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10 juin 2020 - 06:59

Foyers branchés à Internet : le Bas-Saint-Laurent en queue de peloton au Québec

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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D’après le portrait numérique des régions de 2019 réalisé par le Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO), le Bas-Saint-Laurent compte le plus faible taux de foyers branchés à Internet de la province avec 87 %. Un écart de 6 % par rapport à l’ensemble du Québec.

Les voisins de la Côte-Nord sont pour leur part branchés à 92 %, alors qu’en Gaspésie, la proportion de foyers desservis par Internet s’élève à 91 %. «D’un point de vue statistique, la différence observée est significative», constate la directrice principale du CEFRIO. L’accès à Internet haute vitesse a été bien utile pour les travailleurs lors de la crise sanitaire. Selon les données du CEFRIO, 63 % des Québécois y ont eu recours, et 3 sur 4 d’entre eux étaient des travailleurs à temps plein.

«Ce que ça amène comme problème, on l’a vécu avec la pandémie et on le vit toujours, tout ce qui est communications numériques, ça devient essentiel à la vie de tous les jours. Pour le télétravail, mais aussi pour être capable de communiquer avec ses proches et sa famille (…) Il faut mettre en place des moyens pour régler cette situation-là, parce qu’il y a de plus en plus de choses de la vie qu’on va faire via le numérique, comme la télémédecine. Ça prend de l’électricité dans une maison, tout comme ça prend une connexion Internet haute vitesse». Mme Bouget déplore par ailleurs la lenteur du déploiement du service Internet dans les secteurs moins bien desservis. «Il faut que ce soit adressé. C’est quand même étonnant parce que ça fait neuf ans que je travaille au CEFRIO et l’écart est toujours là. À un moment donné, il faut régler le problème. C’est lent…», complète-t-elle.

Au Québec, 92 % des adultes ont utilisé personnellement Internet en 2019 d’après le CEFRIO. La proportion d’internautes réguliers est de 84 % du Bas-Saint-Laurent, derrière la Gaspésie à 87 %. À la question «De façon générale, utilisez-vous personnellement Internet ?», la tranche des Québécois de 18-34 ans a répondu oui à 99%, alors que chez les 55 ans et plus, la réponse affirmative est de 83 %.

VOLONTÉ

Des annonces ont été effectuées par Bell à la fin du mois d’avril dernier pour les secteurs de L’Isle-Verte et Saint-Éloi. Pour toute la portion sud du territoire, dont font partie les municipalités de Saint-François-Xavier-de-Viger et de Saint-Hubert-de-Rivière-du-Loup et pour le secteur du Haut-Pays, le député de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Bernard Généreux, estime qu’il reste encore du travail à faire.

«Régionalement, on a des gens à Rivière-Ouelle, Saint-Hubert, Saint-Onésime, différents endroits qui sont malheureusement mal couverts parce qu’ils se situent dans des bouts de rangs ou des fonds de vallées. Ils sont obligés d’aller avec Xplornet et même là, ça ne fonctionne pas tout à fait.» À Montmagny-L’Islet, Telus a décidé de câbler tous les rangs. L’accès à Internet y est de beaucoup simplifié et accéléré. «Ça prend une volonté de la part de l’entreprise. À Montmagny-L’Islet, Telus a 100% de la clientèle. Ils incitent les citoyens à lâcher leur téléphone à la maison pour avoir des téléphones cellulaires. Ils prévoient mettre les antennes nécessaires pour que le service soit aussi disponible», ajoute M. Généreux. Selon ce dernier, les plans de Québec et d’Ottawa sont complémentaires. Les projets retenus au terme de l’appel de projets Régions Branchés annoncés en mai dernier permettront l’accès à des services Internet haut débit de qualité à 1 240 foyers de la région du Bas-Saint-Laurent.

Dans la MRC de Témiscouata, 11 municipalités sur 19 n’ont aucun service Internet, ou reçoivent un service déficient, même si elles y sont branchées. «Il y a un mot pour décrire cette situation, c’est ‘’inacceptable’’. C’est un frein au développement quand on ne peut pas avoir accès à ces technologies (…) On veut qu’Internet haute vitesse soit déclaré comme un service essentiel. On va interpeler le CRTC et le ministre Bains parce qu’il faut brancher l’ensemble des foyers», a commenté le député de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas. L’appel de projets du Fonds pour la large bande s’est terminé le 1er juin dernier. L’analyse des projets aura lieu cet été et des annonces officielles devraient avoir lieu à l’automne. «On espère que ce sera concluant. On a besoin d’un projet structurant qui permettra de brancher 100% des foyers (…) Il faut qu’on accélère le pas en 2020 et que les paliers de gouvernement se parlent. C’est une question d’argent et de volonté politique», complète M. Blanchette-Joncas. Québec s’est engagé à ce que les projets permettant un accès à Internet haut débit à l’ensemble des foyers québécois soient réalisés ou en voie de l’être d’ici 2022. La date de branchement pour tous les foyers au Canada est fixée à 2030.

Le député Maxime Blanchette-Joncas rappelle que l’accès à Internet haute vitesse est un levier d’attraction et de rétention pour les jeunes familles dans la région. Il s’agit aussi d’un facteur de compétitivité des entreprises qui décident de s’y installer, malgré l’absence de ce service. 

Selon les informations du CEFRIO, les deux tiers des adultes de la région du Bas-Saint-Laurent (64 %) détenaient un téléphone intelligent en 2019, baisse de 4% par rapport à l’année précédente. Les données du portrait régional colligées par le CEFRIO proviennent de 12 collectes réalisées de février 2019 à janvier 2020. Chaque fois, l’organisme a interrogé 1 000 adultes québécois de 18 ans et plus par téléphone.

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3 réactionsCommentaire(s)
  • On entend toujours le même refrain! En 1993 on implantait des Centres d'accès à internet dans les communautés rurales pour que les gens se tournent vers cette technologie. Les gens l'ont fait de façon massive, de toutes les façons et les Gouvernements se sont succédé en chantant la ritournelle que c'est une priorité, sans jamais passer à l'action. Sauf pour une collaboration avec les MRC, les Commissions scolaires et la santé. Depuis, c'est le silence. C'est une évolution des plus tranquilles de ce côté-là aussi.

    Jérôme Caron - 2020-06-12 14:44
  • Aujourd’hui en 2020, et surtout avec tout ce qui arrive en ce moment, c’est indispensable, et ce, pour toutes les raisons... on existe aussi au Bas-St-Laurent... nous devons toujours nous battre pour tout, c’est pas normal..: on a des élus je pense...écœurée de quémander!

    Ryna Bourgoin - 2020-06-10 18:45
  • Je demeure sur la 132 Est à Cacouna et je tombe encore au cœur d’une chicane entre compagnies qui se renvoient la balle pour ne pas nous offrir le service!!! Raisons: trop loin de la centrale et équipements désuets!! Il me semble que le gouvernement fédéral subventionne ces compagnies mais la réponse est toujours non pour nous et mes voisins après des années d’attente et des demandes répétées!!! 🤦‍♀️🤨

    France Dionne - 2020-06-10 08:20