ça nous démarquait d'ailleurs, les projets étaient priorisés.»

    Évidemment, les réussites du service, sous son leadership, vont bien au-delà des infrastructures dessinées et du béton coulé. On peut penser à la mise en place de la première politique du patrimoine au Québec, par exemple, et de bien d’autres dossiers pour lesquels on oublie les responsabilités. 

    Quand il regarde derrière, il vit de la satisfaction. «De la fierté aussi», a-t-il ajouté. «D’avoir fait bouger les choses, d’avoir participer au mieux-être des citoyens et d’avoir côtoyé des personnes incroyables en cours de route.»  

    Pour l’avenir, il croit d’ailleurs qu’il faudra privilégier l’accompagnement aux infrastructures, même si certains dossiers, comme celui de l’avenir des églises, demeurent prioritaires. «L’aspect humain, le bénévolat, le vieillissement de la population, les dynamiques de quartiers, l’offre et l’accessibilité des services pour les jeunes, l’isolement des ainés... Il y a des défis et les préoccupations sont nombreuses», a-t-il énuméré. 

    Dans tous les cas, la collaboration sera nécessaire. Elle l’est toujours. 
     

    commentairesCommentaires

    2

    • LR
      Lynn Ross
      temps Il y a 1 an et 2 mois
      Étant une ancienne résidente de Rivière-du-Loup, je suis toujours la première à dire, à qui veut l'entendre, que la ville est un merveilleux milieu de vie pour les familles avec toutes les installations récréatives, sportives et scolaires dans ce petit milieu de vie. La ville s'est merveilleusement développée.

      Bravo pour tout le travail effectué.
    • DB
      Daniel Breton
      temps Il y a 1 an et 2 mois
      Il doit être plaisant de prendre une retraite bien méritée lorsqu'on laisse derrière soi tant de belle réalisations. Félicitations et bonne continuité.
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