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7 avril 2021 - 06:57

Repas à emporter et site transactionnel, la Cabane à sucre Jocy au gout de 2021

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

Pour une deuxième année consécutive, la pandémie vient chambouler les activités dans plusieurs érablières qui avaient l’habitude d’y accueillir des gens pour déguster un repas traditionnel et de la tire sur la neige. À la Cabane à sucre Jocy de Saint-Modeste, Joanie Morais et Yves Roy ont choisi d’innover en 2021 avec des repas à emporter et un site web transactionnel.

«La pandémie a changé le marché en deux ans. En agriculture il faut s’adapter vite, il manquait un vecteur à notre cabane à sucre», a mentionné M. Roy. Il a indiqué que le site web transactionnel a nécessité un mois de préparation. «Il a fallu d’abord aller chercher l’expertise. On a lancé le site une semaine plus tôt que prévu en raison du beau temps et de la demande», a souligné Mme Morais. Comme vous pourrez le constater lors d’une visite au cabaneasucrejocy.com, le site est convivial, fonctionnel et bien illustré avec les produits.

 «On avait des demandes pour des boites repas, on a donc créé le menu ‘’Ma cabane à emporter’’ et trouvé un traiteur pour concocter les repas», a expliqué Joanie Morais. C’est Cynthia Émond de l’entreprise Tout sous un même chef à Rivière-du-Loup qui a accepté cette opportunité. Cela permet également d’offrir à la clientèle deux points de réception des boites repas et des commandes de produits de l’érable. «Elle est connue et c’est local», a poursuivi Mme Morais à propos de ce partenariat d’affaires.

Notez que le menu «Ma cabane à emporter» est offert jusqu’à la fin avril seulement tandis que les produits de l’érable seront disponibles sur le site web toute l’année. «En 2022 on espère à nouveau accueillir des gens pour le repas, c’est chaleureux. On verra aussi quelle est la demande. On a l’impression que les deux façons de faire vont rester», a indiqué Yves Roy.

POUR RENCONTRER DES GENS

Mme Morais et M. Roy ne manquaient pas de travail avec leur importante ferme laitière et une écurie de chevaux. Une tradition familiale et le désir de rencontrer des gens ont poussé les acériculteurs à relancer la cabane à sucre en 2010. «On grossit un peu à chaque année. On a débuté avec près de 400 entailles, c’était alors juste pour la famille», a expliqué l’acériculteur. En 2021, ils ont  réalisé 3 600 entailles sur les érables de leur exploitation.

Yves représente la cinquième génération au sein de la famille Roy à vivre sur cette terre. Son père Jos, qui a été maire de Saint-Modeste pendant 26 ans, a pour sa part effectué une pause dans cette tradition familiale. «La politique m’a pris beaucoup de temps. Je me suis cependant assuré de conserver l’érablière, je coupais du bois de chauffage dans d’autres boisés. J’ai pas détruit la base de la cabane à sucre», a souligné le paternel.

«La cabane à sucre, c’est mon côté party, le gars qui veut voir du monde. Ça me donne de l’énergie pour le reste de l’année. 200 personnes à la cabane, ce sont 200 histoires différentes», a confié l’homme. Avant la COVID-19, la Cabane à sucre Jocy pouvait accueillir environ 75 personnes trois fois par jour pour un repas. «Pour respecter les mesures sanitaires et les bulles familiales, nous aurions accueilli le cinquième de clients à la fois», a souligné Joanie Morais. Le couple a donc décidé de ne pas offrir de repas à la cabane encore cette année. «On vient ici pour le festif, on ne voulait pas jouer à la police, on a préféré faire autrement», a ajouté Yves Roy.

L’an dernier, les mesures sanitaires imposées par la Santé publique ont été mises en place seulement quelques jours avant le début de la saison des sucres. «Plutôt que de perdre des denrées que nous avions pour la préparation des repas, nous en avons donné à des œuvres caritatives», a noté M. Roy.

UNE HISTOIRE FAMILIALE

La ferme familiale a été une des premières exploitations agricoles à voir le jour à Saint-Modeste. Les producteurs actuels se complètent bien. Joanie s’occupe principalement de la régie du troupeau alors que Yves est responsable des travaux aux champs. La période des sucres amène bien entendu du travail additionnel. M. Roy met davantage d’énergie à la cabane à sucre mais tous les membres de la famille apportent leur contribution. «On roule ça familial, mon père, ma mère et les trois enfants. Ils sont en âge d’aider, l’étiquetage c’est leur travail», a mentionné l’acériculteur. «Les heures de sommeil sont raccourcies», a lancé sa conjointe. «On pourrait pas faire ça à l’année», a-t-il ajouté.

La saison des sucres s’est amorcée rapidement ce printemps avec plusieurs journées de température largement au-dessus de la moyenne. Yves Roy, comme tous les acériculteurs de la région, souhaitait la semaine dernière des nuits un peu plus fraîches pour assurer une bonne récolte qui dure normalement de trois à quatre semaines. Dame Nature a exhaussé son vœu en fin de semaine avec une bonne chute de neige.

 

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