Publicité

9 mars 2021 - 11:27 | Mis à jour : 13:14

Dossier Prelco : Rivière-du-Loup ira au bout d’un processus référendaire si nécessaire 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin
Toutes les réactions 7

Le conseil municipal de Rivière-du-Loup a réitéré l’importance de résoudre le dossier complexe du stationnement des remorques de l’entreprise Prelco, ce mardi 9 mars. Les élus ont confirmé qu’ils appuyaient toujours la modification demandée au règlement de zonage et qu’ils allaient même aller au bout du processus référendaire, si c’était nécessaire. 

La Ville de Rivière-du-Loup estime que «la non-réalisation de ce projet proposé par l’entreprise aura beaucoup plus de répercussions négatives pour l’ensemble de la communauté que le contraire». Les élus, unanimes sur la question, croient que c’est la décision à prendre pour l’intérêt de la ville dans son ensemble.

«On a été élus par les Louperivois et il faut travailler pour tous les Louperivois, a mentionné la mairesse, Sylvie Vignet. Le projet proposé est nécessaire et il constitue le meilleur compromis pour l’ensemble de la collectivité. Nous ne sommes pas insensibles aux changements que cela implique pour les quelques citoyens. Mais tout a été fait pour ménager la chèvre et le chou dans ce dossier.»

Mme Vignet a ajouté que Prelco est un joueur important dans le paysage louperivois et qu’il doit être écouté. Son «pressant» besoin d’espace pour le stationnement de ses remorques est un enjeu majeur qui freine sa croissance actuelle, a-t-elle rappelé. 

«On parle d’un siège social, d’une entreprise qui joue un rôle majeur dans notre économie locale. L’usine du boulevard Cartier génère plus de 300 emplois, 20 millions en masse salariale. Elle fait rayonner la ville de par le monde et c’est un excellent citoyen corporatif […] Les bénéfices attendus surpassent de beaucoup les impacts appréhendés», a-t-elle mentionné, soulignant que «mettre en péril la productivité, l’efficacité et le développement d’une entreprise a un cout très élevé» qu’on ne souhaite pas avoir à payer comme communauté.  

Rappelons que l’entreprise Prelco aimerait pouvoir utiliser un terrain qui lui appartient, situé au 89, boulevard Cartier (derrière le commerce Au coin du feu), afin d’y stationner ses remorques. Or, le règlement de zonage actuel ne permet pas à une entreprise de stationner ses véhicules sur un autre site que celui qu’elle occupe. La modification de zonage vise à résoudre cela à certaines conditions. 

Bien que plusieurs contraintes soient imposées à l’entreprise afin de minimiser les effets de la venue de camions lourds sur le voisinage, l’aménagement d’un stationnement de remorques sur ce terrain n’enchante pas du tout les résidents du milieu. Ceux de la rue Villeray, directement touchés, craignent des impacts concrets du projet, entre autres sur leur quiétude quotidienne et sur la valeur de leur résidence.

Ces dernières semaines, afin de démontrer leur opposition à la modification de zonage (et au projet lui-même), ils ont récolté un total de 169 signatures pour demander l’ouverture d’un processus d’approbation référendaire. 

Ce nombre important de signatures, combiné à la volonté de la ville d’aller de l’avant vers la modification demandée, devrait provoquer prochainement la tenue d’une nouvelle étape, la signature de registre. Les personnes concernées et opposées au projet seront ainsi à nouveau invitées à transmettre une signature afin de forcer la ville à tenir un référendum ou de retirer son projet de règlement. Seulement 38 signatures sont nécessaires.

De son côté, la Ville de Rivière-du-Loup a déjà confirmé qu’elle n’allait pas reculer et qu’elle allait aller au bout de ce dossier, bien que le processus administratif prendra quelques semaines à être complété. Les élus ont cependant rappelé qu’un référendum coute beaucoup d’argent – plus de 30 000 $ – et qu’il est nécessaire que les citoyens du quartier s’informent réellement sur les tenants et aboutissants de ce projet afin de prendre une décision éclairée pour leur situation et celle de la ville. 

En point de presse, les conseillers André Beaulieu, Gérald Plourde, Jacques Minville, Mario Bastille et Nelson Lepage ont tous expliqué pourquoi le Ville prenait cette décision. Steeve Drapeau s’était retiré en raison de ses liens d’affaires avec l’entreprise impliquée. 

«On a beaucoup d’empathie pour les citoyens de la rue Villeray, mais il faut se projeter dans le temps. Prelco est un poumon pour Rivière-du-Loup et la ville n’a pas les moyens de perdre ne serait-ce qu’une infirme partie de ce qu’elle nous apporte comme retombées», a fait savoir André Beaulieu, rappelant plus tard qu’un stationnement de remorque est un moindre mal, considérant que plusieurs entreprises plus dérangeantes pourraient s’y installer sans condition si le projet actuel ne fonctionnait pas et que le terrain était éventuellement vendu.

Pour réduire au minimum les inconvénients de la venue de camions lourds sur les quelques résidents qui partagent les limites de leur terrain avec celui visé par Prelco, la Ville impose des exigences au fabricant de verre. L’entreprise manufacturière a aussi elle-même décidé d’aller plus loin en restreignant encore plus ses activités dans le secteur. 

Parmi les mesures d’atténuation, on explique que quinze remorques maximum pourront être stationnées sur le terrain au même moment. Pas plus que cinq périodes de déplacement quotidiennes, de 15 minutes chacune, ne devront aussi être organisées entre 7 h et 23 h.  Également, une zone tampon d’une largeur minimale de 10 mètres doit être aménagée le long des lignes de lots contiguës. 

