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20 novembre 2020 - 15:48 | Mis à jour : 17:04

SÉMER : les maires des Basques souhaitent voir les états financiers 

Marc-Antoine Paquin

Par Marc-Antoine Paquin, Journaliste

Twitter Marc-Antoine Paquin

Devant une nouvelle hausse de la tarification pour le traitement des matières putrescibles, les maires de la MRC des Basques demandent à la Société d’économie mixte d’énergie renouvelable de Rivière-du-Loup (SÉMER) d’avoir accès à ses états financiers. 

Les élus des Basques ont adopté une résolution en ce sens lors de la plus récente séance du conseil de la MRC. Cette initiative vise à éliminer certains doutes à son endroit et «s’assurer que le tarif réel du service balance avec le service qui est donné», mentionne le préfet Bertin Denis. 

Depuis deux ans, la tarification pour l’utilisation de l’usine de biométhanisation est à la hausse pour les municipalités partenaires. L’an dernier, la direction de la SÉMER a imposé une augmentation de 10 $ par année par citoyen. Pour 2021, la facture s’élève dorénavant à 12 $ par citoyen. 

«Nous sommes passés en deux ans d’un cout de 26 000 $ à 103 000 $ pour la MRC. C’est 300 % d’augmentation. Les maires se font questionner par leurs conseillers et leurs citoyens», détaille Bertin Denis.

«On nous dit du côté de la SÉMER que l’augmentation [3,8 sous par semaine, selon la Société] n’est pas si élevée en fonction du cout d’opération. Et probablement qu’après vérification, on va en arriver au même constat. Mais nous voulons mieux comprendre, nous voulons voir les états financiers.»

Bertin Denis assure que la MRC des Basques ne remet pas en cause à sa participation à la SÉMER. «[Voir les états financiers] n’est pas une condition sine qua non à notre participation. Ce que nous faisons, c’est adresser une demande à notre partenaire pour pouvoir expliquer, justifier, à notre population le tarif imposé. Nous sommes clients et fournisseurs et entre partenaires d’affaires, je crois que c’est quelque chose qui peut se demander», dit-il, précisant que les élus ne comptent pas rendre publiques les données si elles étaient obtenues. 

«On ne prendra pas ces chiffres-là pour les livrer à tout vent. On aimerait les voir, simplement. Nous sommes prêts à signer une entente de confidentialité, s’il le faut», a-t-il ajouté. Le préfet de la MRC des Basques croit néanmoins que la SÉMER aurait tout avantage à partager ses états financiers. Une telle action permettrait, estime-t-il, d’améliorer la vision que les gens ont de la Société. 

Rejoint par la suite, le président du conseil d’administration de la SÉMER et préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, Michel Lagacé, a soutenu que la tarification pour le traitement des matières putrescibles dans la région est inférieure à ce qu’on retrouve ailleurs au Québec pour le même service. «Ailleurs, c’est minimalement 20 $ par citoyen pour opérer une usine semblable», a-t-il noté, soulignant que la SÉMER a constaté une contribution significative des citoyens au cours des douze derniers mois. 

M. Lagacé a aussi rappelé que selon le jugement de la Commission de l’accès à l’information, les dirigeants de la SÉMER ne sont pas dans l’obligation de dévoiler leurs états financiers, puisque cette information pourrait avantager ses compétiteurs.

La demande de la MRC des Basques fait écho à celles de l’ancien maire de Saint-Paul-de-la-Croix, Simon Périard, qui a réclamé à plusieurs reprises que la SÉMER partage ses états financiers ces dernières années. 

 

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