Publicité

14 février 2021 - 06:59

La détresse psychologique en hausse chez les adolescents

Dominique Côté

Par Dominique Côté, Journaliste de l'Initiative de journalisme local

Depuis le début de la pandémie, la demande en aide psychologique chez les jeunes du secondaire est en hausse, mais l’offre n’augmente pas. «On avait déjà une liste d’attente avant la COVID-19, mais avec la pandémie, elle s’est certainement rallongée. Présentement, environ 70 jeunes sont en attente pour une consultation au CISSS», a déclaré la Dre Annie Loiseau, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à l’installation de Rimouski du CISSS du Bas-Saint-Laurent. 

Depuis mars dernier, plusieurs d’entre eux démontrent des symptômes de troubles anxieux ou de dépression. La Dre Loiseau souligne que les jeunes de secondaire 3, 4 et 5 vivent plus difficilement la pandémie, ayant seulement des cours en présentiel une journée sur deux. Manque de motivation, difficulté à se concentrer, absence de leurs camarades de classe : la réalité vécue par les élèves en contexte de pandémie a un impact direct sur leurs résultats scolaires et sur leur humeur en général.

Ce n’est pas seulement l’horaire scolaire inhabituel des jeunes en détresse psychologique qui est en cause. «Chacun avait aussi ses facteurs de vulnérabilité avant-même qu’il y ait la pandémie. La COVID-19 est plutôt venue exacerber leurs problèmes. Par exemple, la dysfonction familiale était parfois déjà présente avant la pandémie et peut être exacerbée par le confinement quand on se trouve isolé avec notre bulle familiale.» 

Selon elle, il est important de savoir faire la distinction entre un jeune qui souffre de détresse psychologique et un jeune qui est atteint d’un problème de santé mentale, qu’il soit un trouble anxieux ou une dépression. «Il y a beaucoup plus de cas de détresse psychologique avec la pandémie, mais on va évaluer plus de jeunes qu’avant pour voir s’il n’y a pas de maladies mentales sous-jacentes à tout ça. Donc est-ce qu’il y a une réelle augmentation des prévalences de certains troubles mentaux ? C’est le temps qui pourra nous le dire.»

À titre d‘exemple, une étude sur la santé psychologique menée par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke auprès de 11 500 élèves du secondaire a révélé que trois fois plus de jeunes du secondaire de tous les niveaux rapportent avoir une santé mentale passable ou mauvaise à comparer aux résultats d’une enquête similaire menée en janvier 2020. On dénombre également que près d’un jeune de 12 à 25 ans sur deux (48 %) rapporte actuellement des symptômes compatibles avec un trouble d’anxiété généralisée ou une dépression majeure. Soulignons que ces données colligées en Estrie et en Mauricie-Centre-du-Québec. 

APPARITION DE NOUVEAUX PROBLÈMES DE SANTÉ

Suivant le premier confinement en mars dernier, certains problèmes de santé sont devenus plus fréquents chez les jeunes du secondaire. En effet, la Dre Loiseau, de même que d’autres professionnels de la santé, remarquent une hausse particulière des troubles alimentaires chez les adolescents. Les données étant encore trop récentes, la cause de cette hausse reste inconnue pour l’instant. «Mon hypothèse serait que lorsqu’ils sont confinés à la maison, ils peuvent avoir le contrôle sur ce qu’ils mangent ou ne mangent pas, sur l’exercice qu’ils font. Ils n’ont pas vraiment autre chose à quoi penser» a-t-elle énoncé. 

En tant que pédopsychiatre, elle rencontre les jeunes qui lui ont été référés au préalable par des médecins de famille ou des pédiatres. Avant qu’ils aboutissent dans le bureau de Dre Loiseau, les jeunes vont souvent s’être tournés vers des intervenants en milieux scolaires. La pédopsychiatre a d’ailleurs tenu à mentionner que cela est l’une des raisons pourquoi les écoles devraient rester ouvertes.

La Dre Annie Loiseau encourage les jeunes à se garder une routine stable à tous les jours, d’avoir une bonne hygiène de vie, de faire des activités qu’ils trouvent plaisantes, mais surtout de continuer à socialiser avec leurs amis sur une base régulière, et ce, même si c’est de façon virtuelle.

Publicité


Publicité

Commentez cet article