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30 août 2020 - 11:02

L’impact de la pandémie sur les proches aidants

Au cours des derniers mois, les proches aidants ont vécu des situations exceptionnelles associées à la pandémie de la COVID-19. Pour s’assurer que ces derniers bénéficient des meilleures ressources et de soutien advenant le cas qu’une telle situation se présente à nouveau, le Regroupement des Aidants Naturels du Québec (RANQ) a mené un sondage pour savoir «comment les proches aidants ont vécu cette période difficile».

L’organisme présente aujourd’hui les résultats révélateurs de cette enquête qui a permis de mettre en lumière les défis que vivent et rencontrent encore quotidiennement les proches aidants, ainsi que l’ampleur des répercussions qu’a eu la crise sanitaire sur ces derniers.

Car pour le RANQ, le constat est clair : les proches aidants ont rapidement besoin d’un meilleur appui financier, d’un accompagnement plus adéquat et davantage de soutien afin d’apaiser leur épuisement physique et mental. Cette conclusion touche aussi bien les proches aidants responsables d’un ainé (58 %), que ceux qui s’occupent d’une personne adulte malade ou en situation de handicap (33 %) ou d’un enfant malade ou en situation de handicap (9 %).

Les proches aidants sont démunis devant la crise : 20 % des personnes proches aidantes ont vu leurs dépenses liées à leur rôle augmenter en moyenne de près de 900 $ par mois; 64 % n’ont eu aucune aide financière, que ce soit la Prestation canadienne d’urgence (PCU), la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants (PCUE), la Subvention salariale canadienne d’urgence (SSCU), l’assurance-emploi, les prestations de compassion pour un proche en fin de vie ou les prestations de congé pour les proches aidants pour un proche gravement malade; 57 % ont ponctuellement senti manquer de ressources pour prendre soin de leur proche.

Au moment du confinement, 28 % des proches aidants répondants n’ont pas pu bénéficier de services de soutien. Les services dont les proches aidants auraient eu le plus besoin pendant le confinement sont : 22 % un soutien aux tâches ménagères, 18 % un répit à domicile, 16 % un répit hors domicile et 15 % un soutien psychosocial individuel par téléphone.

La crise sanitaire a eu un impact considérable sur la santé physique et mentale des proches aidants. Plusieurs se disent épuisés : 29 % ne se sentent plus très en forme et ont de moins en moins d’énergie et 25 % affirment qu’ils sont plutôt tristes et irritables, qu’ils n’ont plus envie de s’occuper d’eux-mêmes et qu’ils se sentent dépassés.

L’impact certain sur le retour au travail pour les personnes proches aidantes qui travaillaient avant la pandémie : 31 % des répondants qui travaillaient avant la pandémie n’ont pas occupé d’emploi durant le confinement et début juillet ils n’avaient toujours pas repris le travail par peur de contaminer leur proche et 22 % d’entre eux n’ont pas repris le travail puisqu’ils n’ont pas de système de répit ou de garde pour le proche dont ils s’occupent.

Les proches aidants ont deux grandes préoccupations spécifiquement liées au coronavirus et à l’éventualité d’une deuxième vague : 57 % d’entre eux ont peur d’avoir un proche qui soit malade et 49 % des proches aidants ont peur de tomber eux-mêmes malades.

Alors que le Québec se prépare à une éventuelle seconde vague de la pandémie, le RANQ tient à sensibiliser les décideurs et la population aux besoins criants des proches aidants. Cette démarche se veut positive et constructive et vise à améliorer le soutien offert aux aidants naturels et à s’assurer qu’ils soient notamment mieux accompagnés considérant le contexte.

«Le 11 juin dernier, un pas important a été franchi avec le dépôt du Projet de loi 56 visant à reconnaitre et soutenir les personnes proches aidantes. Ce projet de loi est primordial, mais le plan d’action qui en découlera ne sera pas en vigueur avant plusieurs mois. De même, si la nouvelle Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) vient répondre à certaines situations rencontrées par les personnes proches aidantes en emploi, plusieurs inquiétudes subsistent. Or, notre sondage confirme qu’il est important que des mécanismes de soutien financier direct aux proches aidants soient développés rapidement, et qu’une aide soit portée dès maintenant. Les proches aidants ne peuvent attendre plus longtemps, il en va de leur santé physique et mentale», a mentionné Mélanie Perroux, coordonnatrice générale du Regroupement des Aidants Naturels du Québec (RANQ).

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