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27 juillet 2022 - 06:55 | Mis à jour : 09:00

Décès d'Émile-Antoine Roy-Sirois : «C’est quelqu’un qui m’a appris beaucoup»

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

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L’annonce du décès d’Émile-Antoine Roy-Sirois, tué au combat en Ukraine, où il s’était rendu de son propre chef pour défendre le pays contre l’invasion russe, a ému plusieurs personnes de la région au cours des derniers jours. Le trentenaire avait des racines familiales au Témiscouata et il avait suivi son parcours collégial au Cégep de Rivière-du-Loup. 

Même s’ils n’ont eu que très peu de contacts ces dernières années – seulement des échanges de quelques mots de temps à autre –, Marcel Deschamps a été bousculé d’apprendre la mort d’un vieil ami, samedi.

«Je l’ai appris par la publication d’une connaissance sur les réseaux sociaux. Ça m’a vraiment touché, même si je sais que c’était son choix de s’engager et qu’il était là où il souhaitait être», a-t-il confié le 25 juillet, quelques jours après que différents médias nationaux aient partagé son histoire. 

«J’avais été surpris de voir qu’il s’était enrôlé au printemps dernier. Je pensais aux dangers, évidemment, mais je trouvais que ça ressemblait aussi quelque part à l’homme que j’avais connu, même si je ne sais pas quel chemin il a emprunté ces dernières années. Je lui avais envoyé un petit mot pour lui demander de faire attention à lui.»

Marcel Deschamps raconte avoir rencontré Émile-Antoine Roy-Sirois à travers son rôle de technicien à la vie étudiante au Cégep de Rivière-du-Loup. Il se souvient d’un jeune homme intellectuel, rigoureux et investi. Un étudiant «érudit dans plusieurs domaines» qu’il avait appris à connaître en l’accompagnant à un festival de philosophie.

«Nous avions fait connaissance à ce moment-là et nous avions gardé contact par la suite. Les discussions étaient toujours très intéressantes et captivantes avec Émile-Antoine. Il s’intéressait à la philosophie, à la politique, à la diplomatie…C’était quelqu’un qui avait beaucoup de connaissances et un argumentaire solide», a décrit M. Deschamps. 

«Nous avons perdu une bonne personne qui s’est investie pour les autres. Je vais garder de très bons souvenirs de lui. Je ne l’oublierai pas. C’est quelqu’un qui m’a marqué et qui m’a appris beaucoup, même s’il n’avait qu’une vingtaine d’années à l'époque.» 

Bien qu’ils n’étaient plus aussi proches qu’il y a dix ans, Marcel Deschamps a dédié une publication Facebook à Émile-Antoine Roy-Sirois, cette fin de semaine. Il y parle d’un ancien étudiant qui aimait les humains. «Je voulais aussi le remercier pour ce qu’il a fait. J’avais besoin de lui dire, quelque part.»

Émile-Antoine Roy-Sirois faisait partie des centaines de Canadiens qui ont décidé de s’enrôler de leur propre chef pour défendre l’Ukraine contre l’invasion russe. Âgé de 31 ans, il avait étudié en marketing et en philosophie à Montréal. 

Selon ce que rapporte le Journal de Québec, il aurait été tué par des frappes d’artillerie, alors qu’il tentait d’évacuer un camarade blessé lors d’une pluie de bombardements russes dans la ville de Siversk, le 18 juillet. 

Avant d’être appelé au front pour combattre dans le Donbass, Émile-Antoine Roy-Sirois se serait entrainé avec la Légion étrangère durant les premiers mois suivants son arrivée en Ukraine à la fin mars. 

Dans une communication émise le 25 juillet, le Congrès des Ukrainiens Canadiens (UCC) s’est dit «profondément attristé» d’apprendre le décès d’Émile-Antoine Roy-Sirois, «qui a donné sa vie en défendant l’Ukraine». «Le peuple ukrainien et notre communauté se souviendront de M. Roy-Sirois pour son altruisme et son dévouement envers les valeurs de liberté et de justice que partagent le Canada et l’Ukraine», a-t-il écrit. 
 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Ne pas confondre "Légion Étrangère" et "Légion internationale pour la défense territoriale de l'Ukraine"...

    Marc Bismut - 2022-07-28 01:50