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11 mars 2022 - 06:02 | Mis à jour : 11:41

Le recours à la main-d’œuvre indépendante plombe les finances du CISSS du Bas-Saint-Laurent

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le CISSS du Bas-Saint-Laurent rapporte un déficit de 19,6 M$ pour sa 10e période financière, notamment en raison du recours à la main-d’œuvre indépendante. D’après les projections qualifiées «d’assez lourdes» par la présidente-directrice générale du CISSS, Isabelle Malo, le déficit de l’organisation pourrait avoisiner les 24 M$ à la fin du mois de mars 2022.

Ce trou dans le budget exclut les couts liés à la COVID-19, qui sont de 114 M$ pour l’année 2021-2022. En janvier dernier le CISSS du Bas-Saint-Laurent a autorisé un règlement d’emprunt de 162 M$, qui sera valide jusqu’en octobre 2022. L’an dernier, le budget global du CISSS du Bas-Saint-Laurent était de 912 M$, incluant les couts liés à la COVID-19.

«On fait des analyses assez rigoureuses de l’utilisation de la main-d’œuvre indépendante dans l’ensemble de l’organisation. On ne l’utilise pas parce que c’est notre choix premier. À un moment donné, avec le nombre de postes qui sont vacants, les gens qui ont des congés, des absentéismes divers, des congés pour études, de l’assurance-salaire, on se retrouve dans des situations où c’est un choix sans choix. On décide de maintenir les services partout au CISSS du Bas-Saint-Laurent et dans l’ensemble des huit MRC», explique Mme Malo. Environ 93 % des revenus du CISSS du Bas-Saint-Laurent proviennent des subventions du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le 15 février dernier, le CISSS du Bas-Saint-Laurent a conclu un contrat de 218 270 $ avec Groupe Serenix Inc de Châteauguay afin d’obtenir les services d’inhalothérapeutes pour «combler le besoin urgent» et de retenir deux inhalothérapeutes de l’agence privée pour couvrir les secteurs de Rivière-du-Loup et de Kamouraska. La présidente-directrice générale du CISSS Isabelle Malo ajoute que les services de l’entreprise seront retenus au besoin pour des remplacements afin d’avoir plus de flexibilité.

«Tant qu’on prendra le parti de maintenir tous les services à la population, on va continuer de maintenir le recours à la main-d’œuvre indépendante. Oui, ça crée une situation de précarité budgétaire, mais mon premier devoir comme PDG est de donner des soins et services à la population», a commenté Mme Malo. Afin de combler ses besoins de personnel médical, le CISSS crée davantage de postes, offre des garanties d’emploi à temps complet, tout en travaillant de concert avec les maisons d’enseignement pour offrir des programmes de formation en accéléré, dont une nouvelle formation d’infirmière-auxiliaire sur 14 mois.

FRAGILITÉ EN OBSTÉTRIQUE

La PDG du CISSS du Bas-Saint-Laurent le confirme, le service d’obstétrique est précaire dans plusieurs MRC, dont la Matanie, la Matapédia, le Témiscouata et le Kamouraska. Entre décembre 2021 et janvier 2022, le CISSS du Bas-Saint-Laurent a rapporté cinq bris de services de plusieurs jours en obstétrique à l’hôpital de Notre-Dame-du-Lac. «On est dans des petites unités multi-clientèles où nos professionnels de la santé font de la médecine, de la chirurgie, parfois des soins intensifs, de l’obstétrique, des soins palliatifs. Ça prend des gens qui sont extrêmement polyvalents. Pour faire de l’obstétrique, il faut avoir une formation spécialisée d’appoint qui est assez importante à suivre», explique Isabelle Malo. Cette dernière souligne que l’organisation doit se prêter à un «jeu de chaise musicale constant» avec les départs et les arrivées. Le CISSS du Bas-Saint-Laurent a bénéficié des services du réseau d’infirmières de dépannage en obstétrique (RIDDO) afin de couvrir les ruptures de services potentielles.

Isabelle Malo rappelle que les infirmières en obstétrique auront maintenant droit à des primes de soins critiques selon les nouvelles conventions collectives. «Tous les efforts sont menés à toutes les semaines pour attacher les horaires avec du fil de soie. C’est grâce à la grande disponibilité et à l’engagement de nos ressources infirmières qu’on réussit à maintenir un maximum de stabilité de l’offre obstétricale dans les six territoires de MRC en plus des activités sage-femme qui ont cours. Même si ce n’est pas parfait, aucun effort n’est ménagé.»

Malgré les affichages de postes externes et internes, encore cinq postes sont vacants en obstétrique dans la MRC de La Matanie. Isabelle Malo estime que l’attractivité régionale, soutenue par les communautés et les élus, est salutaire pour la rétention de main-d’œuvre à moyen et à long terme dans le réseau de la santé.

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