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Eau potable et égouts : le débat se poursuit dans le secteur de la Place Carrier

durée 5 mars 2023 | 06h04
  • Marc-Antoine Paquin
    Par Marc-Antoine Paquin

    Journaliste

    Le possible prolongement du réseau d’aqueduc et d’égouts dans le secteur de la Place Carrier et de la rue de la Sucrerie continue d’alimenter les débats à Rivière-du-Loup. Des citoyens ne lâchent pas le morceau et estiment qu’il est nécessaire d’aller de l’avant avec le projet, arguments à l’appui. D’autres les accusent plutôt de crier au loup, jugeant leur discours alarmiste.

    Impliqués dans la réalisation de ce projet depuis plusieurs années, Roch Rousseau et sa conjointe Claudette Lacasse ont pris l’initiative de faire du porte à porte dans les rues Fraserville, de la Coulée, de la Sucrerie, des Bois-Francs et de la Place Carrier au cours des derniers jours. Ils étaient accompagnés d’une autre personne avec laquelle ils forment un comité de résidents impliqués. 

    Ensemble, ils militent pour la réalisation du projet qui vise à desservir plus de 80 résidences du secteur en eau et en égouts. Ils n’ont jamais caché leur parti pris, ayant eux-mêmes travaillé avec les différentes administrations municipales pour sa concrétisation depuis 2014. 

    Selon eux, il est vrai que le projet actuel coute cher, très cher même, mais il ne fait pas de doute qu’il doit se réaliser. Ils estiment que les résidents sortiraient gagnants d’un éventuel chantier souterrain. 

    Ces derniers jours, ils ont ainsi distribué des documents à leurs voisins afin de leur transmettre des informations issues d’échanges et de vérifications avec la Ville de Rivière-du-Loup. Un dossier dans lequel ils reviennent notamment sur le «règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées (Q2, r22)» de la Loi sur la qualité de l’environnement du Québec.

    «Ce qu’on souhaite, c’est que les gens analysent leur propre situation et qu’ils fassent leurs calculs», mentionne Claudette Lacasse, dont la résidence est située au cœur de ce quartier de l’ouest de la ville. 

    «On ne veut pas mettre de pression, seulement donner l’heure juste, répondre à certaines questions et les mettre au fait des normes en vigueur. Les gens prendront leur décision eux-mêmes», ajoute son conjoint, Roch Rousseau. 

    Le couple base son argumentaire sur 
différents éléments, dont la vétusté – et la non-conformité dans certains cas – des installations septiques et d’eau potable du secteur dont plusieurs sont estimées à plus de 40 ans. Il rappelle que les renouveler pourrait éventuellement forcer les propriétaires à débourser plusieurs milliers de dollars, somme qui pourrait plutôt être investie dans le raccord au réseau de la ville, malgré l’existence d’un crédit d’impôt pour la mise aux normes d'installations d'assainissement des eaux usées résidentielles.

    Selon les informations de M. Rousseau et Mme Lacasse, lesquelles ont été confirmées par l’administration municipale, la configuration de plusieurs terrains de secteur limiteront aussi les options de leurs propriétaires lorsqu’ils voudront changer leurs installations. 

    Afin de respecter les normes gouvernementales, qui demandent une distance minimale à respecter entre un champ d’évacuation et un puits, une fosse de rétention totale devra, dans plusieurs cas, être installée pour recueillir l’ensemble des eaux ménagères et de toilette. Dans cette situation précise, la fosse sera appelée à se remplir plus vite, ce qui fera augmenter par le fait même les couts annuels liés aux vidanges. «Ils vont s’additionner rapidement», prévient M. Rousseau.

    Au-delà des arguments techniques, Roch Rousseau et Claudette Lacasse sont convaincus que le choix de prolonger le réseau est celui à faire pour le long terme. Ils estiment que le raccord ajouterait à la qualité de vie et à la paix d’esprit des résidents au quotidien. Patienter davantage ne ferait qu’augmenter la facture, disent-ils aussi.  

    «Le projet coute très cher, c’est vrai. Actuellement, sans bonification, c’est entre 
40 0000 et 80 000 $ par propriété, environ. Mais on croit que les résidents seront gagnants sur le long terme, même si ça signifie que les 
taxes augmenteront», souligne M. Rousseau.

    «On est rendus là», complète sa conjointe. 

    «CLIMAT DE PEUR» 

    L’initiative du couple ne fait toutefois pas l’unanimité dans le quartier. Ghislain Gagnon, qui assure être en accord avec le projet à un cout «raisonnable» pour les citoyens, maintient que la démarche du comité citoyen alimente un «climat de peur» favorisant un vote en faveur de sa 
concrétisation. Il tient ce discours depuis plusieurs années déjà.

    «En répétant que certaines installations arrivent en fin de vie, qu’elles pourraient lâcher ou qu’elles ne sont plus conformes, on vient presser, brusquer, les gens d’investir pour ce projet-là», dit le citoyen. 

    Il convient qu’il est possible que certains 
voisins devront bientôt investir dans leurs équipements, mais il refuse de tomber dans la généralisation. «Il faut être devin pour savoir quand cela arrivera pour la majorité des gens», a-t-il dit, rappelant que les sommes demandées aux propriétaires sont très [lire trop] élevées pour nombreux d’entre eux, notamment pour les retraités. 

    Ghislain Gagnon questionne aussi plusieurs informations transmises dans les documents remis aux résidents par le comité. Il met notamment un bémol sur les estimations faites par le couple quant aux couts et à la fréquence des vidanges associés à une fosse de rétention totale. 

    Le résident de la rue Fraserville croit enfin qu’il faudrait analyser la possibilité de connecter seulement le réseau d’aqueduc au quartier. Il juge que cette option réduirait les couts, en plus de résoudre des problèmes éventuels liés aux normes environnementales. 

    De leur côté, Roch Rousseau et Claudette Lacasse maintiennent leur position et assurent l’intégrité de leurs démarches. «On nous accuse de vouloir faire peur, de travailler pour nous, mais c’est faux [...] On estime que le raccord serait un gros plus pour le quartier et ses résidents», répondent-ils.

    La Ville de Rivière-du-Loup rappelle que ce projet n’est pas porté par l’administration municipale. «Nous aidons [les citoyens du secteur] en leur fournissant de l’information, notamment règlementaire et financière. Si, au final, ils  n’en veulent pas, ce sera leur choix. Du moins, le choix de la majorité», a souligné son directeur des communications, Pascal Tremblay.

     

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