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17 mars 2021 - 13:00

Recyclage : on s’attaque au plastique agricole du Bas-Saint-Laurent

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

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Une étude publiée en 2019 par Recyc-Québec concluait que le Bas-Saint-Laurent figure au 3e rang des régions les plus utilisatrices de plastiques agricoles, soit environ 1 265 tonnes par année pour l’ensilage et les tubulures d’érablières. Plusieurs organismes apportent donc maintenant leur contribution pour permettre de recycler davantage ou de diminuer leur utilisation.

«Plusieurs MRC collectent encore les plastiques agricoles, mais une large part est entreposée par faute de débouchés. La situation est devenue pire lorsque la Chine a refusé certains plastiques en 2018. Des compagnies québécoises ont depuis développé des procédés pour recycler les plastiques agricoles, mais ils ont besoin d’une matière propre. Nous pensons qu’il faut développer des actions à l’échelle régionale et provinciale pour trouver des solutions à long terme» a expliqué Solange Morneau, directrice générale de Co-éco et une des initiatrices du comité sur le plastique agricole au Bas-Saint-Laurent.

Du travail a déjà été fait par les centres de tri du territoire. Ainsi notons que la Régie intermunicipale des déchets du Témiscouata a mis en place avec la collaboration de la Société VIA à Rivière-du-Loup une collecte de tubulures. Récupération des Basques a aussi recueilli des plastiques agricoles, ce qui a permis d’acheminer 100 tonnes à des entreprises de recyclage. «En tout 300 voyages de camion ont été réalisés l’an dernier», a précisé Mme Morneau. «Cette action a permis la diminution de 206 tonnes de gaz à effet de serre, malgré le transport jusqu’à Montréal», a ajouté Évariste Feurtey, coordonnateur du projet chez Élyme Conseils.

Un sondage sera mené auprès des producteurs agricoles afin de dresser le portrait de la situation et d’identifier des solutions au niveau de la logistique. «Ce n’est pas tant de trouver des recycleurs, mais plutôt comment acheminer la matière», a souligné pour sa part Émilie Dupont, développeuse en économie circulaire chez Synergie BSL. Mme Dupont a d’ailleurs noté que le modèle pour la tubulure des acériculteurs du Témiscouata pourrait être répété ailleurs au Bas-Saint-Laurent. M. Feurtey a indiqué qu’il était important de dresser un portrait des gisements de plastiques agricoles et de mettre en place par la suite des projets pilotes des différentes options. Outre le recyclage, une autre alternative possible est une réduction de l’utilisation, notamment pour le plastique d’ensilage (silo-fausse et balles).

SONDAGE

Un comité de travail réunissant l’UPA, le MAPAQ et Co-éco a été formé au printemps 2019. On passe maintenant à la phase de consultation. «Nous aurons besoin d’une grande participation des producteurs de la région au sondage en ligne que nous lançons cette semaine pour pouvoir dresser un portrait plus précis, pour chacune des MRC, des gisements existants. Faire en sorte que les producteurs agricoles s’impliquent en amont de la mise en place de programmes de récupération des plastiques agricoles est un des objectifs majeurs du projet» a indiqué Julie Potvin, directrice générale de JMP Consultants. «C’est un sondage simple qui prend de 7 à 8 minutes. On espère 30 % de réponses, ils sont un peu plus de 1000 producteurs agricoles et 420 acériculteurs», a ajouté Mme Potvin. Le portrait régional serait disponible en mai prochain. Les producteurs sont invités à se rendre à l’adresse suivante pour participer au sondage : https://fr.surveymonkey.com/r/SHXB687

Ce projet s’inscrit dans le Plan d’action de l’approche régionale (PAAR) géré par le MAPAQ ; 60 000 $ seront ainsi investis au Bas-Saint-Laurent jusqu’en 2023, année ciblée pour la mise en place d’un système viable. «Cette semaine, l’UPA enverra à ses producteurs agricoles le sondage réalisé par les consultants membres du comité, nous invitons nos membres à participer en grand nombre. C’est important si on veut, tous ensemble, bien identifier les problèmes et trouver des bonnes solutions», a mentionné Francis April, vice-président de la Fédération de l’UPA du Bas-Saint-Laurent et président du comité sur le plastique agricole au Bas-Saint-Laurent. «Il faut éviter que ce plastique s’en aille au site d’enfouissement. Les producteurs veulent plus que jamais bien faire les choses. De plus il serait intéressant de viser une transformation en région», a souligné M. April, un souhait de prise en charge régionale partagé par la directrice générale de Co-éco.

 

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  • Prendre note. Que Recupération RDL est preneur de ce matériel en ballot pour export

    Paul Deschenes - 2021-03-18 19:40