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26 novembre 2021 - 12:13 | Mis à jour : 16:26

Abolition de l’horaire de faction : la FPHQ interpelle François Legault 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Les paramédics qui desservent les territoires de Trois-Pistoles, Saint-Cyprien, Squatec et Saint-Alexandre-de-Kamouraska n’en peuvent plus d’attendre que le gouvernement mette fin aux horaires de faction. Leur syndicat, la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ), a d’ailleurs interpellé le premier ministre François Legault à ce sujet, ce vendredi 26 novembre. 

Dans une lettre adressée directement au chef de la Coalition Avenir Québec, la FPHQ demande à François Legault d’intervenir lui-même dans ce dossier, comme il l’a fait dans le passé pour le secteur de Cabano à Témiscouata-sur-le-Lac. Dans un souci de cohérence, son vice-président aux relations de travail, Jérémie Landry, estime qu’il est plus que temps d’agir : l’abolition des horaires de faction doit être confirmée pour les secteurs du Bas-Saint-Laurent où ils sont toujours en vigueur. 

Selon M. Landry, la balle est en ce moment dans le camp du ministère de la Santé et des Services sociaux, d’autant plus que le CISSS du Bas-Saint-Laurent a recommandé, en septembre, de convertir l’horaire de faction en horaire à l’heure pour les zones de Trois-Pistoles, La Pocatière et Saint-Pascal. Cette information provient de documents officiels obtenus par le syndicat grâce à la Loi d’accès à l’information. 

«La transformation d’un horaire de faction en horaire à l’heure permettrait d’assurer une meilleure couverture du secteur de même que pour les points de service environnants (Squatec et St-Cyprien) qui ne sont stabilisés que par un seul horaire de faction», peut-on lire dans ledit document transmis par le CISSS au ministère.

Cette recommandation est «conforme aux attentes» de la FPHQ, confirme Jérémie Landry, qui salue d’ailleurs le travail effectué par le CISSS. Cependant, dans ce contexte, il peine à comprendre pourquoi aucune annonce gouvernementale n’a encore été effectuée. 

«On ne comprend pas du tout pourquoi l’annonce n’arrive pas et que les décisions ne se prennent pas [au gouvernement]. Le ministère a les chiffres et les recommandations du CISSS», regrette Jérémie Landry. Il souligne que les paramédics de La Pocatière ont «de meilleures statistiques» que ceux de Cabano à l’époque, concernant les horaires de faction. 

«Des rencontres ont eu lieu avec des élus dans les dernières semaines et ils laissent toujours planer le doute que des annonces pourraient bientôt être effectuées […] Mais ce qu’on voit, c’est que le gouvernement essaie d’étirer et de gagner du temps.»

Rappelons que le gouvernement du Québec a annoncé, le 29 avril 2021, la conversion de l’horaire de faction en horaire à l’heure pour les paramédics du secteur de Cabano à Témiscouata-sur-le-Lac. Cette transformation représentait alors un investissement annuel supplémentaire de 867 962 $. Pour Trois-Pistoles, la conversion est estimée à 938 000 $.

Rappelons que lors d’un horaire de faction, les paramédics sont de garde pendant un quart de travail de sept jours consécutifs, 24 heures sur 24. Ils doivent résider dans un périmètre de cinq minutes de la caserne et se rendre à l’ambulance avec leur véhicule personnel, puis démarrer le véhicule ambulancier pour répondre à l’appel d’urgence. Parfois, les temps d’éveil consécutifs peuvent dépasser 25 heures.

Dans un contexte d’horaire à l'heure, deux paramédics sont à la caserne ou encore dans le véhicule ambulancier, prêts à partir dans la minute après la réception d’un appel d’urgence.

La Fédération des employés du préhospitalier du Québec réitère le fait que le maintien des horaires de faction vient nuire aux délais de réponse sur les interventions urgentes des paramédics, en plus de rendre difficile le recrutement de la main-d’œuvre spécialisée.

«Cette situation vient ainsi créer préjudice aux citoyens des autres secteurs du Bas-Saint-Laurent et nous aimerions pouvoir compter sur votre appui afin de faire changer les choses, au bénéfice de la sécurité des citoyens du secteur», écrit Jérémie Landry dans sa missive adressée à François Legault.  

La FPHQ, qui a également envoyé la missive au ministre de la Santé, Christian Dubé, et à la ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Caroline Proulx, mentionne être disposée à rencontrer le premier ministre pour discuter de la situation qui prévaut actuellement dans la région. Elle précise également que les paramédics sont prêts à se mobiliser et à se déployer pour la cause.

 

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