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Les aménagements urbains au cœur des discussions 2022 à Rivière-du-Loup

durée 1 janvier 2023 | 06h57
  • Marc-Antoine Paquin
    Par Marc-Antoine Paquin

    Journaliste

    Nouveaux projets domiciliaires et commerciaux, développements immobiliers et résidentiels, création d’un nouvel éco-quartier et lancement de la refonte du plan d’urbanisme… L’aménagement des espaces urbains, le développement économique et la protection du patrimoine ont été au cœur de la dernière année de la Ville de Rivière-du-Loup, la première – entière – du nouveau conseil municipal depuis son 
élection. 

    De la demande démolition de l’ancienne Villa-Raphaële au controversé projet du promoteur Medway, en passant par la présentation du Domaine de la Pointe, l’évolution du 59, rue Saint-Henri, et le lancement du Village Vert, les projets privés se sont multipliés ces derniers mois. Une situation qui a mis de l’avant deux 
réalités. 

    D’un côté, le milieu est dynamique et Rivière-du-Loup est vu comme un secteur intéressant où investir et développer. De l’autre, jamais autant de projets n’ont fait réagir. Les citoyens louperivois se sont présentés à l’hôtel de ville ou ont écrit à l’administration municipale pour s’opposer à un projet ou intervenir sur une demande de démolition. Preuve, s’il y en a une, que de plus en plus de personnes souhaitent avoir leur mot à dire sur le développement de leur ville. 

    «L’année a commencé avec le 435, Lafontaine, et toute la consultation qui s’est faite. Ce n’était jamais arrivé que le comité de démolition soit impliqué comme ça depuis l’entrée en vigueur du règlement. Ç’a été un bon défi pour les élus et aussi pour l’équipe administrative […] L’opposition, disons qu’on ne pensait pas que ça allait aller dans ce sens-là», s’est remémoré Mario Bastille au sujet de ce projet dont la construction a récemment été lancée, après des mois de démarches administratives. 

    «Le projet de la rue l’Ancrage a été présenté par la suite. Rapidement, des citoyens du secteur ont manifesté qu’ils n’en voulaient pas. Le projet n’était même pas lancé qu’on avait déjà une pétition en opposition. Mais le promoteur est parti avec son bâton du pèlerin et il a convaincu les gens du secteur du bien-fondé et du sérieux de son projet. Il a fait le travail 
nécessaire.» 

    «Disons qu’on a commencé rapidement des projets compliqués», a résumé le maire. 

    La présentation de l’éco-quartier du Village Vert, de même que l’évolution du projet de la rue Saint-Henri ont aussi été avancés au printemps dernier. Même chose pour le Plan particulier d’urbanisme pour le centre-ville (PPU) et le développement de l’entrée Ouest. Les dossiers se sont enchainés à un rythme effréné à Rivière-du-Loup.  

    «On n’a pas chômé. La ville est un peu en ébullition. Ça grouille, il y a de l’effervescence, il y a des projets», a reconnu Mario Bastille, soutenant que les gens d’affaires locaux ont de l’intérêt à développer chez eux. «Il y a des gens de l’extérieur aussi, et c’est bienvenu, mais quand nos locaux ont confiance en la ville, veulent travailler et développer, il faut s’en réjouir.»

    Naturellement, les projets font rarement l’unanimité. Ces derniers mois, plusieurs inquiétudes ont été soulevées et des doutes ont été amenés sur la place publique, notamment au sujet de l’abattage d’arbres et de la protection de l’environnement. Mario Bastille dit les comprendre et y être sensible, mais il admet qu’il faut réussir à faire des concessions afin de maximiser le développement à l’intérieur du périmètre urbain actuel. 

    «Les demandes citoyennes, je les respecte […] mais en même temps, tu ne peux pas faire de nouvelles rues, et développer des terrains, tout en gardant la forêt entière comme elle était. Ça ne fonctionne pas. Il faut trouver un équilibre», a déclaré le maire de la Ville de Rivière-du-Loup. 

    Mario Bastille estime à ce sujet que la refonte du plan d’urbanisme viendra assurer une forme de stabilité dans le développement futur. «Le plan a 20 ans, il n’est pas tout à refaire, mais un travail important doit être effectué. Nous sommes d’accord qu’on ne pourra plus faire du développement résidentiel comme c’était dans les années 80, c’est clair.»

    «Le défi qu’on a, à la Ville, c’est qu’on a des promoteurs qui veulent parfois développer leurs parcelles chacun à leur façon. Mais pour nous, c’est clair qu’on ne peut pas [aller dans ce 
sens-là]. On veut une vision globale, commune et c’est le message qu’on veut passer. Je pense qu’on peut travailler tous ensemble.»

    ETMEDWAY?

    Le mégaprojet de Complexe santé Rivière-du-Loup du Groupe Medway – et le Plan particulier d’urbanisme auquel il est lié en partie – aura marqué l’année 2022 à Rivière-du-Loup. Jamais un projet immobilier n’a autant été discuté, pour les bonnes et les mauvaises raisons. Chez Info Dimanche, une recherche non exhaustive permet de trouver près d’une cinquantaine de textes journalistiques et d’opinion diffusés sur le dossier. Un sommet sur une si courte période. 

    Le projet a fait réagir, c’est le moins que l’on puisse dire. Et alors qu’il est maintenant bien entamé, Mario Bastille estime toujours que la meilleure décision pour la ville a été prise. «C’est une décision politique oui, mais qui repose sur l’expertise d’une équipe et de professionnels», a-t-il rappelé. 

    Le maire et les élus sont convaincus d’avoir l’appui d’une majorité de Louperivois dans ce dossier, sachant très bien qu’il est, encore une fois, impossible de faire l’unanimité. Aucun référendum n’a cependant été tenu sur la question pour mettre cela au clair. 

    «J’ai eu des doutes à certains moments. J’ai réfléchi et on s’est posé beaucoup de questions comme élus. Est-ce qu’on a fait les choses comme il faut? Est-ce qu’on a pris la bonne décision? Mais sur le terrain, les commentaires ont toujours été majoritairement positifs et ça allait bien au-delà de mon cercle personnel.»

    Il ose un parallèle avec le projet de passerelle au-dessus du chemin de fer dans le secteur du parc des Chutes pour illustrer son point. «Même si j’étais ouvertement en faveur, j’ai eu un retour général beaucoup plus mitigé, plus négatif, de différents milieux. Je l’ai senti tout de suite.»

    Il vit bien avec les décisions prises, dont la plus importante : celle d’aller de l’avant. Quelque part, il sait aussi que cette réalisation sera associée à son legs comme maire. 

    «Je serais vraiment imbu de moi-même si j’étais convaincu de ne jamais avoir tort. Ce n’est pas le cas. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui est certain à 100 miles à l’heure de chacune de ses décisions? Dans les circonstances, je pense que c’est le bon choix, mais c’est certain que l’avenir nous le dira.»

    Et cet avenir, pour Rivière-du-Loup, est-il fait de bâtiments géants? 

    «Ce n’est pas parce que Medway s’en vient que les élus, demain matin, vont accepter des neuf étages partout au centre-ville et sur la rue Lafontaine», a-t-il laissé entendre, soutenant que l’objectif «n’est pas de bâtir Rivière-du-Loup en hauteur». «Il faut faire attention, mais il ne faut pas se fermer de porte non plus. Parfois, il y a des opportunités à saisir.»
    Pour la suite, Mario Bastille n’a pas hésité à donner sa confiance au Service du développement territorial et à son directeur Thomas Ruest-Gagné qui, selon lui, «est allumé, dédié et livre la marchandise».
     

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