Ces conditions ne rassurent pas les citoyens du secteur concerné. Dans les médias, ils ont évoqué plus d’une fois l’idée que l’entreprise pourrait trouver un terrain d’entente avec les habitants si elle acceptait d’aménager un stationnement pour les employés sur le site en question. Cette option a été regardée par Prelco, tout comme plusieurs autres, assure Sylvie Vignet. Toutefois, elle n’a pas été retenue pour des raisons de sécurité et de fluidité de la circulation. 

Si la modification de zonage venait à être adoptée, dans le cadre d’un éventuel référendum, les élus louperivois assurent qu’ils agiront comme «chiens de garde» afin que Prelco respecte ses engagements et que tout soit mis en œuvre pour permettre le bon voisinage avec les résidents. 

Rejoint en début d’après-midi, Pierre Racine, propriétaire d’une maison située derrière le terrain visé par Prelco, a confirmé que les citoyens étaient prêts à poursuivre les démarches et à se battre. Les étapes seront suivies vers l’organisation d’un référendum, dit-il, espérant que le résultat soit en faveur de la cause qu’il porte. 
 

Publicité


Publicité

Commentez cet article

Toutes vos réactions

7 réactionsCommentaire(s)
  • je veux savoir si le quai sera toujours ouvert pour ceux qui veut aller a la pêche a éperlans ,

    lucie gagnon - 2021-03-11 11:25
  • À Denis Arsenault. Le parking est en arrière de quelques maisons et en plus il y aura une zone d'atténuation.
    Il faut penser au bien commun et à tous les emplois bien rémunérés qu'offre Prelco. Bien plus, cette entreprise était présente avant le résidentiel du secteur, à ce que l'on dit.
    Soyons fiers de nos entreprises au lieu de les dénigrer.

    Jean-Guy Charest - 2021-03-10 16:41
  • @ Denis Arsenault. Je respecte votre opinion. Mais permettez-moi de ne pas être d'accord avec VOS PROPOS. J'espère juste que la population va y penser à deux fois avant de signer un tel registre, ceci pour le bien de la Compagnie Prelco, pour le bien de tous les employés qui y travaillent, pour le bien de notre ville. Je suis désolé pour les 4 ou 5 propriétaires qui sont touchés, mais Prelco a promis de faire en sorte de respecter le voisinage en prenant des engagements fermes. S'il faut se rendre au referendum pour ce sujet, la population est en faveur de Prelco et ce serait dommage de dépenser un grosse somme pour tenir cet événement. L'avenir nous le dira.

    Pierre M. Drayaf - 2021-03-10 15:37
  • Moi aussi, comme citoyen, je serais en ta... Tu achètes une maison, puis, quelques années plus tard, la ville parle d'autoriser un "parking de vans" en face de chez-vous. Même si je n'habite pas là, je vais le signer le registre, par compassion. Surtout que, dans l'article, on mentionne que les employés pourraient se stationner dans le terrain en question et que les "vannes" pourraient se stationner dans le stationnement de Prelco. Si y'a une lumière pour piétons à la fromagerie des Basques, pourquoi pas là!

    Denis Arsenault - 2021-03-09 19:51
  • La ville de Rivière-du-Loup n'a pas les moyens de perdre cette entreprise. Cette entreprise offre des emplois de qualité bien réénuméré et les retombées économiques pour la ville sont très importantes de même que les revenus de taxes.

    Réal Lemelin - 2021-03-09 18:08
  • @Mario Dubé......Je trouve votre commentaire pertinent et je le respecte, mais sans juger, je ne pense pas que c'est la meilleure solution. Je ne sais pas si vous avez déjà visité cette entreprise, je pense qu'il serait trop onéreux pour elle de déménager. Les équipements et machineries qui sont à l'intérieur de cette bâtisse sont très volumineux et presqu'impensable à déménager....et ceci sans compter les coûts énormes d'une nouvelle construction surtout dans le contexte actuel. Encore l'aide de nos gouvernements.....????? je me questionne. Actuellement sans être dans le secret des dieux, je ne pense pas que la compagnie a les moyens financiers pour en venir à une telle solution......sans être alarmiste. Mais je respecte votre opinion et oui ce serait la meilleure des solutions.....mais comme l'argent ne tombe pas du ciel, il faut envisager une solution à court terme, en espérant que Prelco respecte ses engagements, advenant le fait que cette zone soit modifiée en conséquence.

    Pierre M. Drayaf - 2021-03-09 15:08
  • À ma connaissance, il y a un élément dont je ne me rappelle pas d'avoir lu ou entendu qui est:

    Une entreprise comme Prelco devrait bien plus être située dans un parc industriel. Parc que la ville possède avec beaucoup d'espaces.

    Prelco ne peut-il pas envisager une nouvelle usine et bureaux dans ce parc industriel ? Bien sûr il est question de beaucoup d'argent mais il me semble que Prelco aidée du gouvernement QC et Fédéral et une collaboration de la Ville pourrait trouver les ressources nécessaires pour un tel projet. Ainsi l'entreprise serait beaucoup mieux située avec plus de facilité. Quant au secteur actuel, il y aurait enfin moins de lourd transport et plus calme pour les résidents. Et le terrain actuel de Prelco pourrait servir â mettre en valeur ce secteur des berges de la rivière. Tous en seraient gagnants.

    Dubé Mario - 2021-03-09 13:00