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9 août 2020 - 06:59

Recevoir sa passion en cadeau

Lydia Barnabé-Roy

Par Lydia Barnabé-Roy, Journaliste

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Sharlie Pelletier, une jeune femme de 16 ans de Pohénégamook, est née avec un don, une passion qui lui vient de son père : l’équitation. Même si elle n’a jamais eu la chance de le voir courser ou même monter à cheval, son legs est bien présent dans sa vie. Tout comme lui, elle concourt et se nourrit de l’adrénaline des compétitions.

Le père de Sharlie, Régis Pelletier, a toujours eu des chevaux, il les a aimés. À 17 ans, il avait déjà son propre cheval et il compétitionnait à Rivière-du-Loup avec René Viel, un homme encore bien connu et présent dans le domaine équestre aujourd’hui. En 2010, M. Pelletier a été victime d’un tragique accident le rendant tétraplégique. Au contraire de sa fille, il a eu la chance de la voir monter en selle et de voir qu’il lui avait transmis sa passion. «On l’emmenait voir Sharlie monter à cheval à ses débuts et il trouvait qu’elle avait un talent naturel inné», se rappelle Claudie Lavoie, la mère de la cavalière. En juin 2014, le père de famille s’est éteint à la suite de ses blessures. Sharlie avait 10 ans, mais était loin de se douter que son père allait la suivre toute sa vie.

IL AVAIT PENSÉ À TOUT

En effet, trois mois plus tard, Claudie Lavoie a reçu un appel le jour de l’anniversaire de Sharlie : une jument avait été trouvée pour sa fille. Régis Pelletier avait mandaté, avant sa mort, quelqu’un pour acquérir un cheval pour Sharlie. Son premier cheval. «Il voulait lui faire vivre ça, même s’il n’était plus là, raconte la maman. Il savait que son rêve était de faire de l'équitation […] Elle est passionnée comme lui.» Régis Pelletier avait même mis de côté de l’argent pour l’entretien de l’animal et la pension. Il avait pensé à tout pour que sa fille en profite sans se casser la tête. C’est de cette façon que Sharlie a possédé sa première jument nommée Flicka, une «quarter horse» de maintenant 10 ans qu’elle a visitée pour la première fois chez René Viel à sa fête de 11 ans.

D’après la mère de la jeune femme, Régis Pelletier rêvait que sa fille partage sa passion. «Je me souviens de la phrase qu’elle m’a dite quand elle a rencontré son cheval. Elle était si contente qu’elle s’est exclamée : "Maman je suis tellement heureuse en dedans que j’aurais le gout de crier et de dire merci, mais je ne suis pas capable", se remémore Claudie. J’étais touchée de voir qu’il lui avait donné ce cadeau-là, qu’il avait pensé à ça, prévu le coup. Probablement qu’il savait qu’il ne pourrait pas en profiter avec sa fille. Mais on dit toujours qu’il est là en haut et qu’il la regarde.»

FAIRE DES COMPÉTITIONS

Depuis maintenant 7 ans, Sharlie fait partie de l’école d’équitation Léonie Dumont située à Sainte-Hélène-de-Kamouraska. C’est avec cette dernière, son entraineuse, qu’elle a commencé à monter à cheval. «C’est grâce à elle si je pratique ma passion. Si elle n’était pas là, je ne serais pas où je suis présentement», confie l’adolescente. Ces dernières semaines, la jeune femme s’est pratiquée avec un cheval nommé Chubby, prêté par son école, puisque sa jument à des problèmes aux pattes en raison de blessures. Sharlie s’entraine deux fois par semaine, mais assure que lorsqu’elle aura son permis, elle sera à l’écurie presque tous les soirs. «Je ne la vois plus tellement. Je n’ai pas fait la première compétition cette année pour réfléchir si je compétitionnais avec elle, et j’ai décidé que je ne prendrais pas le risque qu’elle se blesse et que je sois déçue, explique Sharlie, j’envisage aussi de la vendre, je n’aurai pas le choix. Je vais devoir avoir un cheval de compétition qui va me suivre», confie la cavalière avec émotion. Elle avoue avoir un pincement au coeur à l’idée de ne pas concourir avec Flicka, son premier cheval offert par son père, mais son objectif est vraiment de «faire des compétitions». Garder sa jument couterait aussi beaucoup d’argent. «Je n’ai pas pu l’entrainer au maximum comme je voulais le faire […] On commençait à faire une bonne équipe», se désole l’adolescente.

La jeune femme reste optimiste malgré tout. Cette fin de semaine, dans le cadre de la Classik RDL, une compétition équestre, elle a coursé pour la première fois avec Chubby et elle a apprécié son expérience avec un cheval différent. Sharlie, qui participait aux épreuves du baril et du tour de ring, a tout de suite aimé le jeune étalon. «C’est rare que je n’aime pas un cheval, dit-elle en riant, je les aime pas mal tous.» Sharlie adore la compétition. «C’est de l’adrénaline, c’est extrême et tu ne sais jamais comment ça peut se passer», explique-t-elle, précisant que les résultats n’ont au final que peu d’importance. Le principal, pour elle, c’est de concourir, de s’amuser et de dépasser ses buts personnels. Même si Sharlie ne galope plus avec Flicka, elle sait que son père l’accompagnera à chaque foulée des chevaux sur lesquels elle montera.

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1 réactionsCommentaire(s)
  • Woww!! Tellement un beau témoignage!❤️
    Effectivement ton Papa et tes Grands Parents Pelletier étaient tellement fiers de toi et le seront toujours ans aucuns doutes... Félicitation Sharlie!! ;)

    Nadine Blanchette - 2020-08-09 15:30