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3 mars 2022 - 15:50 | Mis à jour : 16:14

Bernard Généreux appuiera Jean Charest

François Drouin

Par François Drouin, journaliste

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Le retour possible de Jean Charest, ancien premier ministre du Québec et ancien chef des conservateurs à Ottawa, ne laisse personne indifférent et certainement pas le député du Parti conservateur du Canada dans Montmagny - L'Islet - Kamouraska - Rivière-du-Loup, Bernard Généreux. Ce dernier ne s'en cache pas, il est emballé par la possibilité de voir M. Charest se lancer dans la course à la direction du PCC.

D'ailleurs, M. Généreux était du groupe composé de 39 députés et sénateurs conservateurs qui ont rencontré l'ancien premier ministre du Québec mercredi soir au Château Laurier à Ottawa. Une rencontre qui l'a comblé. «Il a le charisme et l'expérience, il a le bagout et la verve pour faire ça. (...) Il n'a rien perdu, c'est un leader et avec lui le Parti conservateur va être outillé pour la prochaine campagne électorale.»

Le député conservateur s’imagine mal un autre politicien tenir tête à M. Charest dans un débat. Il estime même que celui qui se fait attendre comme candidat pourrait avoir un impact similaire à celle de Brian Mulroney en 1984.

Rappelons que les conservateurs, sous le leadership de M. Mulroney, avaient remporté lors du scrutin la plus grande majorité parlementaire de l'histoire du Canada, infligeant une lourde défaite aux libéraux de John Turner qui succédait tout juste à Pierre Elliott Trudeau. Pas moins de 211 candidats conservateurs étaient élus sur une possibilité de 282.

En 2020, Jean Charest avait fait l’impasse à la course à la chefferie conservatrice qui avait vu Erin O'Toole couronné. Selon le député Généreux, les astres semblent toutefois alignés. Il cible notamment l'usure du Parti libéral du Canada écorché par le scandale We Charity (UNIS), par la sortie médiatique de janvier dernier du député Joël Lightbound qui avait reproché au premier ministre de mettre en place des mesures qui divisaient les Canadiens, mais aussi par l'usure même de Justin Trudeau comme homme politique.

«On le sent usé et fatigué, mais pas seulement lui, d'autres de son parti aussi. Avec Jean Charest, nous aurons un homme d'État qui connait le Canada par cœur. M. Trudeau a divisé depuis la pandémie, nous sommes murs pour un rassembleur et Jean Charest est l'homme de la situation», lance Bernard Généreux.

Pour être élu à la tête du PCC, M. Charest aura fort à faire y compris au sein même des conservateurs où coexistent de nombreuses divergences concernant des sujets comme l'avortement, le mariage gai, ou encore les changements climatiques. Il devra courtiser les «conservateurs sociaux» plus à droite et la frange plus populiste, incarnée par le député Pierre Poilièvre, seul candidat déclaré à la chefferie.

Bernard Généreux n’en démord pas, il est persuadé que Jean Charest a la capacité de fédérer les conservateurs de tout pays, notamment en ciblant l'enjeu de l'énergie, qui selon lui, doit être redéfini dans le contexte de la guerre en Ukraine. «Il est mieux placé que quiconque, il a une compréhension fine des enjeux et de la situation.»

Quant à Pierre Poilièvre, député conservateur de Carleton en Ontario, M. Généreux se montre tranché. «Les politiques prônées par Pierre vont nous diviser encore plus. S'il devait être élu, je ne m'en cache pas, je vais rester au parti, mais pour faire contrepoids. Je lui ai dit», assure le député de Montmagny - L'Islet - Kamouraska - Rivière-du-Loup.

Ce dernier se range donc derrière Jean Charest, une connaissance de près de 35 ans. Celui qui a été premier ministre du Québec l'avait même invité à se présenter sous la bannière du Parti libéral du Québec, une proposition qu'il avait déclinée.

«La famille de son épouse est originaire de Saint-Pascal. Claude Béchard était son dauphin et j'avais une très, très, bonne bonne relation avec M. Charest alors que Claude était un ami personnel. Nous avions des atomes crochus», souligne le député conservateur.

Le retour potentiel de M. Charest en politique fédérale a aussi soulevé de nombreuses allégations de corruption. Plusieurs politiciens, à Québec comme à Ottawa, ont attaqué son bilan à titre de premier ministre du Québec. Bernard Généreux ne s'en formalise pas et souligne plutôt que l’UPAC a mis fin à l’enquête Mâchurer sans qu'il n'ait eu aucune accusation.

ÉLECTION

Le Comité organisateur de l’élection a confirmé que le scrutin conservateur aura lieu le 10 septembre prochain. Les candidats auront jusqu’au 19 avril pour déposer leur candidature ce qui inclut un montant de 200 000 $ qui couvrira les frais d’inscription et un autre de 100 000 $ qui correspond au «dépôt de conformité». Cette somme sera remboursée après l’élection. À noter que la période de demande d’adhésion a été fixée au 3 juin.

Bernard Généreux s’est réjoui de cette annonce. «Nous souhaitions avoir une élection du chef à l'automne de façon à laisser le temps aux candidats de pouvoir permettre aux différents candidats de voyager à travers le Canada de rencontrer les membres et nouveaux membres. Nous devrons aussi vendre le plus de cartes de membre d'ici le 3 juin pour avoir l'option de voter pour un candidat.»

 

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1 réactionsCommentaire(s)
  • S.V.P. laissez ce simulacre là ou il est, aussi , quelle coïncidence que l'UPAC ait mis fin à l'enquête Mâchurer…le concernant.

    Vallier Desjardins - 2022-03-03 20:13