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5 octobre 2021 - 06:00 | Mis à jour : 13:17

Maison du Sacré-Cœur : un dossier qui traine depuis près de 20 ans

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

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L’homme d’affaires Mario Chapdelaine essaie depuis près de 20 ans d’avoir les autorisations nécessaires de la part de la Ville de Rivière-du-Loup pour convertir la Maison du Sacré-Cœur (ancien orphelinat) sur la rue Fraser en logements haut de gamme. Un avis de recherche publié dans l’édition du journal Info Dimanche du 29 septembre 2021 a incité le propriétaire à sortir dans les médias pour dénoncer l’attitude des représentants municipaux dans ce dossier.

Au cours des derniers mois, M. Chapdelaine voulait céder gratuitement une bande de terrain de 10 pieds tout au fond de la propriété où se trouve un sentier emprunté par des résidents du secteur et aménagé par la Ville de Rivière-du-Loup. Selon lui, ce terrain était utilisé par la congrégation religieuse qui était propriétaire à l’époque de la Maison du Sacré-Cœur.

Sa surprise fut énorme quand il a vu l’avis de recherche du propriétaire publié par la Ville indiquant ceci : «Henri Audette est propriétaire de l’immeuble pour l’avoir acquis en plus grande étendue de Rodolphe Audette, ès qualités de fiduciaire de la fiducie de Joséphine Pouliot, aux termes d’un acte de vente reçu devant Me Louis Joseph Dugal, notaire, le 1er septembre 1910, et publié dans la circonscription foncière de Témiscouata le 3 septembre 1910, sous le numéro 44 874.» Selon Mario Chapdelaine, il s’agit de la parcelle de terrain qu’il voulait céder à la Ville.

«Avis est donc donné à Henri Audette, ses successibles ou leurs ayants droit de se manifester auprès de la soussignée dans les trente (30) jours suivant la publication du présent avis. En cas inverse, la Ville entreprendra des démarches auprès de la Direction principale des biens non réclamés de Revenu Québec pour en devenir propriétaire, et ce, sans autre préavis», peut-on lire également dans l’avis de recherche.

Pour M. Chapdelaine, c’est un nouvel affront, lui qui n’a pas été avisé de cette démarche par les autorités de la Ville de Rivière-du-Loup. Le porte-parole de la Ville, Pascal Tremblay, directeur des communications, a mentionné à Info Dimanche qu’il s’agit de deux dossiers qui n’ont pas de lien. M. Tremblay a précisé qu’après les recherches faites par la Ville, cette bande de terrain n’appartient pas à Mario Chapdelaine et qu’elle ne fait pas partie du projet de la Maison du Sacré-Cœur. Ce lopin de terre situé à l’arrière de l’Hôpital Saint-Joseph avait été cédé à l’époque pour un développement futur.

Plusieurs citoyens du secteur utilisant un sentier s’y trouvant et à leur demande, la Ville y a mis du gravier et de l’éclairage au cours des dernières années. Elle souhaite donc maintenant régulariser la situation.

LE PROJET DE LOGEMENTS TOUJOURS À L’ÉTUDE

Selon le porte-parole de la Ville, le projet de logements dans l’ancien orphelinat est toujours à l’étude. «La porte n’a jamais été fermée, son projet n’a jamais été bloqué», a-t-il lancé. Il n’a pas voulu commenter davantage ce dossier tout en mentionnant que la Ville de Rivière-du-Loup était ouverte et collaborative. «Pour danser, il faut être deux», a-t-il imagé.

Mario Chapdelaine admet qu’il n'a pas toujours été délicat avec les représentants de la Ville de Rivière-du-Loup. «Depuis le début, la transformation du bâtiment est pour de l’habitation. Ils disaient jamais non mais jamais oui, ç’a été problème par-dessus problème», a-t-il commenté.

L’architecte de l’homme d’affaires a notamment déposé des plans pour son projet en mars 2010, l’extérieur du bâtiment restait presque semblable. «Le volume on ne peut pas le changer», a expliqué M. Chapdelaine qui a précisé que la Maison du Sacré-Cœur n’est pas classée au niveau patrimonial, même si pour lui ce ne serait pas une embûche.

La Ville de Rivière-du-Loup lui a accordé un permis pour construire une résidence personnelle à l’arrière de l’ancien orphelinat sur son terrain. Quand est venu le temps de lui permettre de se raccorder au réseau d’aqueduc, les exigences sont devenues inacceptables à ses yeux il a donc choisi de se raccorder à la Maison du Sacré-Cœur qui elle était connectée au réseau public. «Je suis sur mon terrain», a-t-il souligné.

L’homme d’affaires a également soulevé un programme de revitalisation de la rue Fraser pour lequel sa propriété était exclue. Selon lui, il arrêtait de chaque côté de son terrain. Mario Chapdelaine se demande si quelqu’un à la Ville de Rivière-du-Loup lui en veut à ce point?

«Depuis le début, je souhaite transformer l’ancien orphelinat en logements haut de gamme, la plupart pour des retraités. Pouvons-nous s’entendre sur quelque chose qui respecte le code du bâtiment», a souligné le propriétaire. Il demande donc aujourd’hui de la transparence, «un peu de respect», comme il le dit. «Mon but ce n’est pas de démolir la Ville, mais je veux la secouer un peu pour qu’ils arrêtent de me mettre des bâtons dans les roues», a-t-il ajouté. Pendant ce temps, la bâtisse continue de dépérir. «Le cave qui paie, c’est moi. Si je ne suis pas mort, le projet va se réaliser. Je ne baisse pas les bras de-même», a-t-il conclu.   

 

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2 réactionsCommentaire(s)
  • 🙏 Pourquoi ne pas fournir une esquisse de vos intentions ❓

    🙏 Ça pourrait s’avérer porteur.

    🙏 En effet, sous l’hypothèse d’amener un échange avec la population, qui soit dit en passant pourrait s’avérer fort utile, pourquoi cela ne pourrait pas aller même rejoindre votre intérêt purement financier❓

    🙏 Perso, à cette étape, je ne vois pas la raison justifiant de tout « sacrer » ça à terre.

    🙏 Évidemment mon commentaire est celui d’un « étranger »; cela justifie-t-il pour autant son rejet❓

    André Bernstchez - 2021-10-05 14:24
  • Jte sacrerais ca à terre

    Roger Comtois - 2021-10-05 07:06