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26 septembre 2020 - 06:59

Derniers préparatifs en vue de la plantation d’une forêt nourricière à Trois-Pistoles

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le terrain vide situé devant l’école secondaire de Trois-Pistoles ne sera plus qu’un vague souvenir, d’ici un mois. L’enseignante Ann Drapeau a mis en place un vaste projet de plantation d’arbres dans le but de créer une forêt nourricière. Il se concrétisera du 7 au 9 octobre prochain.

La coopérative Arbre-Évolution de L’Islet apportera 450 arbres fruitiers et 750 arbres forestiers afin de verdir les terrains de l’école. Tous les élèves seront d’ailleurs invités à mettre leur pouce vert à contribution au cours des trois journées de plantation. Ce projet s’ajoutera à l’initiative les Jardins de demain, débutée en 2019.

«J’ai été élève ici à Trois-Pistoles de secondaire 1 à 4. Je passais à tous les jours en voyant ce terrain laissé vacant devant l’école. Je trouvais déjà que c’était du gaspillage. J’ai trouvé le partenaire du projet Arbre-Évolution lors d’une convention d’École verte Brundtland. J’ai senti que mon projet était possible et faisable. La plantation des arbres était supposée avoir lieu au printemps dernier. Je ne voulais pas attendre une autre année», explique l’enseignante responsable du projet, Ann Drapeau.

Malgré la pandémie de la COVID-19 qui a arrêté les cours pour les élèves du secondaire au début du mois de mars, Mme Drapeau a décidé de continuer de faire vivre le jardin en s’occupant d’environ 1 000 semis chez elle, qu’elle a ensuite transplantés dans le jardin de l’école. «On a besoin de produire des matières premières pour donner la moitié de la production à l’organisme Croc-Ensemble et j’ai besoin d’un plateau de travail. Je ne voulais pas que le projet tombe», explique-t-elle.

FORMATION CONCRÈTE

Le potager et le nouveau verger serviront de plateaux de formation préparatoire au travail pour une dizaine d’élèves âgés de 13 à 21 ans du Programme de formation axé sur l’emploi (PFAE), leur permettant de développer le plus de compétences possible. «Le verger et le potager sont basés sur la même vision d’autonomie alimentaire, d’entraide et de partage. Les fruits qui seront produits dans le verger pourront être cueillis par la communauté […] J’ai hâte de me lever le 9 octobre, de passer devant l’école et de voir que le terrain est maintenant aménagé», ajoute Ann Drapeau.

Cette expérience de travail permet aux élèves de toucher à toutes les étapes de la production maraichère, de la terre à l’assiette. Ils s’occupent des semences, la transplantation, l’entretien, la récolte et la transformation. Ils se chargent aussi de faire l’inventaire, bref tout ce qui est susceptible d’être utile dans le cadre d’un emploi en entreprise. Les élèves voient le résultat de leurs efforts au quotidien.

«Je veux développer un volet d’hydroculture pour permettre aux jeunes d’avoir accès à un bar à salade, leur fournissant des repas complets à un prix symbolique. J’ai aussi comme plan de développer le compost organique. C’est un projet évolutif avec les années», précise Mme Drapeau.

UN PROJET COMPLET

Selon le coordonnateur d’Arbre-Évolution, Simon Côté, le projet qui sera aménagé à Trois-Pistoles est l’un des plus complets pour l’intégration d’un aspect nourricier et d’un verger à un milieu scolaire. «C’est assez impressionnant, si on combine tous les paramètres. Il y a un côté de compensation du carbone, l’implication des jeunes, la vulgarisation environnementale. On va offrir six ateliers dans les classes en amont des plantations. Si on compte tous les volets, on arrive à un projet global d’environ 20 000$», ajoute M. Côté.

Dix tonnes de matières organiques ont été ajoutées à la parcelle de terrain qui accueillera les arbres à fruits pour favoriser leur production. Arbre-Évolution assurera un suivi pendant trois ans pour la section fruitière. La coopérative encadrera aussi un groupe local qui s’occupera de l’entretien par la suite. «Arbre-Évolution fait le lien entre les entreprises qui veulent poser un geste vert et compenser leurs émissions de carbone et les communautés qui veulent financer une initiative verte. On va dans les communautés pour opérer l’implantation, dans une volonté de changement social […] Trois-Pistoles est un exemple de résilience et de solidarité entre les entreprises, les milieux institutionnel et scolaire. On crée de la nourriture, on favorise l’alimentation locale, tout est là-dedans. On fait référence à l’économie circulaire, la mise en commun des forces vives», souligne Simon Côté.

La série «La crise climatique…Ça change quoi?» produite par Tapis Rouge Films de Rimouski a pris la décision de compenser ses émissions de carbone par l’entremise d’Arbre-Évolution, ce qui a permis de financer une partie du projet à l’école secondaire Trois-Pistoles. Cette série réalisée par Benoit Ouellet et animée par le cinéaste Hugo Latulippe aborde les enjeux de la crise climatique en donnant la parole à 16 intervenants dans le cadre d’épisode d’une trentaine de minutes. Ils sont diffusés sur la chaine YouTube maCommunauté et sur les ondes de Telus ma Communauté

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