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7 juillet 2021 - 15:54 | Mis à jour : 15:59

Prudence et vigilance avec les feux d’artifice

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Ils sont colorés, sont au cœur de nombreuses festivités et émerveillent les petits et grands… les feux d’artifice font souvent l’unanimité par ce qu’ils représentent et ce à quoi ils sont associés. Pourtant, ils demeurent des objets dangereux qui peuvent blesser et causer des dommages importants s’ils sont mal utilisés. C’est le message que souhaite rappeler le Service de sécurité incendie de Rivière-du-Loup, alors que des plaintes sont rapportées sur le territoire louperivois. 

Quartier Saint-Ludger, le 6 juillet vers 22 h. Des feux d’artifice domestiques sont lancés à proximité du terrain de baseball municipal, près de la rue Thomas Jones. Le secteur est résidentiel et de nombreuses propriétés se trouvent à proximité. L’initiative n’a causé aucun incident, mais les conséquences auraient pu être bien réelles. 

«C’était irresponsable et aussi complètement illégal», confirme le capitaine et préventionniste au SSIRDL, Éric Deschênes, qui a récupéré la boite de lancement le lendemain matin, sur les lieux, après avoir été informé de ce qui était survenu.

«C’est certain que les personnes ne respectaient pas les règles. À cet endroit, il y avait du danger», dit-il. 

Ce n’est pas la première fois, ces derniers jours, que des feux d’artifice sont utilisés en pleine ville à Rivière-du-Loup. La fin de semaine dernière, les policiers ont été appelés deux fois, d’abord sur la rue Fraser, puis au parc de la Croix. Dans les deux cas, les sites étaient inappropriés et les gestes étaient passibles d’amendes. 

Selon le SSIRDL, le règlement municipal est pourtant clair : les feux d’artifice domestiques doivent être lancés à 50 mètres des bâtiments, des limites de terrain, des véhicules et des arbres. Certains fabricants demandent même de respecter une distance plus importante, comme c’était le cas avec le produit utilisé mardi. 

«Ce ne sont pas des jouets. Les étincelles retombent sur un large périmètre. Les feux peuvent aussi partir de travers ou même exploser. 50 mètres, c’est plus de 160 pieds, alors c’est une distance importante», souligne M. Deschênes, précisant qu’il faut sortir de la ville pour trouver un espace approprié. 

«Un terrain de balle ou le parc urbain, ce sont des endroits interdits, puisqu’ils sont trop proches des bâtiments. Un champ, avec l’autorisation du propriétaire, peut être un lieu sécuritaire, mais encore là, aucune forêt ne doit se trouver à proximité pour éviter une propagation», explique-t-il. 

Selon le spécialiste, on ne peut utiliser des feux d’artifice sans prendre en compte l’indice d’inflammabilité dans la région. Si elle est trop haute, de nombreux incendies pourraient se déclarer en quelques minutes.

L’usage de feux doit également se faire avec plusieurs mesures de sécurité, dont la présence d’un réservoir d’eau ou d’un boyau d’arrosage, rappelle le ministère de la Sécurité publique

RÉEL DANGER 

Au Canada, les feux d’artifice peuvent être achetés par une personne majeure dans des dépanneurs et magasins à grande surface. Seulement quelques dizaines de dollars sont nécessaires pour s’en procurer une quantité intéressante. Pourtant ces pièces pyrotechniques sont dangereuses, si elles ne sont pas utilisées de façon sécuritaire. 

Plus tôt cette semaine, le gardien de but des Blue Jackets de Columbus, le Letton Matiss Kivlenieks, est décédé après avoir été touché par des feux d’artifice. Dans les jours suivants, à Montréal, un feu d’artifice a explosé dans les rues, causant une boule de feu à travers la foule réunie pour un match du Canadien. Par chance, aucune personne n’a été blessée. 

«Des gens auraient pu être brulés sérieusement. Ils prennent ça dans leur main et ne se tiennent pas à l'écart. Ils prennent beaucoup de risque et c’est très dangereux. Il ne faut pas que ce soit pris à la légère», estime le pompier Éric Deschênes. 

VERS UNE DEMANDE DE PERMIS? 

Le préventionniste de Rivière-du-Loup invite les gens qui sont témoins d’une utilisation dangereuse (ou non) de feux d’artifice à communiquer rapidement avec les policiers. Il soutient également que la Ville évalue la possibilité de demander un permis pour l’utilisation de feux d’artifice domestiques sur son territoire. Ce n’est pas le cas actuellement, mais les choses pourraient être appelées à changer. 

«Nous regardons cela sérieusement. C’est pour la sécurité des gens. Le permis serait gratuit, mais il nous permettrait de savoir qui souhaite faire un feu d’artifice, à quel endroit et à quel moment.»

L’obtention d’un permis, pour l’utilisation de pièces pyrotechniques, est déjà obligatoire dans plusieurs villes du Québec. C’est le cas à Saguenay, Sherbrooke et …Trois-Pistoles notamment.

Dans les dernières heures, la ville des Basques a d’ailleurs elle aussi fait un appel à la vigilance de ses citoyens. Elle a rappelé qu’il est «strictement interdit de faire ou de permettre l’usage de feux d’artifice sans autorisation du Service des incendies et de la sécurité civile». 

 

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