Publicité

7 avril 2022 - 10:28 | Mis à jour : 8 avril 2022 - 15:08

Vision pour le centre-ville de Rivière-du-Loup : choc d’idées avec les citoyens

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin
Toutes les réactions 1

Une cinquantaine de citoyens ont répondu à l’appel de la Ville de Rivière-du-Loup afin d’assister à la présentation du Plan particulier d’urbanisme (PPU) concernant le centre-ville louperivois, le 6 février. Pour plusieurs, l’occasion a été de prendre connaissance de la vision municipale, mais aussi de questionner certaines façons de faire et d’émettre des craintes à l’endroit des décisions à venir. 

Conservation des espaces verts, déboisement, protection de la rivière et des zones riveraines…l’environnement et le développement durable ont été au cœur des discussions et des interventions menées par de nombreux citoyens durant la rencontre qui a duré près de trois heures à l’auditorium du Collège Notre-Dame.

La hauteur potentielle de nouveaux bâtiments, les impacts visuels des nouvelles constructions, de la densification et d’un accroissement de la circulation, la présence d’aires de stationnement et de logements abordables, ainsi que la vision municipale concernant le transport collectif ont aussi été amenés à l’avant lors de la période d’échanges. 

MEDWAY 

Sans surprise, l’intérêt de l’entreprise Medway envers un lot situé sur la rue Saint-Louis pour y construire un grand complexe santé avec des logements, a aussi été au cœur des inquiétudes partagées. De nombreux citoyens n’ont pas caché craindre les impacts de cette construction d’envergure qui viendrait densifier le secteur aux abords de la rivière, près de la Maison des aînés.  

Plusieurs ont aussi déploré que la ville semble prioriser les promoteurs au détriment de la volonté des citoyens dans différents projets. Ils ont également remis en doute l’intérêt de consacrer ce secteur précis au domaine de la santé, alors qu’il pourrait être utilisé à d’autres fins. 

«Ce projet, à travers les logements offerts, vient privatiser certaines des plus belles vues à Rivière-du-Loup et les restreint aux gens les plus fortunés. On collectivise aussi les pertes, puisque la majorité de la population ne pourra pas en profiter et aura à vivre avec les impacts visuels du bâtiment», a lancé un citoyen sous les applaudissements de la foule. 

«C’est trop gros. Vous semblez trouver ça beau, mais pas moi. Ce n’est pas ce que nous souhaitons. Ce n’est pas ce que les jeunes veulent non plus […] À vous écouter, on dirait que les promoteurs décident pour nous», a lancé une citoyenne dans une allocution qui a aussi été très bien accueillie. 

Questionné à ce sujet, le maire Mario Bastille a répété que le projet n’était pas encore déposé. Il a aussi assuré que le PPU n’avait pas été réfléchi uniquement pour ce promoteur et qu’il allait aller de l’avant, même si l’entreprise décidait de revoir ses plans. 

«Ce qu’on a dit, c’est qu’on voulait être prêts si un projet d’envergure était déposé, qu’on voulait tout mettre en place pour pouvoir l’accueillir», s’est défendu M. Bastille au terme de la soirée. 

«J’ai pris en note les commentaires amenés, mais je crois toujours à ce projet, a-t-il ensuite confié. On va avoir du travail à faire et le promoteur aussi. Mais il faut rester attentifs si on veut développer notre ville et ce n’est pas nécessairement de lui donner carte blanche.» 

Selon nos informations, le promoteur était aussi présent – ou du moins représenté – dans la salle du Collège Notre-Dame mercredi. Il a donc été aux premières loges afin d’écouter les commentaires effectués. 

CONCERTATION 

Dans leurs commentaires, plusieurs citoyens ont aussi questionné le maire et les employés de la Ville sur le travail qui avait été fait en amont de cette présentation du PPU. Ils ont regretté qu’aucune concertation n’ait eu lieu avec les commerçants et résidents du secteur avant l’élaboration du document. 
Certains croient que le secteur touché par le PPU devrait être agrandi jusqu’à la rue Fraser, ce qui peut être fait selon la Ville. D’autres estiment aussi que la vision devrait être élargie davantage, plus audacieuse. 

«Quelle est la place du citoyen qui reste dans le secteur, quel est la place du commerçant? Parce qu’on va être impactés par les décisions, on va arriver pour faire des modifications et on aura peut-être des contraintes. Donc, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, mais avant d’arriver avec un résultat final, il faut avoir le pouls des gens qui vivent dans cet environnement», a notamment partagé Jean-Louis Levesque, propriétaire du commerce Le Vrac. 

«Si on avait préparé la rencontre avec des gens dès le début de la définition des objectifs, si des jeunes, des commerçants et des personnes âgées [avaient été consultés en amont], ç’aurait déjà été différent», a estimé une résidente. 

UN OUTIL MALLÉABLE 

Une fois la rencontre d’informations terminée, le maire Mario Bastille a mentionné être satisfait des échanges obtenus. Il a convenu que le PPU n’était pas parfait et que la Ville ne s’attendait pas non plus à faire l’unanimité. Il a d’ailleurs confirmé que le travail de réflexion se poursuivra avec les élus et la direction municipale. 

«On n’avait pas la prétention de présenter un projet clé en main et optimal. C’est une vision qu’on a déposée aux citoyens. Des gens ont trouvé que ça faisait du sens, d’autres moins de sens, alors on va travailler pour voir ce qu’on peut trouver comme compromis», a-t-il dit. 

«Ce que je retiens aussi, c’est ce que le développement durable et la protection des espaces verts, c’est très important.[…] Ça me fait réaliser qu’il faut peut-être aller encore plus loin dans nos démarches et sensible à cela.» 

Le directeur du Service de l’urbanisme, Thomas Ruest-Gagné, s’est lui aussi réjoui de l’intérêt des citoyens envers le développement de leur ville, confirmant également que de nouvelles réflexions auront lieu. Il a aussi précisé que le PPU est un outil malléable qui pourra subir des modifications avec le temps. 

La Ville de Rivière-du-Loup s’apprête d’ailleurs à confier la réalisation de son nouveau plan d’urbanisme (pour l’ensemble du territoire) à une firme privée et des consultations publiques seront aussi organisées. Les deux projets pourraient être appelés à s’imbriquer et à évoluer ensemble au cours du processus. 

 

Publicité


Publicité

Commentez cet article

Toutes vos réactions

1 réactionsCommentaire(s)
  • J’étais présente à la présentation et au sortir de celle-ci, j’ai remercié du plus profond de mon cœur les efforts investis par les citoyens, organismes et élus de jadis qui ont développé notre centre-ville, le parc des Chutes et celui de la Pointe. Ces secteurs de choix sont des trésors d’architecture, de verdure et de paysages et s’intègrent de façon harmonieuse à la trame urbaine, à la topographie de même qu’à la beauté naturelle de notre ville. Ils sont à la disposition de tous les citoyens louperivois et font le rêve de ceux qui nous visitent. Certains viennent même s’y établir en partie pour cette qualité de vie, la qualité des paysages et pour l’offre de services que l’on trouve ici, chez-nous.

    Je me suis sentie concernée par certains propos et commentaires sages et constructifs des intervenants à l’égard du PPU et j’ai souhaité ardemment que nous, citoyens, organismes et élus d’aujourd’hui, suivions à notre tour cette ligne directrice du développement durable et tirions profit de la beauté typique des lieux pour que ce projet profite aussi aux générations futures.

    Diane Otis - 2022-04-08 15:22