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1 mars 2022 - 15:12 | Mis à jour : 15:51

Mésentente autour de l’implantation d’une tour de télécommunication à L’Isle-Verte 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

L’implantation d’une tour de télécommunication de Bell Canada dans le périmètre urbain de la Municipalité de L’Isle-Verte ne fait pas consensus. Si la nécessité d’une telle infrastructure n’est pas contestée, son installation au cœur du village déplait aux membres du conseil municipal qui souhaitent que l’entreprise leur propose de nouvelles solutions. 

Dans une résolution adoptée à l’unanimité le mardi 8 février, les élus de L’Isle-Verte informent l’entreprise de télécommunication qu’ils n’entendent «pas autoriser l’implantation d’une tour de télécommunication», ce qu’elle souhaite, près de la rue Béland. 

Le projet de Bell, présenté par l’entremise de la firme Romin, est de remplacer une tour d’environ 18 mètres existant par une tour de type monopole de 29 mètres de hauteur afin d’améliorer le service du réseau sans fil dans la région. Concrètement, la tour serait située derrière un abri d’équipement à environ 32 mètres au nord de la rue Béland, sur un lot privé qui lui appartient. 

«Le service n’est pas bon partout dans le village, notamment en bas de la côte de la rue Notre-Dame. Il y a vraiment une problématique qu’il faut corriger», concède la mairesse Ginette Caron, ne niant pas les besoins criants à ce niveau.  

«Mais le conseil est en désaccord avec l’implantation de la tour à cet endroit, ajoute-t-elle. Pour les nouveaux membres du conseil municipal, ce n’est pas acceptable.»

Dans leurs arguments, les élus soutiennent que la future structure aura un impact visuel important sur l’ensemble du périmètre urbain et que celle-ci ne cadre pas bien avec la volonté de la population de protéger, «à tout prix», la qualité de son environnement. «L’implantation de cette nouvelle structure va à l’encontre de cet objectif», peut-on lire dans la résolution. 

La Municipalité de L’Isle-Verte rappelle aussi que le positionnement d’un projet de même nature, soumis par une entreprise concurrente sur un autre site à l’intérieur du périmètre urbain, a déjà été revu puisqu’il n’avait pas eu l’aval de la population. 

Ginette Caron indique qu’elle a également proposé un autre site à l’entreprise, puisque la Municipalité possède des terrains sur le rang 2.

«J’avais offert cette solution lors de notre première rencontre. Ce n’est pas un secteur urbain et une tour à cet endroit n’aurait pas d’impact sur le panorama. Maintenant, est-ce que ça répond aux critères de Bell pour offrir un service de qualité? Je ne sais pas», mentionne-t-elle, précisant que l’entreprise n’a pas officiellement rejeté cette option. 

Quoi qu’il en soit, les élus de L’Isle-Verte demandent à ce que d’autres emplacements lui soient offerts, hors du périmètre urbain, «tout en s’assurant que lesdits emplacements obtiennent l’assentiment de la population et non exclusivement de quelques citoyens».

L'ENTREPRISE MAITRE CHEZ ELLE? 

Dans son processus d’implantation, Bell souligne vouloir travailler en collaboration avec les communautés. L’entreprise invite d’ailleurs les résidents voisins au projet à faire parvenir leurs commentaires au représentant responsable du dossier, Robert Minotti, avant le 6 mars 2022. 

La Municipalité a décidé de publier une communication à cet effet le 1er mars sur son site Web, invitant ses concitoyens concernés à se prononcer. Elle regrette que le délai soit aussi court et que l’ensemble de la population n’ait pas droit de parole.

«On encourage les gens à donner leur point de vue. Si plusieurs personnes interpellent l’entreprise, peut-être qu’elle reverra sa position. Notre intention, ce n’est pas de couper l’herbe sous le pied à Bell, mais que le projet se fasse à la satisfaction de tous», partage la mairesse.  

Selon Ginette Caron, si Bell pousse pour l’installation d’une nouvelle tour, c’est qu’elle ne peut pas bonifier le service en utilisant une installation déjà existante. Elle serait aussi libre d’implanter une tour sur un terrain qui lui appartient, peu importe ce qu’en disent les citoyens. 

«Ultimement, l’entreprise a le choix, mais c’est certain que de notre côté, on encourage le bon voisinage. On espère qu’elle répondra à nos préoccupations.»

Ginette Caron doit avoir une nouvelle discussion avec le représentant de l’entreprise de télécommunication dans les prochains jours. 

Info Dimanche a tenté de rejoindre l’équipe des communications de Bell Canada, sans succès au moment d’écrire ces lignes. 

 

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