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12 avril 2022 - 12:35 | Mis à jour : 13 avril 2022 - 09:21

Le Témiscouata précurseur d’un nouveau modèle de services de garde au Québec

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Cinq projets-pilotes de responsables en services de garde (RSG) en communauté verront le jour au cours des prochains mois dans la région du Témiscouata. Un assouplissement des exigences réglementaires permet maintenant aux RSG d’offrir leurs services à l’intérieur d’un local fourni par la communauté plutôt qu’à leurs résidences. Le CPE les Calinours de Témiscouata-sur-le-Lac est le premier au Québec à démarrer ce nouveau modèle. À Saint-Michel-du-Squatec, l’édifice municipal accueillera un groupe d’une douzaine d’enfants.

Quatre autres municipalités de la région auront leurs propres projets, soit Saint-Marc-du-Lac-Long, Saint-Honoré-de-Témiscouata, Biencourt et Lac-des-Aigles. Les initiatives déployées dans la région pourraient être exportés dans plusieurs autres communautés rurales du Québec, indique le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

À Saint-Michel-du-Squatec, la Municipalité a décidé d’offrir gratuitement un espace situé au sous-sol de l’édifice municipal à deux éducatrices, permettant de créer 12 nouvelles places en plein cœur de la communauté. «Une nouvelle comme aujourd’hui vient boucler la boucle parce qu’on sait que si on veut avoir des parents au travail et de nouvelles familles qui s’en viennent, ça prend de nouvelles places en garderie», explique le maire suppléant de Saint-Michel-du-Squatec, Daniel Caron. Le Club des 50 ans et plus qui se trouvait au sous-sol de l’édifice municipal a non seulement déménagé, mais il a aussi fait un don de certains électroménagers pour faciliter la mise en place du projet.

«Je pense qu’on va faire des familles satisfaites au Québec. C’est une fierté que ce soit démarré au Témiscouata […] La perte des RSG des dernières années, on l’a vraiment sentie et on voulait mettre l’épaule à la roue et travailler pour trouver des solutions», ajoute le directeur général du bureau coordonnateur CPE les Calinours et maire de Témiscouata-sur-le-Lac, Denis Blais. Ce dernier a déjà reçu des appels d’autres MRC intéressées par cette initiative. Près de 180 nouvelles places seront créées au Témiscouata d’ici les 6 à 8 prochains mois, en incluant le nouveau CPE d’une cinquantaine de places qui se construira à Témiscouata-sur-le-Lac, selon M. Blais. 

À Saint-Michel-du-Squatec, le projet de responsables en services de garde en communauté s’est concrétisé en trois mois. «Pour nos petites municipalités, un service de garde de 12 places, c’est toute la différence dans une communauté. Pour nous, c’est vital, explique Denis Blais. Multiplier des CPE dans des petites communautés ce n’est pas viable, ce n’est pas pensable et on fermerait des RSG. Ce sont des projets comme cela qui font en sorte qu’on va réussir à se sortir la tête hors de l’eau.»

NOUVEAUX MODÈLES

Les éducatrices participant à ces projets-pilotes conserveront leur statut de travailleuses autonomes ainsi que les avantages des services éducatifs en milieu familial, tout en travaillant dans un local situé hors de leur résidence. «Si une éducatrice a une assistante, on peut aller jusqu’à neuf enfants. Deux éducatrices peuvent se regrouper et en accueillir 12. Elles sont liées à un bureau coordonnateur pour la garde en milieu familial», explique le ministre de la Famille Mathieu Lacombe. Selon lui, la formule de CPE n’est pas toujours la solution dans les communautés rurales puisqu’elle a besoin d’un certain nombre d’inscriptions pour être rentable. D’autres modèles pourraient aussi émerger, comme un partenariat entre quatre personnes responsables partageant un espace fourni par la communauté afin d’offrir un service de garde à horaires atypiques, indique M. Lacombe.

La directrice générale du Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance, Francine Lessard, a travaillé en collaboration avec Denis Blais du CPE les Calinours afin d’innover pour développer la garde en milieu familial autrement.

Ces projets-pilotes s’inscrivent dans le Grand chantier pour les familles lancé en octobre dernier par le ministère de la Famille du Québec. Le gouvernement s’est engagé à ce que chaque enfant puisse avoir une place d’ici mars 2025. Ce plan prévoit la création de 37 000 places subventionnées pour compléter le réseau des services de garde éducatives à l’enfance d’ici trois ans.

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