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Chalet de la Côte-des-Bains : «Je ne les laisserai pas faire»

durée 21 avril 2023 | 06h53
  • Marc-Antoine Paquin
    Par Marc-Antoine Paquin

    Journaliste

    Les investissements de la Ville de Rivière-du-Loup dans la relance des opérations du Chalet de la Côte-des-Bains ne passent pas auprès du résident de la Pointe et homme d’affaires Jean Côté. Ce dernier envisage même d’entamer des démarches légales contre l’administration municipale, si le projet va de l’avant dans la forme actuelle.

    Jean Côté, impliqué depuis plusieurs décennies dans le développement de l’offre d'hébergement touristique de la Pointe, notamment à travers l’Auberge de la Pointe, n’en démord pas. Selon lui, la Ville de Rivière-du-Loup fait fausse route dans ce dossier.

    Plus encore, elle «manque de respect» aux citoyens et aux gens d’affaires du secteur par sa volonté d’investir des sommes importantes dans un «bâtiment estival» et par la signature d’un bail commercial qui vient faire «concurrence déloyale» aux entreprises de proximité. 

    Rencontré à sa demande dans les locaux d’Info Dimanche, M. Côté a assumé parler à la fois comme citoyen et investisseur d’une entreprise qui pourrait fort bien écoper par les travaux à venir et par l’exploitation du café-théâtre qui sera aménagé. Il s’est montré dur à l’endroit des élus. 

    «Je suis un compétiteur. Je n’ai rien contre la Ville. Mais s’ils mettent près de 1M$ de mes taxes pour le Chalet de la Côte-des-Bains, pour un projet commercial ouvert à l’année, je vais avoir un problème», a-t-il lancé en son nom personnel. 

    INVESTISSEMENTS MUNICIPAUX

    M. Côté soutient d’ailleurs qu’il porte son chapeau de citoyen lorsqu’il qualifie d’inconcevables les investissements que s’apprête à faire la Ville afin de permettre une utilisation quatre saisons du chalet sis au bord du fleuve. Selon les emprunts adoptés par les élus, plus de 800 000 dollars seront nécessaires afin de prolonger le réseau d’aqueduc et d’égoûts municipal jusqu’au bâtiment, tout en rénovant sa couverture, ses portes et ses fenêtres. 

    «On parle environ de 450 000 $ pour les travaux souterrains dans la côte, puis de 350 000 $ supplémentaires dans la [mise aux normes de la] bâtisse. C’est une folie!», s’est-il exclamé, regrettant que les citoyens ne soient pas davantage informés de ces investissements. 

    «Ça ne fonctionne pas! On ne peut pas mettre autant de fonds publics – près d’un million de dollars! – pour un bâtiment qui n’en vaut pas le quart. C’est énormément d’argent. Qui est d’accord avec ça?»

    Il croit en outre que la volonté municipale de permettre une utilisation annuelle du bâtiment, ainsi que celle d’offrir un bloc sanitaire accessible en tout temps, ne justifient pas de telles dépenses qu’il juge «ridicules». Il est d’avis que la Ville pourrait permettre l’utilisation des installations sanitaires du camping de la Pointe, si besoin de toilettes il y a durant l’été. 

    UN BAIL AVANTAGEUX

    Comme investisseur privé et président de l’Auberge de la Pointe, Jean Côté ne cache pas en avoir aussi contre l’entente survenue entre la Ville et le futur locataire du Chalet de la Côte-des-Bains. Il estime que l’administration municipale lui offre des conditions pour le moins très avantageuses.  

    Selon lui, le loyer annuel de 9 600 $ pour la première année (et de 10 800 $ à l’an 5) est incompréhensible. Il y voit même une «subvention municipale» déguisée, a-t-il déclaré, sans mâcher ses mots. 

    «Ailleurs à Rivière-du-Loup, louer un local pour de la restauration, ça représente des milliers de dollars tous les mois», a-t-il dit.

    «Comment peut-on emprunter autant pour les travaux et ne récolter que si peu en loyer? La Ville paiera même l’électricité! C’est à ne rien n’y comprendre...», a-t-il laissé tomber.

    Jean Côté regrette aussi que la Ville nuira à plusieurs commerces du secteur, notamment en permettant une offre alimentaire (décrite comme rapide et santé) et la possibilité de vente et consommation d’alcool (suivant l’obtention des permis et autorisation requises) au Chalet de la Côte-des-Bains.

