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8 mai 2020 - 15:05

À quand le dégel du lac Saint-Mathieu ?

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

Le début du mois de mai est habituellement le moment où les étendues d’eau sortent de leur carcan de glace et reprennent vie. L’Association pour la protection du lac Saint-Mathieu a pris l’initiative de créer un tableau regroupant toutes les dates de gel et de dégel du grand lac Saint-Mathieu compilées depuis 1858. Selon ces informations, 50 % du temps, le lac est dégelé le 6 mai, mais ce n’est pas encore le cas en 2020. Les paris sont donc ouverts.

«C’est Mme Jeanne-Mance St-Jean qui nous a transmis les données des 160 dernières années. Elles ont été recueillies par la famille Fournier de 1858 à 1952 (D. Fournier, Napoléon Fournier, et François Fournier selon la documentation), par George Dionne de 1953 à 1989 puis par Isidore Beaulieu de 1990 à 2006. Je salue leur contribution, sans eux, nous n’aurions pas toute cette précieuse information», explique le président de l’Association pour la protection du lac Saint-Mathieu, Jean Lamoureux. Ce dernier souligne que la date moyenne de dégel est le 5 mai et qu’en 160 ans, elle est plutôt stable malgré les changements climatiques.

C’est le moment du gel du lac qui est de plus en plus tardif à l’automne. Il survient de 10 à 15 jours plus tard qu’au début de la prise des données, au milieu des années 1800. La date de dégel la plus hâtive a été enregistrée le 1er avril 1888 et la plus tardive, le 9 juin 1876.

Voici le tableau préparé par l'Association avec les données des 160 dernières années : 

Le président de l’Association Jean Lamoureux, qui était aussi biologiste, souligne que les variations des dates de gel ou de dégel du lac n’ont pas nécessairement d’incidence sur sa faune et sa flore, puisque les changements se sont opérés sur une longue période. «Ces années-ci, notre principale préoccupation, ce sont les espèces aquatiques envahissantes. Elles ont été introduites principalement en raison de l’homme de ses activités, par exemple lors de la mise à l’eau des embarcations», explique-t-il. M. Lamoureux rappelle qu’il y a 40 ou 50 ans, le lac Saint-Mathieu était d’abord un lac de pêche et maintenant il a davantage une vocation de villégiature.

«La présence de phosphore est un élément nutritif pour les algues et le déboisement autour des bandes riveraines doit être contrôlé. L’Association pour la protection du lac Saint-Mathieu a instauré il y a plusieurs années un programme d’achats regroupés d’arbustes pour stabiliser les rives et capter les matières nutritives qui ruissèlent des terrains. Si on veut garder une eau bonne pour la baignade, pour la flore et la faune, il faut contrôler les sources de matières nutritives comme le phosphore», ajoute M. Lamoureux. Ce surplus de phosphore est à l'origine de l'éclosion des algues bleu vert vers la fin de l'été dans certains lacs au Québec. 

L’Association travaille d’ailleurs de concert avec la Municipalité afin de s’assurer que les installations septiques aux abords du lac sont 100% conformes. Tout cela afin de permettre aux riverains de profiter de l’environnement naturel et des attraits du lac Saint-Mathieu le plus longtemps possible.

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