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6 mai 2022 - 06:52

«Parlons littératie!», un projet rassembleur qui fera boule de neige 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Au Bas-Saint-Laurent, comme ailleurs au Québec, des milliers de personnes sont aux prises avec différentes difficultés reliées à la lecture et à la compréhension de textes, de formulaires ou de prescriptions. Une réalité qu’il faut non seulement reconnaître et garder en tête, mais qui nécessite aussi une conscientisation auprès de toute personne qui travaille avec le public. 

Ces dernières années, le Centre d’éducation des adultes (CEA) de Kamouraska-Rivière-du-Loup a mis sur pied une boite à outils novatrice pour aider à communiquer de manière plus efficace et plus respectueuse avec la population adulte qui éprouve de la difficulté à comprendre et à utiliser l’information écrite dans leur quotidien. Le projet, intitulé «Parlons littératie!», fait aujourd’hui son bout de chemin dans la région et pourrait, plus tôt que tard, faire des petits à l’échelle provinciale. 

«Comme Centre d’éducation des adultes, on a cette mission-là de rehausser et maintenir les compétences en littératie chez la population adulte. On veut que les gens soient autonomes et fonctionnels», explique la directrice du CEA de Kamouraska-Rivière-du-Loup, Nathalie Bélanger. 

«Mais en travaillant [vers cet objectif], on s’est rendu compte avec nos partenaires qu’on a beau avoir une offre de services intéressante, c’est aussi important de faire comprendre dans la population que les messages qu’on transmet doivent pouvoir être accessibles et facilement compris. On souhaite sensibiliser les organismes et les entreprises à ce niveau.»

Selon des études du PEICA, un Québécois sur deux, âgé entre 16 et 65 ans, ne possède pas les compétences minimales en lecture pour être autonome, fonctionnel et indépendant dans ses activités quotidiennes. Ainsi, même s’il occupe un emploi, il éprouve de la difficulté, voire une incapacité, à traiter l’information dans la vie courante. Remplir un formulaire, comprendre un document légal ou lire une prescription peut ainsi représenter un défi important.  

CAPSULES VIDÉO ET AUTRES OUTILS

Quatre capsules vidéo, une affichette et une roulette de la littératie sont quelques-uns des outils mis de l’avant par l’équipe du CEA composée de deux enseignantes, Catherine Fournier et Isabelle Labrecque, et une agente de développement et conseillère en orientation, Valérie Lepage, en collaboration avec l’organisme l’ABC des Portages. 

Les capsules, par exemple, sont de courte durée et permettent de rejoindre en tout temps – et facilement – un grand nombre de personnes. Développées pendant la pandémie, alors qu’il était impossible d’organiser des ateliers de sensibilisation, elles abordent différents thèmes permettant d’en apprendre davantage sur la littératie. Elles donnent également des trucs pour rendre ses communications orales et écrites plus accessibles. 

«Les capsules, en plus de présenter des stratégies simples de communication, proposent des astuces qui peuvent véritablement aider les organisations dans leurs communications avec la population», souligne l’enseignante de français Catherine Fournier. 

«L’objectif, c’est que les gens réalisent ce qu’ils font de bien et ce qu’ils peuvent améliorer pour s’assurer que leurs messages soient compris. Les outils sont faciles d’utilisation, clé en main, et les capsules se présentent très facilement», complète Nathalie Bélanger. 

UNE RÉCEPTION POSITIVE

La démarche du Centre d’éducation des adultes a amené la direction à se questionner elle-même sur ses propres pratiques, souligne Mme Bélanger. D’importantes améliorations au processus d’accueil des nouveaux élèves ont notamment été apportées. 

Les outils développés ont aussi déjà été relayées et présentés dans les établissements scolaires du Centre de services scolaire Kamouraska-Rivière-du-Loup. «Plusieurs établissements de notre CSS l’utilisent dans leurs communications avec les parents», assure la directrice, précisant qu’un autre centre de services scolaire l’a récemment contactée puisqu’il souhaite utiliser le matériel développé.

«Pour le moment, on sent qu’il y a un impact et que ça crée une réflexion personnelle chez les gens. La réception est très positive.»

Cet automne, l’équipe du CEA souhaite déployer le projet aux entreprises et organismes de la région, ainsi qu’au milieu de la santé. Elle estime que ses outils pourront être très utiles en milieu de travail ou les échanges et contacts sont nombreux avec les collègues et la clientèle. Des ateliers pourraient même être organisés dans différents milieux. 

Dans un avenir rapproché, le centre d’éducation des adultes prévoit aussi présenter ses différents outils au MEQ qui a participé financièrement à son initiative. Qui sait, le projet louperivois pourrait peut-être être appelé à voyager à l’échelle nationale. 

 

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