    Pour lui, ce n’est pas suffisant que la vente d’aliments «pouvant s’apparenter à une restauration de type friterie ou crème-molle» soit interdite.

    Jean Côté remet également en question le succès du projet-pilote réalisé à l’été 2021 et prolongé l’été dernier. «À quel point le projet-pilote a-t-il été un succès? On ne sait pas trop. Où sont les résultats?», a-t-il demandé. «Le maire répond que les gens sont satisfaits. C’est bien. Mais on n’investit pas autant d’argent sur une impression et quelques bons commentaires. Il faut que ça soit basé sur du solide», a-t-il ajouté. «Pourquoi n’ont-ils pas fait un nouvel appel d’offres pour l’exploitation du chalet?»

    STATIONNEMENT ET TRAVAUX

    Notons que la gestion du stationnement situé au sud-est du Chalet de la Côte-des-Bains est un autre enjeu important aux yeux de l’homme d’affaires. Depuis plusieurs années, l’Auberge de la Pointe gère l’ouverture et la fermeture des lieux, mais cela s’apprêterait à changer, selon lui. Par le fait même, M. Côté craint que de nouvelles façons de faire, et une éventuelle ouverture jusqu’à 23 h (heure de fermeture du parc), aient des répercussions «néfastes» sur son entreprise, dont certaines chambres sont situées quelques mètres au-dessus.  

    «On ne veut pas que nos clients soient dérangés par le stationnement comme ç’a été le cas trop souvent par le passé. Nous avions des plaintes et nous nous sommes battus. On a signé un contrat de gestion qui est en vigueur jusqu’en 2027 à la satisfaction de la Ville. On ne peut pas revivre tout ça maintenant», a-t-il dit.  

    Quant aux travaux souterrains, prévus très prochainement, ils viendront lui porter préjudices, il en est convaincu. «Ce n’est pas le bon temps pour faire des travaux. On ouvre au début mai et c’est la période des congrès. C’est certain que ça va nuire […] Je suis un gars de principes et ça ne passe pas.»

    POUR LE STATU QUO 

    Jean Côté souhaite être clair : il n’est pas contre le développement d’un parc de la Pointe vivant et dynamique. Son intervention, a-t-il assuré, n’est pas personnelle envers le promoteur choisi par la Ville, Stéphane Duclos, ni envers les investissements que ce dernier compte faire sur place. Il croit cependant que le statu quo est la meilleure avenue dans les circonstances.   

    «On n’a pas de problème avec le projet de café culturel tel qu’il a été fait au cours des dernières années. On n’a rien dit, puisque ç’a bien été», a-t-il rappelé. 

    «Mais les élus veulent prendre une bâtisse d’été et en faire un bâtiment quatre saisons avec permis de restauration et de bar. Actuellement, on vient favoriser un commerce à l’année, alors on ne peut pas être d’accord avec ça.»

    Il se dit prêt à prendre les moyens nécessaires pour se faire entendre. «La Ville s’engage dans une lutte assez difficile. Je vais probablement les actionner. Je n’aurai pas le choix», a-t-il confié. 

    «S’ils veulent la guerre, ils vont l’avoir. Je ne peux pas laisser passer ça.»

    Le ton est donné. 

    >> RAPPELONS QUE ...

    À la fin mars, le maire Mario Bastille avait indiqué que la signature du bail commercial avec l’homme d’affaires louperivois Stéphane Duclos, pour la gestion du Chalet de la Côte-des-Bains, concordait avec la volonté municipale de «dynamiser ce bâtiment, inoccupé depuis plusieurs années». «On a eu de très bons commentaires de touristes et de citoyens de Rivière-du-Loup [au sujet du café culturel]. L’expérience a été concluante», avait-il dit.

    Il estime le projet «gagnant-gagnant». 

    En entrevue, Stéphane Duclos avait aussi été très clair : son but n’est pas de faire compétition aux autres gens d’affaires du secteur, mais plutôt «d’amener du monde au moulin». «L’objectif, c’est vraiment de dynamiser ce site exceptionnel, et non pas nuire à ce qui se passe autour de nous», avait-il lui assuré.

    La Ville de Rivière-du-Loup n'a toujours pas retourné nos demandes d'entrevue pour expliquer ses motivations et sa vision du développement de ce secteur de la Pointe. 

     


     

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