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7 août 2020 - 06:59

La balle de foin vaut de l’or cette année

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

Les champs des agriculteurs sont moins productifs en raison de la sécheresse qui sévit cette année. Conséquence néfaste, plusieurs producteurs vont manquer de foin pour nourrir leurs bêtes ou devront en acheter à prix d’or.

«Pour une balle ronde, le prix varie entre 70 et 125 $ plus le transport», a mentionné Gilbert Marquis, président de la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent. En temps normal, ce cout se situe entre 5 et 40 $.

La première coupe de foin a été en deçà des attendes des agriculteurs, la deuxième guère mieux pour plusieurs d’entre eux et certains producteurs n’ont pas la possibilité d’une troisième fauche. «Des champs ont brûlé», a lancé M. Marquis.

Celui-ci a rappelé que la sécheresse de 2020 affecte l’ensemble des régions du Québec, contrairement à celles des dernières années où elle touchait plus spécifiquement le Bas-Saint-Laurent. Dans ces circonstances, c’est tout le Québec qui est en mode recherche de foin. «Cela peut toucher de 75 à 80 % des producteurs», a estimé Gilbert Marquis.

FINANCIÈRE AGRICOLE

Le président de l’UPA du Bas-Saint-Laurent a indiqué que la Financière agricole du Québec devrait verser prochainement une première avance dans le cadre de son programme d’assurance récolte. Voici d’ailleurs le nombre d’avis de dommage reçus par la Financière agricole pour le Bas-Saint-Laurent en date du 31 juillet 2020. «Un total de 467 avis de dommage nous a été signifié. De ce nombre, 161 concernent les céréales et 249 sont pour le foin», a indiqué Jean Ruest, directeur régional de la Financière agricole du Québec.

M. Ruest confirme également que l’été 2020 est caractérisé par de très faibles précipitations qui ont une incidence directe sur le développement des cultures. «Pour pallier au manque de foin, certains producteurs ont commencé à récolter des champs de céréales en fourrage (foin de céréales), a-t-il noté.

OÙ TROUVER DU FOIN?

«Encore-là c’est bien d’avoir l’argent de la Financière agricole, mais il faut trouver où acheter du foin», a noté Gilbert Marquis. Le producteur agricole a expliqué que trois cellules de crise ont été créées pour regarder où les producteurs pourront trouver du fourrage. Celle du Bas-Saint-Laurent comprend aussi les régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches, du Saguenay – Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. Un site internet provincial sera mis en place par l’entremise duquel les producteurs pourront s’informer davantage.

Outre au Québec, il est envisagé de regarder ailleurs, notamment aux États-Unis. «Ça peut arriver, on pourrait faire des achats de groupe et faire venir le foin par train», a souligné M. Marquis. De plus, les agriculteurs qui doivent se tourner vers l’achat de foin ne sont pas assurés de la qualité du fourrage.

LE MORAL EST BAS

«Le moral est bas chez plusieurs producteurs. Certains vivent également des difficultés pour abreuver leurs bêtes. La nappe phréatique est basse, on voit les roches dans les cours d’eau. Des agriculteurs doivent transporter de l’eau, il y a un cout à tout ça», a mentionné Gilbert Marquis.

C’est donc un ensemble d’éléments qui peut venir miner le moral des agriculteurs. Les effets de la pandémie COVID-19 et de la sécheresse de l’été 2020 peuvent en décourager plus d’un. D’ailleurs, deux travailleuses de rang ont le mandat cet été de rencontrer des agriculteurs du Bas-Saint-Laurent dans leur milieu pour voir s’ils tiennent le coup dans ces circonstances difficiles.

«Certains sont découragés, j’espère qu’on les gardera avec nous. La Fédération de l’Union des producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent est là pour les supporter, on est là pour eux et on garde espoir», a conclu son président, Gilbert Marquis.

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